mardi 3 avril 2007

Les responsables de services de garde en milieu familial veulent se syndiquer



Photo: Une militante des ADIMs lors d'une manifestation contre le gouvernement Charest en 2004.

À la sortie d'un colloque célébrant le dixième anniversaire de la création des Alliances des intervenantes en milieu familial, il apparaît très clair que les responsables de services de garde en milieu familial veulent retrouver le droit de se syndiquer.

"L’adoption de la loi 8, sous le bâillon en 2003, empêchant la syndicalisation des responsables de services de garde en milieu familial (RSG) a créé une grave injustice à l’égard de ces travailleuses qui n’ont droit à aucune forme de protection sociale telle que la CSST, l’assurance-emploi ou aux normes minimales du travail" a rappelé Réjean Parent, le président de la CSQ lors d'une conférence de presse clôturant le colloque. Cette situation arbitraire suscite une vive insatisfaction à la CSQ qui compte maintenant interpeller le nouveau gouvernement, de même que les partis d’opposition siégeant à l’Assemblée nationale, pour qu’ils corrigent cette situation profondément inéquitable à l’égard de ces travailleuses.

Une injustice

"Il est inacceptable que des centaines de travailleuses se retrouvent sans aucune protection sociale comme c’est présentement le cas. L’adoption de la loi 8, bloquant l’accès à la syndicalisation pour ces salariées et niant ainsi leur droit de négocier collectivement leurs conditions de travail, a de graves conséquences. En refusant à ces personnes, en très grande majorité des femmes, la reconnaissance de salariées au sens du Code du travail, le gouvernement Charest a commis une injustice flagrante à leur égard, les rendant dépendantes du "bon vouloir" gouvernemental pour obtenir la moindre amélioration de leurs conditions de travail", déplorait le président de la CSQ. M. Parent ajoute qu’aucune raison bien fondée ne justifie que les RSG soient maintenues dans un tel statut de travailleuses autonomes, sinon une attitude de mesquinerie de la part d’un gouvernement qui a abusé de son pouvoir de détenteur de la majorité à l’Assemblée nationale, ce qui n’est plus le cas maintenant.

Scénario alternatif

Advenant le cas où la lutte pour retrouver le droit de se syndiquer n'aboutissait pas, les militantes ont examiné plusieurs scénarios. "Nous avons étudié divers scénarios possibles de regroupement, dont l’un qui pourrait ressembler au régime particulier existant à l’Union des artistes", a révelé Mme Sylvie Tonnelier, la présidente de la Fédération des intervenantes de la petite enfance du Québec (CSQ). "Une chose est certaine, les responsables de service de garde doivent retrouver une voix collective pour défendre leurs intérêts et récupérer un rapport de force qu’on reconnaît à toutes les travailleuses et travailleurs" a-t-elle déclaré.

Condamnation internationale

La FIPEQ tient à rappeler qu’il y a un an le Bureau international du travail (BIT) a condamné l’adoption par le gouvernement du Québec de la loi 8, de même que de la loi 7 concernant les ressources intermédiaires ou ressources de type familial, stipulant que ces travailleuses et les travailleurs devraient pouvoir bénéficier des dispositions du Code du travail, ou jouir de droits véritablement équivalents. "Le BIT a clairement demandé au gouvernement du Québec de modifier les lois 8 et 7 afin que les travailleuses et les travailleurs concernés puissent constituer des organisations de leur choix dans le cadre du régime général de droit du travail collectif, ou dans un cadre leur offrant véritablement des droits et protections semblables. Un an plus tard, le gouvernement n’a rien fait et les droits de ces travailleuses et travailleurs sont toujours bafoués", dénonce la présidente de la FIPEQ.

Un test pour le gouvernement minoritaire

"Le rétablissement de la justice envers les responsables de services de garde est un premier test pour le nouveau gouvernement libéral minoritaire, ainsi que les partis d’opposition. Dans la situation fragile où il se trouve, le gouvernement Charest ne peut plus se payer le luxe de l’arrogance qu’il a démontrée au début de son précédent mandat. De son côté, le chef de l’ADQ, M. Mario Dumont, qui prétend écouter le vrai monde et parler en son nom, doit saisir cette opportunité pour le prouver. Même chose pour le Parti québécois, dont son chef, M. André Boisclair, gagnerait en popularité en endossant la cause de ces travailleuses oubliées et confirmerait ainsi la volonté de son parti politique de se rapprocher des préoccupations des travailleuses et des travailleurs," a conclut M. Daniel B. Lafrenière, vice-président de la CSQ.

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