mardi 3 avril 2007

Université Laval : le syndicat furieux

Dimanche soir la direction de l'Université Laval a déposé une "offre finale" pour régler le conflit qui l'oppose aux chargé-es de cours en grève. C'était d'ailleurs dans tous les médias. Hier le syndicat tenait un "conseil syndical" et, ce matin, une assemblée générale doit avoir lieu. À moins d'une déconnexion complète entre la direction syndicale et sa base, on peut prédire sans trop de problème que l'offre sera rejeté.

Syndicat furieux

"Une vraie farce", "attitude méprisante", "une honte", "quel culot!", Nicole Blouin, la vice-présidente au communication du syndicat, n'avait pas de mots trop fort pour qualifier les évènements de la fin de semaine dans un communiqué envoyé aux grévistes lundi. Selon elle, le syndicat avait déposé trois propositions pour dénouer l'impasse des négociations. Les patrons ont répliqués par une "offre globale et finale" qui est "nettement en dessous de toutes les demandes syndicales faites jusqu’à maintenant, et même de propositions syndicales déjà acceptées". Sur cette base, le syndicat est donc retourné faire ses devoirs et a déposé une contre-proposition. À leur grande déception, les patrons ne se sont même pas donné la peine de lire la contre-proposition et ont à peine écouté les explications des syndicalistes : le patron s'en tenait à son offre, point à la ligne. Ils avaient même déjà une lettre de la direction à donner au syndicat et un communiqué à envoyer aux médias. À la lecture de cette lettre qui impose le bâillon aux chargés-es de cours grévistes, le président du syndicat, Martin Courval qui est chargé de cours en relations industrielles a répliqué par ces mots : "Vous venez de me donner le pire cas de relations du travail que je pourrai utiliser dans mes cours." Sur ce, à peine quinze minutes après le dépôt de la contre-proposition syndicale, l'université a mis fin à la conciliation non sans avoir eu le temps de laisser dire par l’un des représentants patronaux, Yves Marcoux : "Si vous pensez qu’il y a des scabs vous pourrez nous poursuivre …"

Pour le syndicat, ça frise la provocation. D'après-eux, l'administration veut casser le syndicat et lui faire porter l'odieux d'une annulation de session. Pourtant, les représentants syndicaux avaient déposé une offre raisonnable à l'université : une entente à long terme avec une clause remorque pour les salaires. "Dans le réseau, (les autres chargés de cours) ont des avancées de 800$ à 1000$ de plus que nous. La clause remorque permet de repousser le problème. Fin 2009, on s'arrime à l'ensemble du réseau. Si la moyenne est de 8400$, on aura 8400$ en 2009. Si les autres universités font des gains, on fait des gains; si elles font des pertes, nous aussi", a expliqué M. Courval aux médias.

Les membres feront le point en assemblée générale se matin. Selon nos sources, il resterait une fenêtre d'une semaine avant d'annuler la session.

Mise-à-jour :
Le syndicat vous parle ! (vidéo de la conférence de presse)




Source: Blogue des grévistes

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