jeudi 31 mai 2007

Lock-out à l'Université Sherbrooke?

Selon Le Devoir, l'Université Sherbrooke menacerait les profs d'un lock-out si les négociations ne débloquent pas rapidement. Un peu inusité dans la mesure ou aucun vote de grève n'a été pris... Plus de détail dans l'article de Mme Cauchy.

Mise-à-jour : La Presse, La Tribune et Radio-Canada en parlent aussi.

2e Mise-à-jour : Le Devoir en parlent encore ce matin (samedi). Ça a l'air qu'il y a un nouveau délais jusqu'à mercredi.

Une réflexion intéressante...

...sur l'impact de l'ouverture au privé de la santé, notamment sur la compétitivité des entreprises. C'est extrait du blogue de Tetoine :

(...)Il me semble que selon l’adage, le recours à l’assurance privé pourra permettre à des citoyens de fréquenter des cliniques alternatives, de désengorger le système public et ainsi permettre une diminution des dépenses reliés à ce secteur. Cette dynamique permettra , éventuellement, de diminuer nos impôts et celles des entreprises, Non ?

Voilà qui pourrait soulager le “fardeau fiscal” des entreprises et nous assurer une meilleur “compétitivité”, Non ?

Et bien Non.

Non, Non et Non. Comme la poupée.

Ce qui me frappe toujours quand je vois le Conseil du Patronat s’époumonner sur le système de santé et la place que devrait y jouer le privé, c’est qu’il semble oublier qu’aux États-Unis, les entreprises ont souvent le lourd fardeau de défrayer les coûts des assurances de leurs employés.

Quoi que l’on en pense, pour une business, il est plus facile de prévoir la fluctuation du montant que l’on devra verser en impôt sur 10 ans que la fluctuation des coûts d’une assurance qu’elle devra défrayer. Surtour lorsque ce coût varie selon le nombre d’employés et les dépenses de l’année précédente.

D’ailleurs, les coûts astronomiques reliés à l’assurance-privé que le “Big Three” du monde de l’automobile devaient défrayer sont parmi les principaux facteurs ayant encouragé le développement d’usines en territoire canadien.

Ils étaient aussi une des sources de rigidité qui ont tant fait mal aux américains lorsqu’est venu le temps de se mesurer aux entreprises japonaises.

Bref, en matière de protections sociales, il n’y a pas 50 000 issues.

Si les coûts de ces protections ne sont pas financés collectivement par nos impôts, ces coûts seront alors transféré dans la sphère privé de nos activités quotidiennes.

Or, le milieu de travail demeure encore aujourd’hui un ancrage important en matière de financement des protections qui ne sont pas assurées par l’État.

Privatiser de telles protections, c’est envoyer dans le champ de la négociation collective un nouvel enjeu pour les travailleurs déjà regroupés collectivement.

(...) Privatiser de telles protections, c’est “imposer” un nouveau “fardeau” aux employeurs en ce qui a trait aux coûts reliés à leur main d’oeuvre.

En terme de relations de travail, cette décision gouvernementale pourrait être excessivement “divertissante”.

Dans l’étude des négociations, l’enjeu du paiement d’une assurance-santé privé par l’employeur mèneraient certainement à des discussion, des compromis et des conflits tout simplement “fascinant”.

Ceci dit, en tant que citoyen, je pense que ce choix ne serait pas très éclairé.

Ni pour les travailleurs, ni pour les employeurs.

Alcan : les TCA veulent que les gouvernements encadrent une vente éventuelle

Les Travailleurs canadiens de l'automobiles (TCA), qui représentent plusieurs syndicats d'Alcan, demandent aux gouvernements fédéral et provincial d'agir dès maintenant pour établir les conditions d'acquisition d'Alcan par une compagnie étrangère.

"Au moment où les prédateurs se multiplient pour acquérir Alcan, il est urgent que nos gouvernements établissent dès maintenant les règles, exigences et mécanismes pour contrôler l'acquisition d'Alcan par une compagnie étrangère, ainsi que les garanties et les contreparties auxquelles la future compagnie doit s'attendre en échange des énormes avantages hydroélectriques que le Québec consent aujourd'hui à Alcan", de souligner Alain Proulx, directeur régional des TCA.

Quelle stratégie de développement économique?

Alcan bénéficie de conditions très avantageuses, notamment d'électricité à très bas prix (en fait, ils sont en grande partie auto-producteur... un avantage économique indéniable). Les TCA sont d'avis que comme ces ressources hydroélectriques sont du domaine public, le gouvernement se doit d'exercer un contrôle strict s'il y a éventuellement fusion ou acquisition pour s'assurer que les avantages qui proviennent de ces ressources restent au Québec. Concrètement, si jamais Alcan est vendue, le syndicat juge que le gouvernement devrait s'assurer que les emplois et les investissements de la future entreprise seront à la hauteur des revenus et des profits que l'entreprise tirera de l'exploitation des ressources hydrauliques québécoises.

En échange des avantages énergétiques, le gouvernement a signé une entente de continuité avec Alcan dont les TCA ont obtenu copie. Incroyable mais vrai, ils ont constatés qu'il n'y avait pas d'exigence quant au niveau d'emploi à maintenir au Québec! Les TCA se disent "extrêmement préoccupés" par la durée de l'entente (jusqu'en 2058) et cette absence de niveau d'emploi dans un contexte où il y a des pertes d'emplois importantes à venir dans les vieilles installations comme les usines de Vaudreuil, de Beauharnois et de Shawinigan. Avoir été intelligent, le gouvernement en aurait profité pour imposer à Alcan des investissements dans la deuxième et troisième transformation de l'aluminium pour maintenir au Québec autant de bons emplois que possible.

Pour les TCA, les gouvernements doivent agir maintenant. Il s'agit, après tout, du contrôle de nos ressources naturelles...

mercredi 30 mai 2007

Ça brasse à Ottawa...

Rien n'est allé comme prévu pendant la manif du mouvement syndical ce midi à Ottawa...

Premièrement, les manifestant-es, qui dénoncent les pertes d'emploi manufacturier, voulaient ériger un cimetière sur la pelouse de la Chambre des communes. Mal leur en pris. Malgré des démarches tout ce qu'il y a de plus légale, entre autre avec la GRC, le Bureau du PM a ordonné le démantellement du cimetière avant même la manif ! "Le BMP a vraiment dépassé les bornes cette fois-ci", dit Bob Huget, du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier, qui se trouvait sur la colline au moment où le BMP a ordonné le retrait des pancartes.

"Ce sont des terres publiques, ce qui veut dire qu'elles appartiennent aux Canadiens et aux Canadiennes, et elles ont servi au fil des années à des manifestations, à des célébrations, à des événements musicaux spéciaux et à bien d'autres fins encore. Le Congrès du travail du Canada avait suivi la procédure appropriée, notamment en demandant l'approbation de la GRC, avant de commencer à ériger le 'cimetière'" a indiqué le syndicaliste.

Dion copieusement hué

Comme si ce n'était pas suffisant, le script de la manifestation a également été dérangé au moment des prises de parole. En effet, les leaders syndicaux avaient invités les chefs des trois partis d'opposition à s'adresser à la foule. Selon la Presse canadienne, Le bloquiste Gilles Duceppe et le néo-démocrate Jack Layton ont été chaudement applaudis par la foule, mais le chef libéral n'a pas eu droit au même traitement... En effet, Stéphane Dion a été copieusement hué selon la journaliste et ce malgré les appels au calme des organisateurs.

C'est que les syndiqués ont la mémoire longue et n'ont toujours pas digéré la volte-face du chef libéral qui, après un appui verbal à un projet de loi anti-scab, s'est reviré de bord et a voté contre sous prétexte que le projet n'était pas satisfaisant au chapitre des services essentiels. Dion n'a jamais pu terminé son discours et a dû quitté la tribune aux cris de "anti-scabs".

Les organisateurs de la manifestation syndicale aurait peut-être mieux fait de consulter leur monde avant d'inviter le chef du parti historique de la bourgeoisie canadienne à venir parler à la foule. Certaines déclarations de syndicalistes à la Presse canadienne après l'événement étaient sans équivoque : «Il [Dion] serait mieux d'aller se cacher. Son message ne passe pas», a fait valoir Guy Farrell, coordonnateur régional du syndicat des Métallos. Alain Gaudreault, de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), est sceptique. «Quand il vient nous faire des beaux discours, moi je ne le crois plus. Je ne pense pas qu'il va travailler avec le monde ouvrier», a-t-il déclaré pendant la manifestation. Oups!

Plus ça change...



Extrait du numéro d'octobre 1999 de Nouvelles CSN...

Comité Castonguay: des conclusions connues d'avance

Lettre ouverte du président de la FTQ suite à la création du Comité Castonguay sur la santé

Le gouvernement minoritaire de Jean Charest a confié à Claude Castonguay la présidence d’un nouveau comité de réflexion sur notre système de santé.

Les travaux ne sont pas encore commencés qu’on peut prédire avec exactitude l’orientation qu’y défendra monsieur Castonguay, puisqu’il l’a déjà détaillée dans une étude récente. En sept points, ses propositions vont du remaniement de la régie d’assurance maladie jusqu’à la révision de la Loi canadienne sur la santé, en passant par le développement de cliniques médicales, l’assurance privée généralisée et l’abolition de l’étanchéité entre le privé et le public.

Nous ne saurions en si peu d’espace examiner chacune de ces propositions, mais plusieurs affirmations laissent perplexe et méritent d’être relevées.

Les ressources hospitalières

M. Castonguay est d’avis qu’il faudrait rendre accessibles à la pratique privée, le soir et les fins de semaine, les blocs opératoires et les équipements de laboratoire et de radiologie, qui sont « nettement sous utilisés ». Cela, dit-il, générerait des revenus additionnels pour le système public et réduirait la demande de soins et les temps d’attente.

La proposition, aussi séduisante puisse-t-elle paraître, se heurte à une réalité têtue : les ressources humaines sont insuffisantes pour réaliser un tel projet. Nous assistons actuellement à une pénurie de médecins et de personnel de la santé. Le ministre Couillard l’a dit en Commission parlementaire : même si plusieurs voulaient opérer plus de 6 heures par jour et plus d’une journée par semaine, on ne peut utiliser davantage les blocs opératoires en raison du manque d’anesthésistes, d’inhalothérapeutes, d’infirmières, etc.

La proposition de Castonguay repose sur l’existence de ressources humaines suffisantes pour faire fonctionner des ressources matérielles sous-utilisées. Ce n’est pas le cas.

Les assurances privées

Pour l’ex-banquier, qui dit s’appuyer sur une étude de l’OCDE, « rien ne permet d’affirmer que l’accès aux soins de santé, dans les pays où l’assurance privée occupe une place importante dans le financement de la santé, est inéquitable envers les plus pauvres ».

Notre propre lecture de l’étude de l’OCDE nous conduit cependant à une autre compréhension, puisque d’entrée de jeu, l’OCDE affirme que dans la plupart des cas, l’assurance privée pose « des problèmes considérables d’équité et de maîtrise des coûts ».

«Dans les systèmes duplicatifs, par exemple, l’assurance maladie privée offre à ceux qui peuvent se le permettre un niveau de soins, de choix et de rapidité d’accès supérieur à ce qu’offre le système public. Les assurés d’un régime privé peuvent en particulier bénéficier de délais plus courts pour la chirurgie élective. Mais rien ne permet de dire que cela réduit du même coup les temps d’attente dans le secteur public, qui est le seul choix possible pour les catégories à faible revenu.» (op. cit., p. 3)

Par ailleurs, l’assurance privée n’aurait à peu près aucun effet sur la qualité des soins et services, les assureurs étant beaucoup plus préoccupés par la rentabilité que par la qualité des prestations qu’ils financent. De surcroît, elle aurait pour effet d’accroître la dépense totale de santé, sans soulager pour autant la charge des budgets publics (op. cit., p. 5).

Une étude récente du Commonwealth Fund vient de démontrer qu’avec le système de santé le plus coûteux au monde, les États-Unis, au premier rang des pays qui recourent à l’assurance privée, témoignent d’une sous performance chronique en terme de soins de santé, particulièrement en matière d’accès, de sécurité, d’efficacité et d’équité. L’étude compare les systèmes de santé de l’Allemagne, de l’Australie, du Canada, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni.

Près de 50 millions de citoyens américains ne bénéficient d’aucune couverture, faute de revenus suffisants pour se la payer. Il n’est donc pas étonnant de voir dans certains États dont le Massachusetts, un mouvement grandissant pour l’instauration d’un système public universel.

Nous invitons les employeurs du secteur privé à y penser à deux fois avant d’adhérer à l’ouverture sur une assurance privée qui ne manquera pas, comme le démontre amplement l’expérience aux États-Unis, d’exercer une pression énorme sur les coûts. Une chose est certaine, les travailleurs n’accepteront pas que les cadres obtiennent un tel bénéfice à même les revenus des entreprises, sans avoir une contrepartie dans leur convention collective.

Quelle solution ?

Nous avons déjà eu l’occasion de nous prononcer sur le problème du financement de notre régime de santé et de services sociaux, lors des travaux du comité Ménard et lors de la consultation parlementaire autour de l’affaire Chaoulli. À la FTQ, nous préconisons :

• Une caisse santé séparée du fonds consolidé de la province et constituée d’entrées fiscales à la mesure des revenus des contribuables (particuliers et entreprises), selon un système progressif, sans aucun montant fixe universel et sans plafond, afin que chacun puisse mettre l’épaule à la roue pour la préservation de notre système public.
• La mise en place d’une véritable politique énergétique qui dégagerait une marge de manœuvre à dédier à la santé et qui respecterait la capacité de payer des plus démunis.
• Le retour des transferts fédéraux à leur niveau de 1983 et sous la forme de points d’impôt, dédiés aux services publics qu’ils sont supposés financer.

Le financement de nouveaux travaux dont l’issue est déjà connue consiste ni plus ni moins qu’à jeter de l’argent par les fenêtres. Ce qui, somme toute, n’est pas nouveau.

mardi 29 mai 2007

Crise de l'emploi : ça suffit comme ça

Le mouvement syndical du Canada anglais semble réellement en avoir marre de la crise de l'emploi. Outre la manifestation de dimanche à Windsor, il semble que les actions se multiplient. Des membres du Syndicat canadien des communications et du papier (SCEP) se sont mis à bloquer des routes et des ponts en Ontario pour attirer l'attention sur la crise des forêts (barrage sur la route 11 à Kapuskasing hier et fermeture du pont de Thunder Bay la semaine dernière). Les Métallos et les TCA aussi se sont mis de la partie et ont occupés des usines menacés de fermeture dans les dernières semaines (voir ici et ici). Voilà qu'on annonce une deuxième grande manifestation demain à Ottawa. Les manifestants créeront un "cimetière des emplois perdus" sur la pelouse de la Colline du Parlement. Ils érigeront quelque 500 tombes représentant les usines qui ont fermé leurs portes au Canada ou qui ont congédié des travailleurs de façon permanente. En moins de cinq ans, plus de 250 000 emplois ont été supprimés dans le secteur de la fabrication. À suivre...

Des privatisations idéologiques dénonce le SFPQ

Dans le dernier budget, les libéraux annoncent vouloir se départir d'un certain nombre d'organismes et de fonctions gouvernementales. Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) s'explique mal la décision de se départir d'au moins deux de ces organismes --le Centre de signalisation (CSi) et le Centre de gestion de l’équipement roulant (CGER)-- dans la mesure ou deux études indépendantes publiées en 2005 écartaient les scénarios de privatisation ou de PPP. En gros, il s'agit d'une privatisation non-rationnelle, injustifiée et strictement idéologique.

De quoi s'agit-il?
Le Centre de gestion de l’équipement roulant (CGER) emploie plus de 400 personnes travaillant dans 60 ateliers de mécanique et deux points de services. La mission du Centre est d’assurer à ses clients (les ministères, les organismes publics, et certaines municipalités) la disponibilité des véhicules routiers et équipements connexes requis pour leurs opérations et, par conséquent, leur maintien en bon état de fonctionnement.

Pour sa part, le Centre de signalisation (CSi) emploie une trentaine de personnes afin d’assurer la disponibilité de produits et services de signalisation routière conformément aux besoins de ses clients, notamment le ministère des Transports.

« Il s’agit de deux organismes dont les activités s’autofinancent à 100 %. La ministre tente de leurrer la population en lui faisant croire qu’en privatisant ces services, elle pourra réinvestir en santé et en éducation. Tout ce que la ministre arrivera à faire c’est de bien garnir les comptes de banque d’entreprises privées », explique Michel Sawyer.

Quelles économies?
Selon le SFPQ, il improbable que le gouvernement réalise des économies par la privatisation du CGER. Le Centre offrant des tarifs inférieurs de 30 % au prix du marché, Michel Sawyer se demande comment le secteur privé pourra faire mieux. « De plus, c’est bien connu, lorsque l’on peut faire sa mécanique soi-même, ça coûte bien moins cher que d’aller chez le concessionnaire! ».

Par ailleurs, le SFPQ se demande ce qu’il adviendra de la mission environnementale du CGER, une fois ses activités privatisées. En effet, le Centre possède une flotte d’environ 60 véhicules à émission réduite de gaz à effet de serre. De plus, le Centre entendait poursuivre ses efforts environnementaux en 2006-2007. « Pourra-t-on compter sur le secteur privé pour en faire autant? Laissez-moi en douter », s'exclame le président général du SFPQ.

Dans le cas du CSi, le SFPQ s’étonne que le gouvernement ait choisi de privatiser ce service gouvernemental puisque l’étude précédemment citée a démontré que le CSi est l’un des organismes les plus performants sur les plans de la qualité, des délais et des prix, et ce, au Canada et au Québec. « Nous savons que les panneaux produits par les entreprises privées sont de moins bonne qualité en ce qui a trait à la durée de vie de la réflexion du lettrage sur les panneaux, et ce, pour des coûts comparables. Comment la ministre Jérôme-Forget peut-elle alors soutenir que la privatisation de Csi serait une bonne affaire pour les Québécoises et les Québécois ?», questionne Michel Sawyer.

Réécrire le budget
Le président général du SFPQ exhorte donc la présidente du Conseil du trésor à amender son propre budget afin de revenir sur sa décision injustifiée de privatiser certains services publics. Michel Sawyer demande également au gouvernement de renoncer à son projet, tout aussi injustifié, de baisse d’impôt et d’utiliser plutôt l'argent du règlement du déséquilibre fiscal pour insuffler un peu d’oxygène aux services publics. « Il n’y a pas que la santé et l’éducation qui nécessitent un réinvestissement important. Les ministères et les organismes, tels que le ministère de l’Environnement ou celui des Ressources naturelles, pour n’en nommer que deux, ont peine à réaliser leur mission… des missions tout aussi essentielles que la santé et l’éducation, n’en déplaise à Mme Jérôme-Forget », a conclu le président général du SFPQ, Michel Sawyer.

Le SFPQ réagit: Ça suffit, « Camarade » Hébert!

Réplique du président général du SFPQ, Michel Sawyer, à la chronique de Michel Hébert, publiée le 28 mai 2007, dans les pages du quotidien MédiaMatinQuébec.

Si certains pouvaient encore penser que les prises de position antisyndicales à répétition du chroniqueur Michel Hébert pouvaient lui être imposées par son patron Québécor, ils peuvent maintenant constater que tel n'est pas le cas. Depuis quelques semaines, le journaliste syndiqué en lock-out publie une chronique dans le MédiaMatinQuébec, où il continue à discréditer les syndiqués de la fonction publique. Dans sa chronique du 28 mai dernier, il se surpasse en démagogie en utilisant les chiffres publiés dans le dernier budget de madame Jérome-Forget d'une façon qui ne relève plus de l'opinion politique, mais plutôt d'un manque de rigueur journalistique.

Ainsi, M. Hébert affirme que « la dette [du Québec] de 125,2 milliards est constituée à 50 % de ce que nous aurons à payer pour les employés de l'État à la retraite. On en sera à 63,8 milliards l'an prochain ». Le camarade Hébert a pris cette information à la section J, page 15, du Plan budgétaire 2007-2008 du ministère des Finances. Faut-il en rire ou en pleurer, mais il n'a pas regardé la colonne « Fonds d'amortissement des régimes de retraite », que le ministère a pris la précaution de mentionner qu'il fallait soustraire, car il s'agit d'un fonds de réserve accumulé pour couvrir les prestations de retraite à venir. Le passif net du régime de retraite de l'ensemble des employés du gouvernement du Québec sera donc plutôt de 26,6 milliards. La part de la dette qui correspond à ce que le gouvernement aura à payer à ses employés à la retraite est donc de 20 % et non pas de 50 %, comme l'écrivait Michel Hébert. Une bagatelle erreur de 37,2 milliards permettant de faire passer la moitié de la dette du Québec sur le dos des employés de la fonction publique... encore une fois.

D'autre part, Michel Hébert ajoute que : « Du 1er avril 2006 au 31 mars 2007, ceux qui en paient [de l'impôt] ont versé près de 18,2 milliards en impôts. C'est 827 millions de plus que ce qui avait été prévu ». Bien sûr, et vous savez pourquoi? Il suffit d'aller voir à la page C.12 du document précédemment cité. On peut y lire en toutes lettres que cette augmentation provient en partie de « l'impact des ajustements rétroactifs d'équité salariale versés aux employés de l'État avant le 31 mars dernier ». Un détail qui n'apparaît pas sur l'écran radar du chroniqueur : les employés de l'État paient aussi des impôts à même leurs salaires!

Dans l'univers du journaliste Michel Hébert, il semble que les sommes collectées par l'État sortent « de nos poches » comme si nous n'avions absolument rien en retour... Pas d'éducation, pas de soins de santé, pas de services publics... L'an prochain, le fisc collectera 18,1 milliards dans nos poches, dit-il, 12,5 milliards en taxes à la consommation et 2,2 milliards en amendes et tarifs... Il serait important que Michel Hébert fasse savoir à ses lecteurs qu'en retour de ces sommes, ils reçoivent des services et que cet argent n'est tout de même pas brûlé à l'incinérateur de Québec!

Michel Sawyer
Président général
Syndicat de la fonction publique du Québec

Un coup de gueule

Je me suis permis un coup de gueule sur mon autre blogue.


Familles de classe moyenne: la droite se fout de votre gueule !

(...)On a le choix. On écoute les sirènes de la droite et on s'enfonce dans le chacun pour soi et au plus fort la poche. Ou bien on se revire de bord, on réalise que la classe moyenne d'aujourd'hui c'est pas mal la même affaire que la classe ouvrière à grand-papa, on se sert les coudes et on se tient debout. Ensemble. M'enfin. Le texte au complet

Manifs des chauffeurs d'autobus scolaires

Les chauffeurs d'autobus scolaire de la CSN poursuivent leur lutte. Lundi, ils ont manifestés partout au Québec. Recevant un salaire annuel moyen de moins de 17 000 dollars, les chauffeurs d’autobus scolaire réclament notamment 15 millions de dollars de plus par année pour le transport scolaire, un ajustement basé sur l’indice des prix à la consommation et l’instauration du principe d’enveloppes budgétaires fermées pour éviter que les fonds prévus pour le transport servent à pallier au sous-financement chronique du réseau scolaire. Pour plus d'informations, lisez le communiqué de la CSN.

lundi 28 mai 2007

À signaler - une réflexion sur la grève à la STM

Une réflexion intéressante tirée d'Arsenal-express*, un bulletin coco (ne soyons pas sectaires!).

Grève des employéEs d'entretien à la STM
À QUI PROFITE L'UNANIMISME?


RéuniEs en assemblée générale après quatre jours de grève, les employéEs d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM) ont donc été contraintEs de retourner au travail, sous la menace d'une loi spéciale et face au rouleau compresseur de l'appareil d'État, de la bourgeoisie et des médias qui se sont ligués pour faire apparaître une "opinion publique" unanimement hostile à leur endroit.

Il est toujours épeurant de voir avec quelle facilité l'appareil idéologique de la bourgeoisie réussit, quand il s'y met, à mélanger le vrai et le faux et à créer un "mouvement d'opinion" tel que le moindre argument rationnel se trouve désormais exclu du débat public. Ce phénomène, on l'a constaté jusqu'à en avoir la nausée au cours des derniers mois dans tout le "débat" sur la question des accommodements raisonnables. Le seul fait que ce soit les mêmes grandes gueules ayant alimenté pendant des mois la peur des immigrantEs qui ont sonné la charge contre les "privilégiéEs" de la STM devrait mettre la puce à l'oreille de quiconque possède encore des réflexes de classe quant aux enjeux du récent conflit.

Il suffit d'un bref coup d'œil au journal La Presse pour constater à quel point les médias ont façonné ce qu'ils appellent "l'opinion publique". Dans son édition de samedi, le quotidien présentait les résultats d'un sondage réalisé auprès de 1 029 personnes habitant sur l'île de Montréal ou dans ses banlieues nord et sud. On y apprenait que 68% des personnes interrogées n'ont subi aucun impact négatif pendant les quatre journées de grève à la STM. (Soit dit en passant, ce résultat fait ressortir toute la difficulté de l'exercice du droit de grève dans les secteurs public et parapublic, compte tenu des exigences de la loi réactionnaire sur les "services essentiels" qui imposa en l'espèce la poursuite du service pendant pas moins de huit heures par jour: on ne peut plus tellement parler de "grève" dans de telles conditions!)

Ce résultat, plutôt surprenant pour quiconque a entendu les jérémiades de tous ceux qui ont parlé "au nom des usagers de la STM" au cours de la dernière semaine, est venu corroborer les propos de l'économiste en chef du Mouvement Desjardins, rapportés dans la même édition de La Presse, qui affirme que la grève n'a eu qu'un "faible impact économique". Cela n'a pourtant pas empêché le quotidien de coiffer l'article sur les résultats du sondage d'un titre ("Une grève contrariante") contraire à la nouvelle qu'il rapporte!

Si 68% des personnes sondées ont dit n'avoir subi aucun impact de la grève, 62% d'entre elles (une "très vaste majorité", selon La Presse) se sont néanmoins prononcées en faveur d'une loi d'exception pour forcer le retour au travail: trouvez l'erreur! Qu'en dépit de l'atmosphère hystérique ayant régné dans les médias, 38% des gens se soient quand même opposés à l'adoption d'une loi spéciale constitue une donnée appréciable.

Ainsi donc, bien des gens se sont improvisés porte-parole des usagers du transport en commun et des travailleurs à faible revenu. Bien sûr, parmi ces gens qui ont déversé leur fiel sur les "gras durs de la STM", bon nombre n'utilisent jamais le transport en commun et jouissent de revenus et de conditions de travail incomparablement supérieurs aux employéEs de la STM. Un morningman tel René Homier-Roy de la Société Radio-Canada, avec ses trois mois de vacances d'été, ses deux semaines de vacances aux Fêtes, sa semaine de vacances à Pâques, son vendredi de congé une semaine sur deux, et plus encore (on allait oublier la semaine de relâche!), gagne certainement un peu plus (sic) que le fameux 42 000$ par année des employéEs d'entretien qui entrent au service de la STM. C'est vrai que ce démagogue "respectable" (par opposition aux André Arthur et Jeff Fillion de ce monde) sait ce que c'est que la pauvreté et la précarité: n'anime-t-il pas une "guignolée" une fois par année? Comme disait l'autre, si les conditions de travail sont si bonnes à la STM, pourquoi ne va-t-il pas y faire application? Il pourrait enfin se rendre utile.

Sur la scène politique, sans aucune surprise, l'ADQ de Mario Dumont, qui possède une habileté remarquable pour flairer l'odeur de fumier dès qu'il s'en présente une, fut le premier parti à appeler à l'adoption d'une loi d'exception. Le premier ministre Charest, qui, a-t-on appris, aurait subi une délicate opération après sa réélection lors de laquelle on lui aurait retiré la colonne vertébrale, lui a tout de suite emboîté le pas. Quant au PQ, eh! bien il semble qu'il ait été trop occupé à faire semblant de vouloir renverser le gouvernement Charest sur le budget et à dérouler le tapis rouge pour sa "chère Pauline" pour daigner s'opposer à la menace d'une loi spéciale.

Les grands médias, les partis bourgeois, les organisations patronales, les "think tank" néo-libéraux et les crosseurs de toute espèce: tout ce beau monde qui, en tant normal, n'hésite jamais à chier sur les plus démuniEs, s'est soudainement porté à leur rescousse. Étrange que tout cela... Comme si le fait de geler les salaires des employéEs d'entretien de la STM allait améliorer un tant soit peu la condition des travailleurs et travailleuses les plus pauvres. Voyons donc... Si la bourgeoisie trouve que les employéEs de la STM sont trop bien payés, c'est précisément parce que cela crée une pression à la hausse sur les salaires de tous et toutes; si elle rêve de démanteler le syndicat et la STM comme service public, c'est parce qu'elle sait que cela facilitera la poursuite de son offensive visant à appauvrir la totalité du prolétariat -- à commencer par ceux et celles qui sont déjà les plus exploitéEs.

En s'attaquant aux grévistes de la STM, les élites bourgeoises ont affiché tout leur mépris à l'endroit des ouvrières et ouvriers -- ces individus méprisables qui n'ont même pas de diplôme universitaire (quelle horreur!). Ce sont "ces gens-là", pourtant, qui assurent le fonctionnement d'un service essentiel aux profits des capitalistes: un service qui permet d'entasser et de conduire dans les parcs industriels les milliers de prolétaires dont le travail va enrichir le capital, à chaque jour; un service dont la planification est conçue sur mesure pour satisfaire les besoins des gros commerçants qui dépendent de la clientèle qui utilise les transports en commun (vous en connaissez beaucoup, vous, des grands édifices à logements et des HLM dans les quartiers pauvres qui ont une station de métro directement dans leur sous-sol?). Pourquoi ces travailleurs et travailleuses, qui entretiennent le matériel et les infrastructures de la STM et qui ramassent les déchets (et parfois même la merde, littéralement) qu'entraîne l'opération du système, n'auraient-ils pas droit à un salaire décent et à une protection minimale contre la hausse du coût de la vie?

Avec tout ce battage médiatique, on en est donc arrivé à cette navrante situation qui voit les assistées sociales et les travailleurs au bas de l'échelle (du moins, une partie d'entre eux) se plaindre de ce que les employéEs d'entretien ont "trop de privilèges". Parallèlement, il est probable qu'une partie de ces derniers trouvent que les assistés sociaux ne sont que des fainéants! Et d'un côté comme de l'autre, il y en a pour penser que les immigrantEs viennent voler nos jobs et troubler nos "bonnes vieilles valeurs canadiennes françaises".

Est-ce trop demander de s'arrêter et de se poser la question, à savoir qui gagne et qui perd, dans tout ça? À qui profitent toutes ces divisions? Qui, au fond, avait intérêt à mépriser et écraser les employéEs d'entretien de la STM, qui sont des travailleurs et des travailleuses comme nous tous et nous toutes?

Il est temps pour nous, travailleurs et travailleuses, de commencer à penser et à agir comme une classe, tous et toutes uniEs contre notre ennemi commun, la bourgeoisie!

- Un prolétaire de Montréal


Photo: une partie des syndiqué-es lors de l'AG qui a mit fin à la grève.

* Arsenal-express est une liste de nouvelles à faible volume qui présente les points de vue du PCR.

Pour vous abonner: rendez-vous sur le site Web du PCR.

Crise manufacturière : les syndicats ontariens se mobilisent

Après les occupations d'usines, les grandes manifestations. En fin de semaine, ils étaient 38 000 dans les rues de Windsor. C'est clair, le mouvement syndical ontarien se mobilise massivement contre la crise de l'industrie manufacturière.

La communauté ouvrière de Windsor a perdu 18 000 emplois depuis 5 ans. Et ça s'annonce encore pire dans un avenir rapproché. La raison est simple, GM veut fermer son usine de boîte de vitesse pour en installer une plus moderne dans une autre ville. Or, chaque emploi de l'industrie de l'auto créé en retombée 12 autres emplois. La fermeture de l'usine serait donc une catastrophe. Voilà en concentré la crise qui secoue toutes les communautés ouvrières, en Ontario comme au Québec.

Une coalition a été formée pour mobiliser la communauté. La colonne vertébrale du mouvement sont évidemment les différents syndicats locaux des Travailleurs canadiens de l'automobile (CAW) mais aussi le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le Syndicat ontarien des employés du service public (équivalent du SFPQ), des syndicats de profs, d'agriculteurs, des groupes de retraités, etc.

Ensemble, ils ont mobilisés 38 000 personnes. La manif était tellement massive que 3 marches distinctes convergeant vers un parc ont été organisées. Tous ces gens ont compris que la classe ouvrière du secteur est au coeur de leur communauté. Le président du SCFP a souligné que la présence d'emplois syndiqués bien payés était essentielle au financement de services publics de qualité. La présidente de la Fédération des enseignants ontariens a souligné l'importance de ces emplois pour la stabilité des communautés, citant en exemple une proche qui, pour compenser la perte d'un emploi syndiqué, doit maintenant cumuler trois jobines pour nourrir ses enfants.

Hier, on parlait de l'industrie automobile. Buzz Hardgrove, président des TCA, soulignait à raison que si l'on parle à Windsor de crise de l'emploi, c'est à cause de la crise de l'auto. Le syndicaliste promet une bataille pour préserver les emplois mais il souligne, à raison, que les gouvernements ont aussi un rôle à jouer dans cette crise qui touche l'ensemble du secteur manufacturier (et pas seulement l'auto). Pas tant en subventionnant des multinationales qu'en adoptant des politiques économiques ferme favorisant la préservation d'un tissu industriel local. Laisser aller le marché, comme le chante les conservateurs, ça ne vaut pas de la shnoute si nos "partenaires", eux, donnent dans le protectionnisme. Par exemple : l'américaine Alcoa peut tenter d'acheter la canadienne Alcan contre son gré sans que le gouvernement ne lève le petit doigt mais Alcan, elle, ne pourrait faire le même coup à Alcoa puisque des lois existent aux États-Unis pour prévenir ce type de comportement agressif... Même chose pour les contrats de l'armée ou du transport en commun, aux États-Unis le gouvernement dicte où les trucs seront construit, s'assurant de maintenir de l'emploi avec l'argent public, alors qu'ici, on laisse faire le marché. Autrement dit, aide toi et le ciel t'aidera!

Cliquez pour une diapo de la manif (site du Windsor Star)

dimanche 27 mai 2007

Shell et Pétro-Canada sabrent dans la prévention à Montréal

La FTQ dénonce les deux pétrolières qui sabrent dans la prévention dans leurs raffineries de Montréal. Sous prétexte que la loi ne les y oblige pas, Shell et Pétro-Canada veulent abolir les postes de représentants à la prévention en santé et sécurité du travail dans leurs installations de raffinage de l’est de Montréal. Dans le cas de Shell, ces postes existaient depuis plus de 20 ans!

Une raffinerie n’est pas un terrain de jeux

« S’il y a bien un endroit où on ne peut se permettre de tourner les coins ronds et lésiner sur la prévention et la sécurité, c’est dans les installations de raffinerie. Les dangers liés à la construction, au travail en vase clos, aux activités de soudure sur des réservoirs ayant contenu des produits sous pression hautement volatils sont omniprésents et nécessitent une attention de tous les instants. Une raffinerie n’est surtout pas un terrain de jeux », a indiqué Jacques Vanier, président de la section locale 175 du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ) (raffinerie Pétro-Canada), lors d'une conférence de presse ce dimanche.

Des risques pour la population et l’environnement

« Les risques existent bien entendu pour les centaines de travailleurs présents sur les sites des raffineries, mais la sécurité de la population dépend également de la bonne marche des installations. On n’a qu’à penser aux risques d’explosion ou encore de déversements de matières hautement toxiques dans l’environnement, quand on sait qu’à Montréal, plus particulièrement, des habitations ont été construites à proximité », a ajouté M. Jean-Claude Rocheleau, président de la section locale 121 du SCEP (raffinerie Shell).

Pour la FTQ, voilà une preuve de plus que l'approche « volontaire » du gouvernement ne marche pas. « Le gouvernement doit trouver la volonté politique pour agir dans ce dossier et décréter que le secteur du raffinage est prioritaire, tout autant que celui de la chimie, et ne pas attendre que les employeurs s’autorèglementent dans ce domaine. À défaut d’agir dans ce sens, il partagera la responsabilité de tout décès ou accident résultant de son inaction », a conclu Henri Massé.

Détournement de la caisse d'assurance emploi : la CSN va jusqu'en Cours suprême

La CSN pourra faire appel en Cours suprême d'un jugement de novembre dernier statuant ue les cotisations versées au régime d’assurance-emploi relevaient du pouvoir de taxation du Parlement. L'assurance emploi n'étant pas un programme social financé à même les fonds fédéraux mais un régime d'assurance financé à partir de cotisations spécifiques identifiées comme telle, il est illégitime d'utiliser l'argent collecté à d'autres fins. C'était, en tout cas, l'esprit du régime à l'origine.

À la suite de l’entrée en vigueur de la Loi sur l’assurance-emploi le gouvernement se permet d’utiliser les cotisations d’assurance-emploi pour garnir ses coffres. Chaque année, depuis 1996, le gouvernement fédéral fixe le taux de cotisation d’assurance-emploi non pas en fonction des besoins du régime d’assurance-chômage, mais en fonction de ses besoins financiers. Suite à ce changement, la CSN a entrepris des démarches juridiques pour faire déclarer cette pratique illégale et la faire cesser.

Depuis 1996, c’est plus de 54 milliards de dollars de cotisations prélevées qui ont été détournées de l’assurance-emploi et utilisées pour toute sorte d'autres choses par le gouvernement fédéral. Ce détournement de fonds est d’autant plus odieux qu’il a été réalisé au détriment de la couverture d’assurance des assuré-es puisque moins de 50 % des chômeuses et des chômeurs ont droit à des prestations alors qu’en 1989, 83 % de ceux-ci avaient droit à des prestations.

La CSN, dont le recours avait été rejeté par la Cour supérieure puis par la Cour d’appel, pourra faire valoir ses arguments devant le plus haut tribunal du pays.

Chantier Verreault : plainte syndicale

À la base du code du travail il y a cette injonction : les parties doivent négocier de bonne foi. Quand une entreprise est syndiquée, l'évidence même impose de négocier avec le syndicat. Certains patrons ont de la difficulté avec ce concept. Ainsi, la direction du Chantier maritime Verreault, aux Méchins, tente systématiquement de contourner un syndicat jugé un peu trop "borné" en envoyant ses offres directement aux employés. La CSN en a marre et elle a déposé une plainte au Conseil canadien des relations industrielles.

Photo: manif des syndiqués du chantier et de leurs appuis le 1er mai (CSN)

samedi 26 mai 2007

Négociations à la STM : le syndicat prêt pour la deuxième période

COMMUNIQUÉ - (Montréal, le 26 mai 2007) Réunis en Assemblée générale, les membres du Syndicat du transport de Montréal ont convenu, hier après-midi, de suspendre la grève. Face à l’intransigeance de la Société de transport de Montréal, les 2200 employé-es d’entretien du métro de Montréal et des autobus n’entendent pas baisser les bras, loin de là.

Bien que les syndiqué-es reprennent le travail, absolument rien n’est réglé. La STM se traîne les pieds en négociation refusant d’aborder les véritables enjeux de bonne foi. Une attitude que l’ultimatum lancé par le gouvernement n’a que confortée. À compter de maintenant, la deuxième période commence et le syndicat, avec l’appui indéfectible de la CSN évaluera ses options et consacrera tous les efforts nécessaires pour amener la STM à négocier sérieusement, au bénéfice de tous.

En négociation, le syndicat a fait la démonstration de son ouverture et de sa capacité de mettre en avant des solutions novatrices. Les travailleuses et les travailleurs de l’entretien, par leurs compétences et leur expertise unique, constituent la clé de voûte d’une réorganisation du travail à la STM qui lui permettrait d’améliorer ses services et son efficacité. Il y a des problèmes à régler dans les milieux de travail et cela doit passer par la négociation, il n’y a
aucune autre voie de solution.

« Il est grand temps que la STM se mette en mode écoute et se donne la peine de considérer ses employé-es et le syndicat comme des partenaires incontournables plutôt que comme des adversaires, estime le président du syndicat, Pierre St-Georges. On ne demande pas la lune. Nous voulons rétablir l’équité entre les générations dans notre régime de retraite et augmenter nos salaires afin de combler une partie du retard que nous avons pris à ce chapitre à l’égard des autres sociétés de transport en commun et des entreprises privées afin de préserver la capacité de la STM d’attirer des travailleurs qualifiés. C’est tout à l’avantage de la STM de discuter de bonne foi de ces questions. Nous allons tabler là-dessus et sur la solidarité dont les travailleurs ont fait la preuve éloquente cette semaine pour faire débloquer les discussions et obtenir un nouveau contrat de travail dans les meilleurs délais, » ajoute-t-il.

Source: CSN

STM : Entente de principe

Les médias annoncent qu'une entente de principe est intervenue hier entre le syndicat des employé-es d'entretien et la Société de transport de Montréal. Pour l'instant les détails ne sont pas encore connu. Je m'abstiendrai donc de commenter avant d'en savoir plus (remarquez que certains ne se gênent pas, ici et ici), par exemple, même si je me doute bien que ni un ni l'autre ne savent trop de quoi il en retourne).

Mise-à-jour : ça l'air, comme le souligne Pierre-Luc dans les commentaires, que c'est pas une entente de principe, seulement un arrêt de la grève. J'ai été trompé par des manchettes de la Presse Canadienne qui parlaient d'entente de principe. Pour plus de détail, je viens de mettre en ligne le communiqué de la CSN.

vendredi 25 mai 2007

Grève à la STM : le gouvernement joue un jeu dangereux selon la CSN

COMMUNIQUÉ - Montréal, vendredi 25 mai 2007

À quelques heures de la fin de l’ultimatum lancé par le gouvernement Charest dans le dossier de la grève à la STM, la Confédération des syndicats nationaux dénonce une intervention inappropriée, injustifiée et prématurée du gouvernement pour mettre fin à une grève exercée en toute légalité dans le respect des dispositions des services essentiels. La CSN appelle également le ministre du travail, David Whissel, à ne pas commettre l’irréparable et à laisser libre cours à la négociation.

« Il est inconcevable qu’un gouvernement démocratique s’immisce ainsi dans le processus de la négociation au lieu de laisser les parties négocier pour régler leurs différends. Bien sûr, une grève dans les transports en commun, cela dérange, mais c’est un droit fondamental qu’on bafoue en intervenant ainsi et cela n’annonce rien de bon pour la santé de notre démocratie. Il n’y a qu’une façon de mettre fin à ces inconvénients de façon constructive : c’est de négocier », soutient la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Dans un conflit à haute teneur émotive comme celui-ci, on attend des élu-es de l’Assemblée nationale qu’ils calment le jeu et fassent la part des choses. Il est carrément irresponsable d’exacerber les tensions entre différents groupes de la société, dans ce cas-ci, les salariés et les usagers, en jetant de l’huile sur le feu dans le but de se bâtir un capital politique.

En agissant comme il l’a fait, le gouvernement a brisé l’équilibre des forces en présence au bénéfice de la Société de transport de Montréal. Pourtant, depuis 25 ans, les règles du jeu sont claires et connues de tous. On peut parler en effet d’un équilibre puisqu’au cours des 25 dernières années, la STM et le syndicat des employé-es d’entretien n’ont connu que deux conflits de travail, en comptant celui en cours actuellement, totalisant moins de 10 jours d’arrêt de service. Cela fait à peine quelques heures par année !

Pour la CSN, le gouvernement ne peut pas modifier les règles ainsi au beau milieu d’une négociation. D’autant plus que son intervention est prématurée et injustifiée. Rappelons que le gouvernement n’aura attendu que 36 heures avant d’intervenir et lancer un ultimatum aux parties. Pourtant, la grève, exercée dans un cadre légal, ne posait aucune menace à la santé et à la sécurité des Montréalais. Les services essentiels ont été maintenus de façon exemplaire : à certains moments durant ce conflit, il y avait plus d’autobus dans les rues qu’à une heure de pointe normale.

Négociations difficiles

L’intervention de Québec a eu pour effet de renverser le rapport de forces au bénéfice de la Société de transport de Montréal. À la table de négociation cela a eu pour effet de conforter la STM dans une position d’immobilisme malgré de nombreuses tentatives syndicales de dénouer l’impasse. La présidente de la CSN appelle la STM à montrer plus de bonne foi : « Il reste encore quatre heures d’ici la fin de l’ultimatum. Je le sais d’expérience, en quatre heures, on peut régler beaucoup de choses ; tout ce que cela prend, c’est de la volonté ». Le syndicat a fait beaucoup de chemin pour tenter d’en arriver à un terrain d’entente, mais se bute à la ligne dure que veut maintenir la STM.

Il appartiendra aux membres du syndicat de décider de la suite des choses, lors d’une assemblée générale qui se tiendra dès 15 h 30. Toutes les options seront analysées et débattues. On peut toutefois compter sur le Syndicat du transport de Montréal et sur tout le mouvement CSN pour poursuivre la lutte, si jamais une entente n’intervient pas d’ici là. L’ultimatum du ministre ne règle en rien le fond des choses et on peut prévoir que les travailleuses et les travailleurs redoubleront d’ardeur et d’imagination pour obtenir gain de cause.

Source: CSN

Autres trucs intéressants sur le site de la CSN:

Qui sont les syndiqué-es des services d'entretien? Quels sont leurs métiers?

Plus de 70 % du personnel des services d'entretien de la STM sont des employé-es de métier, tels que électriciens, mécaniciens, plombiers, machinistes, etc. Le personnel est classé en deux groupes : celui des métiers et celui du soutien.

Voici la liste détaillée des deux groupes>>>

Ce sont des emplois valorisés dans le secteur privé. Cela devrait l'être aussi dans le secteur public.

Des emplois à revaloriser>>>

La Société de transport de Montréal le sait très bien : ses employé-es d’entretien constituent un actif majeur.

À lire aussi>>>

Grève à la STM : Anti-syndicalisme en panne

Vu de loin, on pourrait croire à se promener sur internet et à lire les médias que la population est sur le point de lyncher les grévistes de la Société de transport de Montréal. Quand j'ai lu sur plusieurs sites de nouvelles qu'il y aurait une "manifestation des citoyens contre le syndicat des employés d'entretien de la STM", je me suis dit "c'est la fin". J'imaginais la foule en colère, chauffé à bloc par les médias, défilant au centre-ville. Mais bon, Montréal n'est pas encore Québec, et la manif fut un pétard mouillé. Selon la Presse canadienne, l'organisateur était fin seul. Aucun usager du transport en commun de Montréal ne s'est présenté. Les gens sont bien prêt à râler et à écrire des commentaires rageurs sur les blogues mais ça s'arrête là.

Montréalais, montréalaises, profitez-en pendant que ça dure. Et, surtout, n'attendez pas, comme par chez-nous, que des animateurs populistes réussissent à fédérer les râleur et à transformer la 'majorité silencieuse' en force réactionnaire agissante et militante... Bonne chance!

jeudi 24 mai 2007

Portrait : Guy César, facteur


Lu dans Le Monde ouvrier :

Chronique : À la FTQ tout le monde est important
Guy César, facteur


Le Monde ouvrier vous présente, des portraits de femmes et d’hommes venus d’ailleurs qui parlent une langue commune… la solidarité.

C’est de Côtes-de-Fer, petit village du sud-est d’Haïti, que Guy César, jeune enseignant, débarque au Québec en 1973.

C’est l’époque où nombre de jeunes Haïtiens quittent leur île pour tenter leur chance ailleurs. Dans bien des cas, on choisit les États-Unis en raison de sa proximité et de la facilité apparente avec laquelle on peut gagner des dollars. C’est en voyant ses amis revenir au pays les poches pleines d’argent que Guy César se dit « pourquoi pas moi » ? Lui, en raison de la langue qu’on y parle et des amis qui s’y trouvent, choisit un autre coin d’Amérique pour accomplir son rêve : le Québec.

Rapidement Guy César est confronté à certaines réalités qu’il n’avait pas imaginées jusque-là : difficulté à faire reconnaître ses diplômes; difficulté à trouver un travail près de ses compétences; difficulté à comprendre le vocabulaire des gens d’ici.

Mille métiers, mille misères

« Moi, rappelle Guy César, qui dans mon pays n’avais jamais travaillé manuellement, je me retrouvai de 1973 à 1977 à exercer les métiers de tricoteur, de plongeur, d’homme de ménage et de chauffeur de taxi. Je me suis rapidement rendu compte que l’argent ne tombait pas du ciel.» Mais Guy César ne manque pas de détermination. À travers ces petits boulots, il trouve le moyen d’entreprendre des études en électrotechnique. Cette formation l’amènera à travailler plusieurs années comme chef de groupe pour une entreprise dans le domaine de l’électrotechnique. Insatisfait des conditions de travail, il mène campagne pour introduire un syndicat dans l’entreprise. Quelle témérité de la part d’un chef de groupe chez un employeur non syndiqué. On le rétrograde à l’expédition avec une diminution de salaire de 5 000 $. Cela lui donne le temps nécessaire pour aller chercher un baccalauréat en sciences politiques.

En 1989, il perd son emploi et en profite pour compléter une formation en électromécanique. En 1991, il décide de rentrer en Haïti. En raison du coup d’État, il revient à Montréal. Il tente alors de réintégrer le métier d’enseignant et, en même temps, fait une demande d’emploi à Postes Canada, où il sera employé temporaire jusqu’en 1999.

Facteur, prof et militant à la fois

Son implication syndicale remonte à 1999. Il s’implique activement dans la bagarre des employés temporaires livrée par son syndicat, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP). Il obtiendra sa permanence en 2000.

Au détour de la conversation, Guy César raconte avec humour qu’à ses débuts comme facteur, ses amis s’étonnaient qu’un « noir » puisse travailler autant et aussi vite et allaient jusqu’à lui dire : « Quand je te regarde, ça ne se peut pas.» Il fait éclater le préjugé.

Aujourd’hui, Guy César fait encore plusieurs choses en même temps : cette fois-ci, c’est en tant que délégué de sa section locale et formateur dans le domaine de la protection des droits de la personne. Le goût de l’étude ne l’a jamais quitté.
Son verdict : l’implication dans la vie syndicale est un formidable complément à l’intégration.

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Extrait du numéro 72 du Monde ouvrier, le journal de la FTQ. On retrouve toujours quelques trucs intéressant dans ce journal. Vous pouvez downloader la version pdf en cliquant ici.

Grève à l'hôtel Georgesville

Selon Radio-Canada, les quelque 70 employés de l'hôtel Georgesville situé à Saint-Georges en Beauce sont en grève depuis la fin de journée mercredi.

Malgré une rencontre de dernière minute vendredi dernier, les parties ne sont pas parvenues à s'entendre, particulièrement sur la question salariale, au coeur du litige.

Actuellement, les employés du Georgesville gagnent en moyenne 11 $/h. Ils réclament des augmentations de 13 %.

Le 8 mai dernier, ils ont rejeté dans une proportion de 98 % les dernières offres patronales.

Baisse d'impôts : la réplique d'un blogeur...

Il y a quelque chose d'enrageant avec cette ridicule baisse d'impôt. Je regarde ça et, si je me fie aux médias, ma famille va probablement se retrouver avec quelque chose comme 150$ de plus au bout de l'année. Passez-moi l'expression, mais, où est-ce que vous voulez que j'aille chier avec 150$? C'est des peanuts. C'est enrageant considérant que le presque milliard accordé en baisse d'impôt aurait été autrement plus utile ailleurs qu'en petit change dans mes poches. Privé l'État de ressources somme toute importantes alors que depuis des années on prétexte un budget serré pour faire des coupures, ça me tue. Z'aurais pas pu le réinvestir en santé où en éducation ce presque milliard? Surtout que là, ça risque de ressembler à échanger 4 trente sous pour une piastre parce que je ne peux pas croire que les tarifs --de garderie, d'autobus, d'électricité, etc.-- ne vont pas augmenter d'autant, probablement plus. M'enfin...

Tout cela m'amène à une idée qu'un blogeur de gauche a mis de l'avant pour répliquer. Le camarade Monette --de À gauche de l'écran-- a fait la promesse solennelle de verser le fric qu'il n'a pas demandé mais qu'il va "gagner" dans tout ça à un organisme. Voici ce qu'il dit:

Un don à quel organisme, me demanderez-vous ? C'est bien là le dilemme. À cause de choix politiques malheureux, nous devons soutenir de plus en plus des organismes à but non lucratif qui prennent le relais des organismes publics. C'est un choix aberrant. Je l'écris en tout respect pour le dévouement des femmes (surtout des femmes) et des hommes qui font un travail remarquable, avec des salaires dérisoires par rapport à la qualité de leur contribution. Mais nous préférons, comme société, fermer les yeux et empocher le magot, somme toute assez maigre, que représentent les baisses d'impôt.

Les choses ne vont pas s'améliorer. (...) Ne vous inquiétez pas trop pour le don que je ferai. Au rythme où vont les choses, ce ne sont pas les causes à soutenir qui vont manquer.

Malheureusement.


Lui, il a décidé de tout donner à Centraide-Québec. [Pour ceux et celles qui ne le saurait pas, Centraide est une fondation qui finance un paquet de groupes communautaires qui luttent contre la pauvreté] En fait, si 10 personnes prennent le même engagement, il fera ça.

Bon... Ça me semble une bonne idée. La seule critique que j'apporterais est sur le choix de l'organisme. Centraide c'est bien, c'est un large éventail de groupes. Mais Centraide croule déjà sous le fric, le don du camarade Monette sera une goutte d'eau dans l'océan. De plus, ils ne financent que la lutte à la pauvreté et dans les groupes qu'ils financent, il y a du meilleur comme du pire...

Permettez-moi de prêcher pour ma paroisse. Moi, si j'étais le camarade Monette, j'opterais plutôt pour le Fonds de solidarité des groupes populaires de Québec. Pour ceux et celles qui sont à Québec, c'est une alternative intéressante. Cette fondation ne finance que la défense collective des droits. C'est à la fois plus étroit et plus large que la mission de Centraide. Plus étroit parce que ce que le Fonds finance concrètement c'est les luttes sociales de huit groupes populaires du centre-ville de Québec. Plus large parce qu'il y a des groupes du Fonds qui ne sont pas financés par Centraide parce qu'ils ne font pas de lutte à la pauvreté.

Par ailleurs, politiquement c'est plus intéressant que Centraide. En effet, il ne s'agit pas tant de ramasser les dégâts, quoi qu'il faut bien que quelqu'un le fasse, mais de lutter contre la cause des dégâts. Dans la conjoncture actuelle, il me semble qu'il est plus pertinent pour un gauchiste d'investir dans les luttes sociales que dans le caritatif.

Bon, ceci dit, Centraide c'est ben correct aussi. Ils financent aussi la défense de droit et donnent pas mal plus de fric aux groupes que le Fonds. Mais il y a aussi un symbole politique en quelque part. Et symbole pour symbole, je préfère le petit bonhomme qui se tient debout du Fonds à la main tendue de Centraide...

Pour en savoir plus sur Centraide-Québec

Pour en savoir plus sur le Fonds de solidarité des groupes populaires
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Entente de principe au Ottawa Sun

Selon Le Droit la menace d'une grève ou d'un lock-out est levée au Ottawa Sun. Le syndicat de la rédaction va en effet recommander l'acceptation de l'entente de principe intervenue avec Quebecor. Le président du comité de négociations du local 87-M du Syndicat canadien des communications de l'énergie et du papier, Robin Ludlow, explique au Droit que l'employeur est revenu à la charge avec de meilleures propositions, hier matin, améliorant l'échelon salarial. "L'entente est maintenant acceptable. Nous étions surtout préoccupés par les employés sous-payés, mais la nouvelle offre, leur permettra de rejoindre plus rapidement le même salaire que les autres membres' a-t-il dit.

Le Ottawa Sun est un peu au Toronto Sun, en Ontario, ce que le Journal de Québec est au Journal de Montréal au Québec. À la différence près que les tabloïds ontariens sont un peu plus récents que ceux du Québec -première parution à Toronto en 1971 et en 1988 à Ottawa-, et ne dominent pas, loin de là, leur marché respectif.

Conjointement et solidairement responsable de l'injustice?

L'Université de Montréal tente ces jours-ci de faire déclarer le syndicat de ses employé-es de soutien co-responsable des discriminations salariales qui persistent dans l'institution. Comme le syndicat a accepté, il y a 10 ans, une entente sur la relativité salariale, il serait partie prenante du régime établi alors, conjointement et solidairement responsable, donc.

C'est un peu spécial dans la mesure où, depuis 10 ans, le syndicat conteste la dite entente devant les tribunaux et lors des négociations successives (il y a même eu une grève là-dessus il y a quelques années). Si l'Université avait gain de cause, le syndicat devrait payer la moitié des sommes à verser pour indemniser les salariées lésées.

«C’est absurde, lance la présidente du syndicat Margaret Lapointe. L’Université de Montréal maintient depuis des années un régime discriminatoire et ce serait aux employés de payer la moitié de la facture? Il convient de rappeler qui est l’employeur et qui sont les victimes dans toute cette saga. Depuis plus d’une décennie, des femmes sont sous-payées dans cette institution. Nos membres – en majorité des femmes – n’ont pas à contribuer pour corriger l’injustice qu’elles subissent!»

Notons enfin que dans sa récente requête, l’institution cherche aussi à exclure les deux tiers des plaignantes. En fait, toutes celles qui ont signé un consentement après juin 1998 n’aurait droit à rien si l’Université était reconnue coupable. Dans ce scénario, évidemment contesté par le syndicat, le nombre de femmes indemnisées passerait de 1800 à 600 seulement. Les employé-es de soutien de l'Université de Montréal sont affilié-es au SCFP.

mercredi 23 mai 2007

Grève à la STM : les libéraux menacent déjà d'une loi spéciale

Deux jours après le début de la grève de la STM, le ministre du travail lance un ultimatum aux grévistes et aux patrons de la STM : vous avez 48h pour régler sinon... Sinon, quoi, au juste? Personne ne sait trop mais c'est clair qu'il est question de loi spéciale, même si le ministre n'a pas prononcé le mot. En me basant sur les précédents, j'avais prédit qu'en dedans de 10 jours le gouvernement sortirait une loi spéciale de son chapeau. Le gouvernement m'a pris de vitesse. 2 jours avant de brandir la menace, c'est un record. Ayayaye... Merci gouvernement minoritaire, merci Mario !

Mise-à-jour - Les journalistes se sont donné un malin plaisir à souligner que dans ce dossier les libéraux semblait à la remorque de l'ADQ (Qui dirige le Québec?, dans La Presse, et Qui mène?, dans Le Devoir).

4 lois spéciales

Selon Le Journal de Montréal, quatre lois spéciales ont été adoptées depuis 25 ans pour mettre fin à des grèves dans le transport en commun à Québec ou Montréal.

15 janvier 1982: Loi 47 concernant les services de transport à Montréal, après 13 jours de grève légale.
6 novembre 1982: Loi 84 assurant la reprise du service de transport en commun à Québec, après 15 jours de grève légale.
12 mai 1983 : Loi 16 assurant la reprise du service de transport en commun à Montréal et assujettissement du syndicat des services d'entretien à la Loi sur la mise en tutelle de certains syndicats ouvriers, après 3 jours de grève illégale.
15 décembre 2000 : Loi 183 assurant la reprise des services habituels de transport en commun à Québec, après 43 jours de grève légale.

Notons que, d'après une brochure faisant l'historique du syndicat des chauffeurs d'autobus de Québec, la menace d'une loi spéciale est systématiquement brandie à chaque négociation. Selon les auteurs de cette brochure, toute négociation dans le transport en commun est un jeu d'équilibre entre l'exercise d'un rapport de force et la menace d'une loi spéciale.

À signaler - Grève du transport: La solution de La Presse a été essayée

Lu dans l'Aut'Courriel:


Grève du transport: La solution de La Presse a été essayée

Par Marc Laviolette

(NDLR) Après seulement une journée de grève du transport en commun à Montréal, les éditorialistes et les chroniqueurs de La Presse sont déjà déchaînés. Alain Dubuc traite les employés d’entretien de «gras durs» . André Pratte invoque le déficit de 22 millions de la STM pour repousser les demandes syndicales. Et les deux rejoignent leur compère Yves Boisvert pour demander la privatisation de l’entretien des autobus.

Pour la source de revenus, on a envie de les renvoyer au palmarès des pdg paru dans la section Affaires de leur propre journal samedi dernier. On y apprend, côté «gras durs» leurs patrons font drôlement bonne figue. Paul jr et André Desmarais de Power Corporation ont touché en rémunération personnelle l’an dernier respectivement 16 et 14 millions de dollars, de quoi éponger à eux seuls amplement le déficit le déficit de la STM.

Quant à leur «solution» - la privatisation - elle a déjà été expérimentée avec des résultats désastreux, comme nous l’apprenait l’entrevue réalisée par Marc Laviolette avec Pierre St-Georges, le président du syndicat, qui est parue dans le numéro de mai de l’aut’journal. Nous reproduisons ici les extraits pertinents de cet article.

Le trio SNC-Lavalin, Kéolis, Slivia

Les syndiqués sont déterminés à relever le défi de la mise à niveau de la flotte d’autobus de la STM. «Pour y arriver, ça passe par la négociation de la réorganisation du travail», confiait à l’aut’journal, Pierre St-Georges, président du syndicat de l’entretien, CSN.

En mai 2006, le syndicat rendait public le dossier noir de la gestion privée de la firme Slivia, une entreprise privée issue de l’association de la firme SNC-Lavalin avec la firme européenne Kéolis. Pour le syndicat, les quatre ans de gestion privée de l’entretien des autobus (une forme de PPP) était un désastre.

Lors de la conférence de presse de 2006, le président Pierre St-Georges déclarait «La flotte d’autobus de la STM est dans un tel état que, si rien ne change à très court terme sur la façon dont la direction du réseau des autobus gère l’entretien, c’est une question de jours, de semaines, à la rigueur, de mois pour qu’un malheur ne survienne».

La condition actuelle des autobus était, de l’avis du syndicat, plus dégradée que lors de la crise vécue par la STCUM en 1993, alors que la condition des véhicules était dans un état pitoyable et représentait un risque pour les usagés. Aujourd’hui, lors de l’inspection des véhicules, il n’est pas rare que les travailleuses et travailleurs de l’entretien constatent des freins usés jusqu’au métal, des suspensions brisées, des carrosseries perforées côté trottoir, des problèmes de direction.

Kéolis faisait sortir des autobus non-conformes pour toucher sa prime

«Le résultat est facile à comprendre, Kéolis avait un contrat de 1,5 million par année plus 10 % du montant total du contrat de bonification si la firme augmentait l’offre de services (sorties d’autobus) selon les objectifs fixés. Pour faire son « cash », Kéolis augmenta à 1 300 autobus sortis par jour. Depuis que Kéolis a été congédié, nous sommes à 1 240 sorties d’autobus par jour.

Kéolis (trois personnes) pour toucher sa prime, mettait en circulation des autobus qui auraient dus être immobilisés parce que non-conforme aux normes Société d’assurances automobile du Québec». Le syndicat évalue que, selon ces mêmes normes, de 400 à 450 autobus devraient (aujourd’hui) être immobilisés immédiatement. Pour les syndiqués, la mise à niveau de la flotte coûtera plusieurs centaines de millions de dollars.

Pour le président du syndicat de l’entretien : «Ce n’est pas les 100 millions annoncés par le gouvernement Charest pour venir en aide au transport en commun au Québec qui vont régler le problème. Quand un service d’entretien composé de 2 200 travailleurs et travailleuses génère 480 000 heures de temps supplémentaires par année c’est qu’il y a un grave problème d’organisation du travail et de gestion».

Lors du renouvellement de la convention collective, la STM devra pour se sortir du marasme compter sur l’intelligence et la force de travail de ses salariés. C’est ce qu’a très bien compris la direction du syndicat CSN. Une telle attitude démontre bien le caractère progressiste de ce syndicat oeuvrant dans le transport en commun : s’assurer que leur travail préserve la sécurité du public et augmente l’offre de ce service public à la fois stratégique pour la population de Montréal et essentiel dans la réduction du nombre d’automobile circulant sur l’île de Montréal. «La réorganisation du travail doit être négociée avec le syndicat et nous avons des objectifs précis à atteindre à ce chapitre», concluait M. St-Georges.

Ottawa Sun, s'entendra, s'entendra pas?

Quebecor et le syndicat de la rédaction du Ottawa Sun se sont donnés jusqu'à aujourd'hui pour en arriver à une entente. Le président du comité de négociations du local 87-M du Syndicat canadien des communications de l'énergie et du papier, Robin Ludlow, a indiqué au Droit que les deux parties avaient conclu "une entente mutuelle" afin de déplacer la date butoir pour une grève ou un lock-out, initialement prévue pour minuit la nuit dernière, à minuit mercredi soir.

Selon Le Droit les principaux points de litige sont les salaires, les avantages sociaux, le régime de pension et les procédures de renvoi des employés dans l'éventualité où des mises à pied surviennent à la fin des négociations ou dans les prochaines années.

Radio-Canada précise que le syndicat réclame notamment de meilleures offres salariales et une amélioration des horaires de travail. Jeudi dernier, les syndiqués, qui négocient leur première convention collective, ont voté à 82 % en faveur du rejet de l'offre patronale. Les employés de la salle de rédaction se sont syndiqués en 2006.

mardi 22 mai 2007

Tout est question de perspective...

Tout le monde capote avec la grève de la STM... Tout le monde sauf certain-es français-es expatrié-es au Québec! Lu sur le bloque Marion à Montréal :

la grève de la STM à Montréal
la STM c'est les transports en commun, donc le métro aussi, et c'est la grève aujourd'hui. Quand on est français et qu'on entend ça, on soupire fort et on se dit "merde, ça va être lourd, on va attendre je sais pas combien de temps, tout le monde va stresser", bref, la grosse journée qui commence.

Et ben ici, c'est pas comme ça. Les métros font grève mais seulement de 1h à 6h, de 9h à 15h30, et de 18h30 à 23h. Ce qui veut dire que pendant les moments où on a besoin du métro, ils fonctionnenet parfaitement bien :) Et comme les employés ne font pas grève à 100%, ils sont payés 75% de leur salaire pendant leur grève. On verra combien de temps ça va durer, mais moi personnellement, ça me change pas beaucoup mon quotidien :)


Quand on se regarde on se désole, quand on se compare on se console? Tout est question de perspective...

Mise-à-jour : Tiens, d'autres commentaires de blogeurs français... Par ailleurs, hier je discutais avec les copains de No Pasaran qui font une conférence la semaine prochaine à Québec et ils étaient un peu surpris de la réaction des gens et des médias. Ils écoutaient les commentaires des gens à TVA et ensuite les commentaires des journalistes et ça ne concordait pas (eux trouvaient que les gens faisaient contre mauvaise fortune bon coeur). Et, 15 grèves du transport, eux, ils ont ça en max 5 ans, pas 40... M'enfin.

S'il y a grève à la STM, c'est la faute des patrons

Incroyable mais vrai, s'il y a grève aujourd'hui à la Société de transport de Montréal (STM) c'est la faute aux patrons. En effet, le syndicat a offert hier une porte de sortie ne coutant rien à la STM en échange de la levée de la menace de grève. Les patrons n'ont rien voulu savoir. Pire, ils ont demandé une concession en retour ! Le syndicat fait savoir que son offre tient toujours...

Les syndiqué-es offrent de payer eux-mêmes l'équité intergénérationnelle

La chose à laquelle les syndiqué-es tiennent le plus c'est de changer le régime de retrait afin de réparer l'injustice envers les plus jeunes qui vont devoir prendre leur retraite 5 ans plus tard que leurs aîné-es. En assemblée générale lundi, les syndiqué-es ont donné le mandat à leur exécutif de suspendre la menace de grève si un gain était fait à ce chapitre. Ils et elles ont même proposés une méchanique permettant de le faire sans que ça ne coûte rien à la STM.

Actuellement, les dispositions du régime de retraite pénalisent les moins ancien-nes par rapport à celles et ceux qui prendront leur retraite d’ici les 13 prochaines années. Cette discrimination concerne environ la moitié des travailleuses et des travailleurs de la STM. Le syndicat souhaite que tous et toutes aient accès aux mêmes conditions de prise de la retraite.

En gros, les syndiqué-es proposent de se payer eux-même l'équitée intergénérationnelle à même les sous prévus pour leur augmentation de salaire. Concrètement, réparer l'injustice du régime de retraite équivaut à environ 1% d'augmentation de salaire, les syndiqué-es proposent donc de prendre 1% de moins d'augmentation. Pour le syndicat, la proposition ne constitue pas une acceptation du cadre financier de la STM qui comprend un gel de salaire pour la première année. En fait, ce sont les employé-es eux-mêmes qui paieraient pour rétablir l’équité dans leur fonds de pension, et ce, que le règlement final soit à l’intérieur du cadre financier de la STM ou non. Selon Radio-Canada, la direction aurait accepté cette offre mais aurait demandé en plus un congé de cotisation au régime de retraite, ce qui est innacceptable pour le syndicat et revenait à refuser.

Un offre pour mettre fin à la grève

Dans un communiqué, le syndicat affirme que sa proposition, adoptée à l’unanimité par l’assemblée générale, ne mettrait pas fin aux négociations sur les autres points mais serait suffisante pour lever immédiatement la grève. Le syndicat s’explique mal que la STM ait refusé le rameau d’olivier qu’il lui tendait. Les porte-parole syndicaux sont disponibles à toute heure du jour ou de la nuit pour régler le conflit le plus rapidement possible.

Montréalais, montréalaises, si la grève vous fait chier, c'est au Maire qu'il faut vous en prendre! C'est de sa faute si vous êtes privé d'un service essentiel aujourd'hui.

MédiaMatin Québec : Quebecor va en appel

Selon Radio-Canada, Quebecor va en appel de la décision de la Cour supérieure qui permettait aux lockoutés du Journal de Québec de continuer de publier MédiaMatin Québec (leur quotidien gratuit). La Cour d'appel aurait acceptée d'entendre la demande de Quebecor parce que le juge aurait des doutes sur la question de la liberté d'expression (invoquée dans le premier jugement). La cause sera entendue le 7 septembre prochain.

Lire le reportage de Radio-Canada

Les perroquets...

On a toujours le choix de l'angle qu'on prend dans le traitement de l'information. C'est souvent indicateur du camp que l'on choisi. Plusieurs journalistes ont repris en coeur la ligne de propagande patronale concernant la grève à la STM. Combien d'articles parlent de la quinzième grève en 40 ans? On peut vraiment faire dire ce que l'on veut aux chiffres... 15 grèves en 40 ans, ça a l'air terrible. Pourquoi utiliser 40 ans? Officiellement c'est parce que ça fait 40 ans que le transport en commun municipalisé existe (avant c'était privé). Et si c'était aussi pour pouvoir tenir compte des tumultueuses années 1970 et 1980? Qui se soucie de savoir que 12 des 15 grèves mentionnées ont eu lieu il y a plus de 20 ans et que, depuis 1987, il n'y a eu que 3 grèves. "Troisième grève en 20 ans", ça aurait moins noirci le dossier du syndicat, vous ne trouvez pas?

Les grèves du transport en commun à Montréal:

1903
Février: Première grève

1967
31 jours (du 21 septembre au 21 octobre) ­ Arrêt complet du service pendant le dernier mois d'activités d'Expo 67 à cause d'une grève légale. Une Loi spéciale ordonne le retour au travail.

1974
44 jours (du 7 août au 19 septembre)­ Malgré deux injonctions, l'Entretien déclenche une grève illégale le 7 août. Le métro est paralysé mais les autobus roulent encore. À compter du 10 août, la paralysie est totale la fin de semaine.

1975
12 jours (du 20 au 31 août) ­ La grève est déclenchée pour obtenir le paiement à taux et demi des heures travaillées lors des congés fériés. Les chauffeurs obtiennent gain de cause.

1977 – 2 grèves
# 4 jours (du 4 au 7 octobre)­ Grève illégale de l'Entretien. Pas de métro, seuls les autobus sont en service. Le 6 octobre, une injonction ordonne le retour au travail. Le garage Crémazie est saccagé. Il faudra deux jours pour remettre en état.
# 17 jours (du 21 novembre au 7 décembre)
­ L'Entretien et les employés de bureau déclenchent une grève pendant les festivités de la Coupe Grey. Un conciliateur règle le problème.

1979
19 jours (du 12 au 30 octobre) ­ L'Entretien et les employés de bureau débrayent. Les salaires sont en cause. Les syndiqués veulent 100 M$ de plus. L'employeur offre 42 M$. Un conciliateur règle à 60 M$.

1982 – 4 grèves
# 6 jours (du 15 au 21 janvier)
­ Grève illégale des trois principaux syndicats en plein hiver. Une loi spéciale est promulguée le 15 janvier mais est défiée. La menace d'une 2e loi spéciale plus sévère les fait plier.
# 6 jours (du 12 au 17 juin)
­ Grève des chauffeurs et opérateurs. La Fraternité assure soit le service d'autobus, soit celui du métro. Le 13, jour du Grand Prix, aucun service.
# 5 jours (du 30 juillet au 3 août)
­ Québec met fin à la grève des chauffeurs en adoptant une série d'articles de la Loi sur les services essentiels. La grève est suspendue 14 jours.
# 2 jours (9 et 10 novembre)
­ En dépit d'une injonction, l'Entretien déclenche une grève illégale qui paralyse le service le 9 et partiellement le 10.

1983
2 jours (11 et 12 mai)
­ Grève illégale de l'Entretien qui se termine par une loi spéciale qui entraîne la mise en tutelle du syndicat.

1984
30 jours (du 18 octobre au 16 novembre)
­ La Fraternité des chauffeurs et opérateurs débraye légalement et les services essentiels sont assurés en semaine durant les heures de pointe. Une menace de loi spéciale permet de régler le conflit.

1987
27 jours (du 13 avril au 10 mai)
­ La Fraternité des chauffeurs et opérateurs déclenche une grève légale. Les services essentiels sont assurés.

2003
7 jours (du 17 au 23 novembre)
­ L'Entretien déclenche une grève légale. Les services essentiels sont assurés.

2007
? jours (à partir du 22 mai)
­ L'Entretien déclenche une grève légale. Les services essentiels sont assurés.

(Source: Journal de Montréal)

dimanche 20 mai 2007

Manifestation des salariés du cimetière Notre-Dame-des-Neiges

Quatre-vingt des 130 travailleurs syndiqués en grève du cimetière Notre-Dame-des-Neiges ont manifesté dimanche matin au centre-ville de Montréal.

Les grévistes ont profité de la grand-messe célébrant le 350e anniversaire de l’arrivée des Sulpiciens à Montréal pour faire entendre leurs revendications devant la basilique Notre-Dame.

Les syndiqués ont choisi ce lieu car la basilique, tout comme le cimetière, est administrée par la Fabrique de la paroisse Notre-Dame, dont le personnel religieux est formé de Sulpiciens.

Lire la suite...

La bonne action de la semaine...

Ils ont mauvaise réputation, très mauvaise réputation. Ce sont les cols bleus. On les accuse d'être trop payé, de pas assez travailler et même... d'avoir des gros bras!

Pourtant, ils peuvent aussi avoir le coeur gros comme ça et, la solidarité, ils connaissent ça. À Sherbrooke, une vingtaine de cols bleus sont aller donner du temps à Moisson Estrie. Au lieu de bêtement donner du fric ou de servir la popote comme le ferais un politicien, ils ont mis la main à la pâte dans ce qu'ils connaissent. Les syndiqués effectuent, entre autres, des travaux de pavage, de peinture et de remplacement de tapis. Cette initiative se fait conjointement avec la Ville qui fournit l’équipement nécessaire à la réalisation des tâches.

«Nous sommes heureux de redonner à notre communauté. Si notre temps et nos compétences peuvent aider ceux qui supportent nos concitoyens dans le besoin, ça nous fait plaisir, affirme Rénald Dubé, président du syndicat des cols bleus. Les membres du SCFP veulent contribuer à créer un milieu de vie agréable pour tout le monde. C’est ce que nous faisons en offrant des services publics, nous complétons cet engagement en offrant nos services sous une autre forme.»

Hier, les cols bleus de Sherbrooke ont mis leurs gros bras à profit. Pas sûr que ça va faire la 'une'... dommage!

samedi 19 mai 2007

Le mépris (en marge de la grève à la STM... )

À chaque conflit syndical d'ampleur, je suis frappé par le mépris pour les travailleurs et les travailleuses manuel-les qui suinte dans les médias et les forums internet. Ces gens là sont toujours trop payés pour la job qu'ils et elles font. À en croire certain-es, les ouvriers devraient s'escompter chanceux de travailler, accepter n'importe quoi et dire merci. C'est particulièrement frappant dans le cas de la grève appréhendée des employé-es d'entretien de la Société de transport de Montréal. Pourtant, il me semble que ces gens là font une job éminemment utile socialement et méritent amplement leur salaire.

Ça tombe bien, le syndicat répond à plusieurs attaques qu'on retrouve dans la presse et sur internet dans deux communiqués à paraitre. Démystification:

Des gens très qualifiés

Il y a beaucoup de mythes et d'incompréhension concernant la job exacte des gens qui s'apprêtent à faire la grève à la STM. Dans l'esprit de plusieurs, il s'agit de salariés remplaçables en claquant des doigts. Or, rien n'est plus faux. Il n'y a actuellement personne au Québec qui peut faire la job des syndiqué-es. La plupart de ces emplois exigent des qualifications pointues, au point où la STM offre des programmes complets dans les écoles afin de former sa main-d’œuvre. N’oublions pas qu’au Québec, il y a un seul endroit où on entretient et rénove des wagons de métro : c’est à la STM...

Les mécaniciens de métro et d’autobus reçoivent des formations intensives à l’interne afin d’exécuter leur travail de façon efficace. Même les mécaniciens formés pour s’occuper de véhicules lourds doivent suivre ces formations pour travailler sur les autobus. Par exemple, la mécanique des autobus à plancher bas est particulière à bien des égards. Les mécaniciens de la STM ont d’ailleurs développé une expertise unique et reconnue partout au Québec dans l’entretien de ce type de véhicule. Même chose pour le métro : en 40 ans, les employés de la STM ont acquis une expertise inégalée dans l’entretien et la réparation des voitures du métro de Montréal. Aujourd’hui, les mécaniciens fabriquent eux-mêmes les pièces de remplacement puisque plusieurs ne sont plus disponibles sur le marché.

Quant aux préposées à l’entretien, leur travail est aussi passablement différent de celui qu’ils feraient dans une entreprise privée. Ne serait-ce qu’à cause de la nature particulière des installations et des équipements qu’il faut maintenir propres, salubres et surtout parfaitement sécuritaires, elles doivent elles-aussi suivre des formations spécifiques aux besoins de la STM. Notons que dans cette catégorie d’emploi, la majorité des postes sont occupés par des femmes.

Vraiment pas des deux de piques

Le mépris des travailleurs et des travailleuses manuel-les fait que, souvent, on ne les écoute pas. À la STM, ce n'est pas différent. Pourtant, la direction gagnerait à écouter un peu plus son monde... Lorsque le premier autobus à plancher bas a atterri dans les garages de la STM, au milieu des années 90, les mécaniciens ont procédé à une minutieuse inspection de l’ensemble des composantes. Ils ont rapidement identifié environ 500 problèmes de conception. Les employé-es ont prévenu la STM de ces problèmes mais celle-ci n’en fit qu’à sa tête. La STM procéda à l’achat des autobus sans exiger de modification et l’on se rendit vite compte que les mécaniciens de la STM avaient vu juste.

Les employés ont dû se montrer créatifs pour éviter à la STM de lourdes dépenses en pièces de remplacement et en outillage. Ils ont dû créer et réparer eux-mêmes certaines pièces ne répondant pas à leurs critères afin de rendre ces autobus plus fiables. Ils ont même conçu eux-mêmes les outils particuliers nécessaires à l’entretien de ce type d’autobus qui n’existaient pas ! Aujourd’hui, ces outils sont utilisés non seulement à la STM mais aussi dans d’autres sociétés de transport qui ont recours à des autobus à plancher bas.

Un des défauts légendaires de ces autobus apparaît à l’hiver 1997. La pédale d’accélération restait collée au plancher… Le comité de santé-sécurité est saisi de la question. Il recommande à la STM d’inspecter tous les autobus. Mais la société refuse et confie le mandat à ses ingénieurs et à ceux du fabriquant de trouver une solution. Après des jours de travail, ceux-ci proposent un « plaster sur jambe de bois », comme le dénonce le syndicat à l’époque : installer un ressort sur chaque autobus qui repousserait la pédale vers le haut. À solution bancale, échec prévisible. C’est finalement un mécanicien de la STM qui prend l’initiative d’investiguer le problème. Au bout de quelques heures, il constate que le lubrifiant employé sur cette pièce est conçu pour être utilisé sur des modèles opérant dans le sud des États-Unis où on ne connaît pas la neige ni les grands froids montréalais. Le mécanicien nettoie la pièce puis l’enduit d’un lubrifiant adapté : magie ! Ça marche parfaitement. Bien entendu, cette solution coûtera à la STM bien moins cher que la pose de pièces supplémentaires. Elle aurait économisé encore beaucoup plus si elle avait soumis le problème dès le départ aux vrais experts : ses mécaniciens !

Trop payé?

Les gens, en tout cas beaucoup de ceux qui s'ouvrent la trappe sur les forums, sont scandalisé d'apprendre que les ouvriers et les employé-es d'entretien de la STM sont bien payé. Certains pensent même que la STM pourrait baisser le salaire des mécaniciens à 20$ de l'heure et que ce serait quand même facile de trouver des gens heureux d'occuper des emplois à d'aussi bonnes conditions. La vérité, pourtant, c'est la STM est limite compétitive dans les conditions qu'elle offre.

Comparaison salariale
Société de transport de MontréalSociété de transport de LavalRéseau de transport de la CapitaleGrandes entreprises privées (+ de 500 employé-es
Mécanicien25,78 $ de l'heure27,46 $ de l'heure26,09 $ de l'heure27,31 $ l’heure
Entretien20,99 de l'heure23,19 $ de l'heure21,56 $ de l'heure28,38 $ l’heure



C’est dans ce contexte que le Syndicat du transport de Montréal demande à la STM de relever les salaires afin d’entamer un certain rattrapage. Rappelons que le syndicat demande également des augmentations de 2 % par année en plus de la protection du pouvoir d’achat des salariés, sur la base de l’augmentation de l’indice des prix à la consommation, pour un contrat de trois ans. La STM, pour sa part, souhaite geler les salaires pour 2007 et offre 2 % d’augmentation pour les années suivantes, sans protection du pouvoir d’achat, pour un contrat de 5 ans. En avril 2007, les employés d’entretien de la Société de transport de Laval qui sont déjà un peu mieux payé que ceux de la STM, ont obtenu notamment des augmentations de 2,5 % par année et des bonifications à leur régime de retraite.

Pour l'instant, c'est le régime de retraite qui sauve la STM et la rend "compétitive" pour attirer des employé-es. Sauf que la STM a de la difficulté à attirer des jeunes. L’âge moyen à l’embauche augmente d’année en année. Cette situation s’explique en partie par le fait qu’au sortir de l’école, les jeunes choisiront de travailler ailleurs pour un taux horaire plus élevé. Toutefois, au milieu de leur vie active, ils pourront choisir de troquer une partie de leur salaire pour joindre la STM et bénéficier d’un bon régime de retraite.

Sauf que le régime de retraite risque de devenir de moins en moins attrayant. Actuellement, le régime de retraite des employé-es d’entretien de la STM prévoit des conditions différentes en fonction de la date de prise de la retraite. Celles et ceux qui prendront leur retraite avant 2020 pourront le faire dès qu’ils auront atteint l’un des deux critères suivants : soit 30 ans de service, soit le «facteur 80», que l’on vérifie en additionnant le nombre d’années de contribution au régime à l’âge au jour de le retraite. De plus, le régime leur versera « une prime de raccordement » qui leur permettra de maintenir leurs revenus entre le moment où ils prennent leur retraite et le moment où ils sont admissibles aux prestations des régimes publics.

Mais la STM impose des conditions différentes pour les nouveaux embauchés. Ainsi, ceux qui quitteront la société à partir de 2020, soit environ la moitié des employés actuels, pourront le faire après 35 ans de service ou le «facteur 85».. Pour les syndiqués, ce deux poids, deux mesures ne tient pas la route : ils estiment que tous devraient avoir droit aux mêmes avantages, y compris la prime de raccordement.

Conformément à la loi, le régime de retraite à prestations déterminées est capitalisé, c'est-à-dire qu’il compte dans ses coffres les montants nécessaires pour remplir ses obligations. Ainsi, l’équité réclamée par le Syndicat du transport de Montréal ne constitue pas une demande déraisonnable. D’autant plus qu’il s’agit de gens qui quitteront à partir de 2020 seulement et que le régime peut absorber cet engagement de façon progressive.

La STM facture ses erreurs aux salarié-es

Actuellement, la flotte d'autobus de la STM est dans un sale état. Collectivement, les employé-es de l'entretien doivent faire 480 000 heures de temps supplémentaire par année pour la remettre à niveau. C'est l'héritage d'un partenariat public-privé récent. Dès son arrivée en 2001, la firme Slivia décrète la fin de l’entretien préventif pour adopter des normes plus tolérantes. Avant 2001, quand une pièce avait atteint la fin de sa vie utile, on la remplaçait même si elle n’était pas brisée. De cette façon, on diminue grandement les risques de bris qui handicapent la capacité de la STM de maintenir le nombre requis d’autobus en circulation. Quatre années de l’approche « tolérance » n’auront pas permis à la STM d’économiser quoi que ce soit. Au contraire, aujourd’hui, la flotte d’autobus est dans un état pitoyable. Ne nous y trompons pas, les autobus qui circulent dans les rues sont conformes et sécuritaires, mais il y en a plus que jamais qui nécessitent des réparations et celles-ci sont plus importantes et onéreuses.

La STM semble avoir reconnu son erreur puisqu’elle revient maintenant à l’entretien préventif ainsi qu’à une gestion à l’interne du programme d’entretien. Malheureusement, il y a beaucoup de retard à rattraper.

Or, pour rattraper ce retard, la STM exige aujourd’hui de ces employé-es sans contrat de travail une révision en profondeur de l’organisation du travail. Cela lui permettrait de mettre davantage d’autobus sécuritaires en circulation pour assurer le service. Toutefois, bien que le retard pris soit entièrement imputable à ses erreurs de gestion, la STM refuse de retourner aux employés une partie des gains de productivité qu’elle obtiendrait à l’issue de cette réorganisation.

Pourquoi la grève?

Depuis 1983, les employés d’entretien de la STM n’ont eu recours à la grève qu’une seule fois, durant une semaine, en 2003. Cela ne veut pas dire que les négociations étaient faciles, mais pour le syndicat, la grève constitue un moyen ultime à utiliser de façon responsable. Cette fois-ci, la STM ne donne pas d’autres choix à ses salariés. Ceux-ci ne peuvent accepter un gel des salaires ni le maintien de dispositions inéquitables dans leur régime de retraite, ce qu’il faudra bien un jour corriger, de toute façon. Même en grève, les porte-parole syndicaux seront disponibles en permanence pour tenter de trouver un terrain d’entente avec la STM.

(Source: divers communiqués du syndicat)

N.B.: J'assume les erreurs éventuelles de cet article mais je dois avouer que je n'ai pas grand mérite dans sa rédaction; faute de temps il s'agit surtout d'un exercice de copier-coller et de mise-en-contexte (la différence avec les grands médias c'est que le bloggeur le reconnaît...).

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vendredi 18 mai 2007

Quel droit de grève?

Extrait du communiqué du Conseil des services essentiels:

"Pour assurer les services essentiels, 100 % des effectifs membres du Syndicat travailleront mais dans une proportion de 75 % du temps normalement travaillé".

Une chance que le Conseil des services essentiels "assure le maintien de services essentiels sans empêcher l'exercice du droit de grève"...

Les syndiqué-es maintiendront les services essentiels si la grève à la STM ne peut être évitée



COMMUNIQUÉ
Les syndiqué-es maintiendront les services essentiels si la grève ne peut être évitée

Le syndicat se penchera dans les prochains jours sur les moyens à mettre en œuvre afin d’assurer le respect de l’ordonnance du Conseil des services essentiels. Celui-ci exige le maintien du service d’autobus et de métro de 6 h à 9 h, 15 h 30 à 18 h30 et 11 h à 1 h du lundi au vendredi, de même que les fins de semaine de 6 h à 9 h, 14 h à 17 h et 23 h à 1 h.

D’ici au déclenchement de la grève, les négociations se poursuivent. Les représentants syndicaux sont disponibles en permanence et mettront tout en œuvre pour en arriver à une entente satisfaisante permettant d’éviter un conflit de travail. Une Assemblée syndicale spéciale aura lieu le lundi 21 mai, dès 19 heures au Buffet Riviera, 7600 boul. Henri-Bourassa Est, à Montréal. En fonction de l’issue des pourparlers qui se poursuivront au cours de la fin de semaine, cette assemblée sera l’occasion de présenter une entente de principe aux membres, s’il y en a une, ou encore de présenter l’organisation du travail nécessaire au maintien des services essentiels durant la grève.

Pour le président du syndicat, Pierre Saint-Georges, la STM doit rapidement s’ouvrir à la discussion si elle souhaite éviter un conflit : « Depuis le 4 mars, jour où les membres ont confié un mandat de grève au comité de négociation, nous n’avons cesser de réclamer de la STM qu’elle discute des aspects salariaux et du régime de retraite, nos deux priorités de négociation. Alors que l’essentiel des clauses normatives sont réglées, la STM doit cesser de faire du surplace et accepter de discuter avec nous des vrais enjeux de cette négociation. Nous souhaitons tous vivement pouvoir en arriver à un règlement négocié d’ici lundi soir, et c’est possible d’y arriver », estime-t-il.

Les syndiqué-es demandent des augmentations de 2 % par année, pour trois ans, en plus d’une formule de protection du pouvoir d’achat basée sur l’évolution de l’indice des prix à la consommation. La STM demande un gel salarial pour la première année et offre 2 % pour chacune des quatre années suivantes, sans protection du pouvoir d’achat. Quant au régime de retraite, le syndicat souhaite obtenir plus de pouvoir sur la gestion du fonds et veut mettre fin aux iniquités favorisant celles et ceux qui prendront leur retraite d’ici 2019 par rapport à ceux qui la prendront à partir de 2020.

Source: CSN

Les syndicats déçus des décisions du CRTC

«Les décisions du CRTC sur l’avenir de l’industrie télévisuelle rendues publiques hier sont extrêmement décevantes», a déclaré Jean Chabot, président du Conseil provincial du secteur des communications (CPSC-SCFP). Il s’agit même d’un cadeau empoisonné qui risque de mettre en péril l’avenir de la télévision généraliste au Québec.»

Pour le SCFP, comme pour plusieurs autres acteurs du milieu, il aurait été bien plus sage de permettre aux télévisions généralistes d’avoir accès aux redevances versées par les câblodistributeurs. «Qui va accepter de subir un matraquage publicitaire débridé sur les grandes chaînes? Les télés spécialisées pourront se montrer plus parcimonieuses, profitant déjà d’un système qui les avantage de manière flagrante», souligne Jean Chabot. De l'avis du syndicaliste, la dérèglementation du temps de pub ne peut qu'accélérer l’exil des téléspectateurs vers d’autres sources de diffusion. Le SCFP craint que le nouvel environnement règlementaire imposé par le CRTC ne «sonne le glas des télévisions généralistes au Québec».

Au Canada anglais, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier a lui aussi exprimé sa déception. «Plutôt que de donner à la population et aux radiodiffuseurs canadiens un cadre clair dans lequel les émissions d'information, les dramatiques et les bulletins de nouvelles canadiens pourraient être renforcés, le CRTC a esquivé tout le problème en reportant toute décision valable jusqu'au renouvellement des licences des radiodiffuseurs privés qui aura lieu le printemps prochain», a déclaré Peter Murdoch, vice-président - Média du SCEP.

«Il est difficile de comprendre la décision du CRTC de réglementer au cas par cas dans cet important secteur de notre économie», a indiqué M. Murdoch. «L'examen du CRTC n'était-il pas destiné à établir un cadre transparent, mis en oeuvre de façon uniforme et favorisant la population canadienne d'une manière prévisible?»