vendredi 18 mai 2007

Services essentiels : le Conseil donne raison à la STM

Le Conseil des services essentiels a finalement donné raison à la Société de transport de Montréal (STM), il y aura un service minimum la fin-de-semaine en cas de grève des employé-es d'entretien.

Service minimum en cas de grève
semainefin-de-semaine
autobus6 h15 à 9h15
15h à 18h30
23h15 à 1h15
6hà 9h
14h à 17h
23h à 1h
Métro6h30 à 9h35
14h40 à 18h15
23h à 1h
6h à 9h
14h à 17h
23h à 1h



Services essentiels?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la loi des services essentiels ne s'intéresse qu'à la question de la santé et de la sécurité publique. Le Conseil des services essentiels doit s'assurer qu'une grève des transports en commun n'aurait pas pour effet de "mettre en danger la santé ou la sécurité de la population", par exemple en causant "une congestion telle qu'elle empêcherait les véhicules de policiers, pompiers et ambulanciers de circuler". Dans le même ordre d'idées, le Conseil doit garantir "l'accessibilité aux soins et aux services de santé à la population". Alors que c'est sans doute au coeur de ce qui fait que le service de transport en commun est un "service essentiel" pour les usagers, le Conseil se contrefout des "critères d'ordre économique, ou des critères reliés au bien-être ou au confort des citoyens ou encore de l'ordre du nécessaire pour accomplir son travail ou poursuivre ses études"... Ce n'est tout simplement pas dans son mandat.

Quel droit de grève?

À cause des "services essentiels", qui s'étendent d'année en année, on peut se demander où en est le droit de grève des employé-es du transport en commun. Officiellement, le Conseil des services essentiels doit "assurer le maintien de services essentiels sans empêcher l'exercice du droit de grève", mais, dans les faits, disons que "le droit de grève" est pour le moins amoindrit. Surtout que les ordonnances de "services essentiels" ne sont que la première étape. Plus jamais un gouvernement québécois ne laissera pourrir une grève comme il l'a fait à Québec dans les années 1970. L'étape suivante, c'est la loi spéciale. Ce qui survient de 7 à 10 jours après le déclenchement de la grève.

La fenêtre ouverte pour l'exercice d'un rapport de force syndical est donc pour le moins étroite... Et on ne parle même pas de la pression de "l'opinion publique".

4 commentaires:

Pierre-Luc Daoust a dit...

Je suis personnellement assez divisé sur cette grève. Habituellement je demeure solidaire avec les gréviste. Toutefois, là on parle de transport collectif. Même si la Loi ne le reconnaît pas comme un service essentiel, aux yeux de la population c'en est un. Ça va être à peu près impossible d'avoir la faveur de la population là-dessus.

En même temps, je garde en tête que l'administration de la STM imite le gouvernement lors des dernières négociations dans la fonction publique québécoise. Pas de négociation sur ce qui concerne la rémunération. On se contente de laisser le syndicat se battre seul, devant l'absence de solidarité populaire.

Il n'y a pas à dire, cette grève va vraiment faire chier.

Nicolas a dit...

Au moins, cette fois-ci le syndicat fait un effort pour expliquer sa lutte et ses revendications. C'est déjà mieux qu'en 2003 où c'était l'omerta et la mentalité de la forteresse assiégée.

C'est sur que le syndicat part avec deux prises contre lui. Mais, en même temps, faut-il s'abstenir de lutter parce que ce n'est pas populaire?

Quels autres moyens que la traditionnelle grève s'offrent concrètement aux syndiqués?

Par ailleurs, je ne peux pas croire que tout soit nécessairement perdu. Regarde en France. Là bas le transport en commun est encore plus vital qu'à Montréal. Pourtant, c'est un secteur ultra-combatif où les grèves sont très fréquentes. Et les syndiqués réussissent quand même à garder la sympathie du public (pas toujours, évidemment). C'est sur qu'on a une cote à remonter mais ici aussi c'est possible.

Première étape: rompre l'encerclement et en parler. Ce que j'essaie modestement de faire.

Nicholas a dit...

Vivement une loi spéciale pour que ces gens retournent au travail. Ils font perdre du temps et des revenus aux moins nantis. Ces gens peu éduqués, surpayés, abusent d'un droit fondamental si bien qu'ils en minent la crédibilité.

Nicolas a dit...

T'inquiète, la loi spéciale ne devrait pas tarder. D'ici 10 jours maximum, si on se fie aux précédents... Par contre, je doute que ce soit dans l'intérêt de qui que ce soit. Chaque fois qu'un syndicat se fait planter ça a un impact négatif. Ne serait-ce que sur les conditions subjectives. Le message que ça envoit c'est qu'il n'y a rien à faire et qu'on a pas le choix d'accepter les dictats des patrons.

Qui a intérêt à une dérive autoritaire? Pourtant, c'est ce que prépare l'instransigeance patronale et le recours à la répression.