dimanche 11 février 2007

Le temps d’un véritable virage pour l’industrie porcine

Lu sur Presse toi à gauche ! :

Fermeture annoncée de l’usine d’Olymel à Vallée-Jonction
Le temps d’un véritable virage pour l’industrie porcine


Après les épidémies décimant les porcelets et la colère des milieux ruraux en raison des nuisances, voici que l’industrie porcine est acculée à l’échec financier. Que faut-il encore pour comprendre que cette forme d’industrialisation ne fonctionne pas ? L’Union paysanne croit que c’est l’occasion de réorienter ce secteur au lieu d’attendre que les fermiers et les travailleurs des abattoirs en fassent les frais.

Par Maxime Laplante
L’auteur est président de l’Union paysanne.

Les intervenants se renvoient la balle, les uns attaquant le système de mise en marché centralisateur de l’UPA, les autres les conditions de travail des employés d’Olymel, d’autres la hausse du dollar canadien. Même l’UPA, qui se prétend un syndicat, demande au gouvernement un décret pour réduire les salaires des travailleurs d’abattoir en passant par-dessus la tête de leur syndicat !

L’erreur a été de miser sur un système d’exportation, lourdement subventionné, en tentant de compétitionner avec des pays qui ont des coûts de production bien inférieurs aux nôtres. Le Brésil et l’Asie ne sont pas des pays nordiques avec des salaires élevés. Et la fuite en avant proposée par quelques économistes de l’Université Laval ne fera que retarder l’échéance du virage et augmenter la facture. En effet, réduire encore plus le nombre d’abattoirs pour ne garder que deux usines au Québec va accentuer la dépendance des fermiers ainsi que les coûts de transport, au détriment du bien-être des animaux et de l’emploi en région.

Il y a fort à parier que les « solutions » que l’industrie va bientôt concocter vont viser une nouvelle saignée dans le trésor public, selon le vieil adage : privatisation des profits et étatisation des dépenses. Il est temps de cesser les paradoxes comme de vanter la liberté d’entreprise mais dépendre des subventions de l’Etat, mais aussi de vouloir protéger nos marchés tout en faisant du dumping à l’étranger.

Nous en sommes rendus au point où les trois principales denrées agro-alimentaires exportées par le Québec sont : le porc, les boissons et les dérivés du cacao ! Ce jeu est dangereux et risqué. En plus d’avoir des coûts plus élevés qu’ailleurs, nous sommes à la merci d’un changement subit d’habitude de consommation chez nos clients. Que diront nos clients japonais le jour où ils découvriront que notre porc est nourri avec du maïs et du soja transgénique ?

Le modèle doit être revu d’urgence et le temps est venu pour un nouveau contrat social entre l’agriculture et la société. Notre agriculture doit servir à nourrir d’abord notre population tout en protégeant nos ressources. Le virage doit se prendre rapidement, sinon d’autres fermes disparaîtront au profit de grandes entreprises d’intégration et la facture des subventions va augmenter, sans compter les pertes d’emploi dans le secteur de la transformation, en dépit des promesses de l’industrie porcine de créer 15 000 emplois. Le Québec doit choisir un type de production de plus petite taille, orienté vers les marchés québécois, rémunérant correctement les fermiers.

1 commentaire:

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