mercredi 13 décembre 2006

Bread & roses bis



Peut-être vous souvenez-vous de ce film de Ken Loach traitant des luttes des employé-es de l’entretien ménager de la côte ouest des USA? Et bien, la dernière édition de l’Aut’Journal nous apprend que cette lutte se poursuit.

Le 21 novembre derniers, les 5300 employé-es d’entretien ménager de Houston (Texas) ont mis fin à une grève dure d’un mois touchant cinq géants de leur ville. Grâce à leur grève générale, les syndiqué-es ont arrachés une convention collective unique pour l’ensemble de la ville qui prévoit des hausses de salaire (les salaires vont doubler en 2 ans!), l’accès garanti à un régime d’assurance santé et l’assurance de travailler à temps plein pour ceux et celles qui le veulent.

Les conditions de travail qui ont mené à la grève étaient exécrables. Alors que la syndicalisation et les luttes ont permis aux employé-es de grandes villes comme Chicago, Los Angeles et New York de gagner plus de 10$ de l’heure, d’avoir des assurances collectives (particulièrement importantes dans un pays où il n’y a pas de système de santé public) et de travailler à temps plein, ceux et celles de Houston gagnaient à peine 20$ par jour, travaillaient souvent à temps partiel et n’avaient pas d’assurance. Bref, on abusait d’eux et elles!

C’est l’Union internationale des employés de services (le même syndicat que dans Bread & roses!) qui a changé tout ça en les syndiquant il y a un an. La campagne a culminé en une grève typique de l’UIES mobilisant toutes les techniques des mouvements de droits civiques (grève massive et coordonnée, bien sûr, mais aussi action directe non-violente, mobilisation communautaire, information massive, utilisation des réseaux religieux et des leaders d’opinion, etc.).

La grève, qui a polarisé la ville, s’est heurtée à une répression inouïe. Ainsi, pour avoir bloqué une rue par un sit-in (et accessoirement avoir été victime de brutalité policière), 44 grévistes se sont fait arrêtés et imposer des cautions de 888 888 $ chacun-e (pour un total de 39,1 millions $ !). Évidemment, les syndiqué-es n’ont eu d’autre choix que de rester en prison jusqu’à leur procès.

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Au Québec aussi l’UIES développe des stratégies innovatrices dans l’entretien ménager. À Québec et dans la métropole le syndicat a usé d’une disposition législative rare pour étendre par décret sa convention collective minimale à l’ensemble de l’industrie, garantissant des normes minimales spécifiques à l’industrie. Voilà une forme de syndicalisme qui améliore les conditions de tous et non seulement des syndiqués (ce qui est rare).

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Source : L’Aut’Journal no 255, p 15, sous la plûme de Paul Marchand.

L’Aut’Journal est l’une des rares publications québécoises à couvrir le syndicalisme américain. Ceux et celles que le sujet intéresse (et qui lisent l’anglais) peuvent consulter l’excellent journal Labor Notes.

Site web du syndicat.

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