Aucun message portant le libellé action directe. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé action directe. Afficher tous les messages

mardi 3 juillet 2007

Cinq ans déjà - Le squat du 920, de la Chevrotière

Le 17 mai 2002 débutait l’occupation prolongée d’un immeuble vacant de l’îlot Berthelot sis au 920, de la Chevrotière. Pendant quatre mois, des squatters allaient vivre au rythme d’une intense lutte collective qui a encore des échos dans le quartier. Nous pouvons affirmer que «le squat du 920, de la Chevrotière» a ouvert la voie au projet de la coopérative l’Escalier sur le point de se conclure.

D’occupation à squat

Au plus fort de la pénurie de logements, en mai 2002, le FRAPRU propose une semaine nationale d’occupations prolongées de terrains et de bâtiments vacants. Pour répondre à l’appel, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste organise l’occupation du 920, de la Chevrotière.

Pendant des mois, les militants-es préparent leur action. Le jour choisi, plus de 300 manifestants-es sont au rendez-vous. Forts-es de l’expérience tactique du Sommet des Amériques, les militants-es parviennent sans trop de mal à déjouer la police et à occuper un immeuble vacant, propriété de la Ville. Tout avait été prévu, sauf un léger détail: la durée de l’occupation. Mobilisés-es pour une occupation un peu plus longue qu’à l’habitude (quelques jours), les militants-es sont finalement restés-es quatre mois. C’est tout naturellement que les occupants-es, toujours entre 10 et 30 personnes à la fois, se sont peu à peu approprié le contenu et la forme de l’action et l’ont d’abord transformée en occupation «ouverte», puis en squat politique autogéré.

Une foule d’activités culturelles, sociales, politiques ou tout simplement festives ont émergé du squat. Fêtes de rue, activités de quartier, projections vidéo, conférences, performances, spectacles, manifs et actions militantes. D’ailleurs, la librairie sociale autogérée La Page Noire, qui a maintenant pignon sur rue dans Limoilou, est née dans le demi-sous-sol du squat. La créativité foisonnait. La vie en ébullition, quoi!

Plus large que le logement

À l’origine, l’occupation était centrée sur la question du logement. Le but était essentiellement de revendiquer du logement social et de freiner la prolifération de condos. Par contre, ce ne serait pas faire justice aux squatters que de réduire leur lutte à cette seule question. Leurs revendications allaient beaucoup plus loin. C’est toute la question de l’autogestion et de la démocratie sociale qui était au cœur de la lutte et des pratiques des squatters. La question du logement a évolué vers une question de fond posée par les squatters concernant la façon d’investir et de se réapproprier le quartier dans un contexte de lutte contre la gentrification.

Dès le départ, les occupants-es élargissaient les perspectives en revendiquant, et en obtenant, un moratoire sur la conversion de logements en condos, moratoire encore en vigueur aujourd’hui. L’évolution est aussi apparue dans d’autres revendications. Au départ, les occupants-es voulaient que le squat soit transformé en coopérative d’habitation traditionnelle, alors qu’à la fin, les activistes revendiquaient un OSBL d’habitation incluant «des espaces ludiques, de la verdure, des locaux à usage communautaire, des logements-dépannage et d’autres ressources répondant à des besoins énumérés dans un projet élaboré par les occupants-es avec les résidants-es du quartier». En un mot comme en cent, les squatters voulaient changer la vie.

La fin

Les squatters ont été perçus-es comme l’est un chien dans un jeu de quilles par certaines élites communautaires et politiques habituées de faire copain-copain. Ainsi, Christian Simard, à l’époque D.G. de la Fédération des coopératives d’habitation, a utilisé le rapport de force créé par les squatters pour négocier, sans leur en parler, un compromis impliquant un projet mixte de coops et de condos de luxe. Quand il a eu ce qu’il voulait, il a organisé une conférence de presse (ah! le traître!) pour dénoncer les occupants-es, qualifiant leur action de «nuisible à la cause du logement social». Il faut dire aussi que le squat avait donné des idées à de «vrais-es» sans-abri qui se sont installés-es dans l’immeuble d’en face (le 921), causant un sentiment d’insécurité chez les locataires des alentours. La Ville avait maintenant «son prétexte» et l’expulsion policière a suivi de peu. Le 20 septembre, le squat avait vécu.

Le souvenir de cette occupation était tellement vif à la mémoire de la Ville qu’un an plus tard, apprenant que le Comité populaire organisait une nouvelle manifestation pour souligner l’anniversaire du squat, elle a fait percer les bâtiments pour les rendre inhabitables. Quelques semaines plus tard, elle les fera les démolir! Cela ne fut pas suffisant pour sauver le projet de condos de luxe de Cazo, sur lequel a plané le spectre des occupants-es jusqu’à son abandon définitif… et la relance de la lutte par le Comité populaire avec le projet de coopérative l’Escalier. Le squat aura finalement survécu.

Photos: Neonyme (voir sa page Hommage au 920 de la Chevrotière)

(Texte publié à l'origine dans le dernier numéro de l'Infobourg, un journal de quartier de Québec)

dimanche 13 mai 2007

Action de solidarité avec les précaires de Bell

COMMUNIQUÉ

Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Bell - Montréal 18 mai 2007

Le Réseau de Solidarité des Travailleurs-Travailleuses (RSTT) appelle à une action perturbatrice en solidarité avec les travailleuses et travailleurs précaires de Bell.



Cortège du RSTT le 1er mai dernier à Montréal (photo: cmaq)

Le 1er mai dernier, 67 jeunes employé-e-s de Bell travaillant à l’édifice situé à la Tour Jean-Talon ont appris que leur emploi était transféré en Inde à la fin du mois. Il leur reste moins que 2 semaines de travail.

160 autres permanent-e-s à temps partiel, verront leurs heures de travail passer de 35 à 15 heures par semaine dès janvier 2008. Ils et elles ont exprimé leur colère envers leur patron en tenant une manifestation devant leur lieu de travail le lendemain.

Cette même journée, 300 travailleur-se-s membres de l'Association canadienne des employés en télécommunications (ACET) et du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ) bloquaient ensemble la rue De la Gauchetière à la hauteur du bureau du président et chef de la direction de BCE et Bell Canada, Michel Sabia. Cette seconde action prévue depuis un mois, était pour dénoncer les coupures au niveau des avantages sociaux des futur-e-s retraité-e-s. Dès 2012, les employés partant à la retraite n’auront droit qu’à une version allégée des avantages sociaux normalement offerts aux retraités et à compter de 2016, l'ensemble des avantages sociaux des retraité-e-s seront abolis. Une seconde action pour grossir les rangs des syndiqué-e-s est prévue lors de l'assemblée annuelle des actionnaires le 6 juin prochain.

La recherche de profit sans équivoque pousse l’employeur à viser une main d’œuvre au plus bas prix possible, enfonçant inévitablement les travailleur-se-s de Bell dans la précarité. Notre nombre et notre solidarité doit se mettre en œuvre afin de résister ensemble contre les patrons par l’action directe!

ACTION PERTURBATRICE EN APPUI AUX TRAVAILLEUR-SE-S DE BELL
Mouvement social combatif, démocratique et solidaire !


Rendez-vous
Vendredi 18 Mai à 17h00
Carré Phillips, Rues St-Catherine et Union
Métro McGill

==
Pour un syndicalisme de combat!

Le Réseau de Solidarité des Travailleurs-Travailleuses (RSTT)
Infos: 514-830-0066
rst.wsn(a)gmail.com

lundi 2 avril 2007

Action directe en Ontario



Dans une impressionnante démonstration de force, la section locale 303 des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) a occupé pendant deux jours une usine de Toronto afin d'empêcher son démantellement et maintenir son rapport de force.

L'histoire débute vendredi soir quand la direction de l'usine de Scarborough du fabricant de pièces automobiles Collins & Aikman entre en douce dans l'usine et commence à démonter l'équipement et à s'emparer des moules qui servent à produire les pièces de plastique produites par l'usine. Ce qu'il faut savoir c'est que la compagnie a déclaré faillite aux États-Unis et qu'elle doit fermer son usine de la région de Toronto cet été. Pour le syndicat, il est clair que les machines constituent la pièce maitresse de leur rapport de force pour obtenir des indemnités de fermeture. Les membres ont donc rappliqués en quatrième vitesse et ont occupés l'usine pour empêcher le démentellement des machines.

Entre temps, la direction des TCA a négocié une entente avec DaimlerChrysler qui s'engage à payer le tiers des indemnités si jamais le sous-traitant fait faux bond (une somme de 1,8M$). Le syndicat annonce qu'il fera pression sur GM et sur Ford afin qu'ils imitent DaimlerChrysler. Suite à cette entente, l'occupation a été levée et le travail a repris lundi.

Brian Stevens, représentant national des membres de la section locale 303 des TCA, a déclaré dans un communiqué : "Bien que cette lutte pour la justice ait commencé tout doucement vendredi soir, le succès de notre riposte est attribuable à la solidarité manifestée par nos membres à l'installation de Scarborough, laquelle s'est rapidement étendue aux usines Collins & Aikman de Guelph et d'Ingersoll. Ces membres des TCA ont démontré leur solidarité, forçant DaimlerChrysler à accepter d'agir comme garant pour le versement des indemnités auxquelles les travailleurs de Scarborough ont pleinement droit. Le fait d'attirer maintenant l'attention sur GM et sur Ford devrait permettre de régler complètement les revendications de nos membres."

Les TCA revendiquent une politique claire en matière d'indemnisation des travailleurs licenciés à la suite d'une fermeture d'usine. "Le secteur manufacturier est en crise et personne n'écoute. Nous avons besoin d'une stratégie globale pour empêcher la fermeture de nos usines de pièces automobiles et préserver les emplois des travailleurs," a déclaré Bob Chernecki, adjoint au président des TCA.

Comme disent les américains: Direct Action Get's The Good's