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jeudi 15 novembre 2007

Un conciliateur pour la STM

Lu dans Le Devoir ce matin:

Les discussions reprendront dès mardi entre le syndicat des chauffeurs d'autobus et opérateurs de métro et la direction de la Société de transport de Montréal (STM).

Hier, au lendemain de l'obtention par le syndicat d'un fort mandat de grève, le ministre du Travail a nommé un conciliateur pour favoriser le déblocage du dossier. C'est donc Robert Dupuis qui sera chargé de rapprocher deux parties qui n'arrivent pas à s'entendre sur le cadre financier de la prochaine convention collective. Des séances de travail sont déjà prévues pour mardi, mercredi et jeudi prochains. Tant la STM que le syndicat se disent ouverts à la discussion mais restent campés sur leurs positions. Le syndicat n'a toutefois pas l'intention d'utiliser à court terme le mandat de grève accordé mardi par les employés. Le Conseil des services essentiels devrait par ailleurs décider aujourd'hui si les moyens de pression actuellement exercés par le syndicat nuisent à la santé ou à la sécurité du public. Le Conseil a entendu les deux parties toute la journée hier.

mardi 13 novembre 2007

Près de 50 000 étudiantEs en grève cette semaine

Demain matin, 42 755 étudiantEs membres de 25 associations étudiantes seront en grève. Le lendemain, journée de manifestation nationale organisée par l'Association de solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), le nombre de grévistes montera à 48 170 (32 associations). Depuis le début de la semaine, le nombre d'institutions concernés a augmenté (6 universités et 6 collèges). Ce n'est certes pas une grève générale illimitée mais si la ministre de l'éducation voulait réitérer sa déclaration du 23 octobre dernier --«le peu de résistance affichée par les étudiantEs à la suite de l'annonce du dégel démontre que la société québécoise accepte une hausse raisonnable des droits de scolarité»-- elle aurait l'air folle.

97 % des chauffeurs de la STM votent pour la grève générale illimitée

Le comité de négociation du Syndicat des chauffeurs, opérateurs de métro et employés des services connexes de la STM a obtenu le mandat fort qu'il cherchait. Les membres du syndicat ont en effet voté à 97% en faveur d'une grève générale illimitée à déclencher au moment jugé opportun.

Le but de l'opération est de faire revenir l'employeur à la table de négociation. «Ça fait un an que nous discutons, il est temps que ça débloque!» s'exclame Claude Benoit, président du syndicat affilié au SCFP. «Nous sommes sérieux, nous sommes prêts à augmenter la pression, mais notre objectif n'est pas de faire la grève, précise-t-il, notre objectif c'est de signer une bonne convention collective qui va protéger le pouvoir d'achat de nos membres et de leurs familles.»

Notons que les chauffeurs d'autobus et les opérateurs de métro de Montréal n'ont pas exercé leur droit de grève depuis 20 ans. Leur contrat de travail est échu depuis le 7 janvier dernier. Espérons qu'ils obtiendront plus de résultats que les syndiqués de l'entretien.

La police vide l'UQAM occupée

Pour la deuxième fois en moins de 24h, la police est intervenue à l'UQAM en grève. Cette fois, l'intervention répressive eu lieu durant la nuit. Selon un communiqué des grévistes, la police a vidé une occupation modeste de l'Université.

«L’occupation qui a commencé à 22h ne concernait qu’un espace modeste de l’université et les étudiant-es impliqués allait laisser libre cours à la circulation pendant le jour. De plus, cette occupation ne nuisait en rien aux activités centrales de l’université. Les activités qui s’y sont tenus n’ont pas compris de casse ou de geste qui mettraient en péril la sécurité des personnes présentes à l’UQAM. Pourtant, l’occupation a été écrasée dans une répression démesurée.» écrivent des grévistes sur le site UQAM en grève.

Selon les grévistes, «cette obsession déplorable de l’UQAM qui fait intervenir les forces policières sous n’importe quel prétexte démontre à la fois son incapacité à négocier de façon sérieuse et la confusion qui règne dans ses rangs». En tout, une vingtaine d'auto-patrouille ont été mobilisées pour casser le mouvement de grève uqamien.

(Photo tiré du site de l'AFESH... on y voit des «hommes en bleu» escorter Claude Corbo, ex et peut-être futur recteur de l'UQAM)

Du droit de grève dans les cégeps...

Selon Le Devoir de ce matin, le Conseil de trésor n'est pas d'accord avec l'interpétration répressive que font certaines administrations de cégep de la loi 43. Une porte-parole du Conseil du Trésor, Catherine Poulin, a clarifié au journaliste du Devoir la question en fin de journée. «La loi 43 est une loi de relations de travail», dit-elle. Si un professeur décide de ne pas donner de cours, dans un geste de solidarité avec les étudiants, il serait passible de sanctions en vertu de la loi. Par contre, la direction d'un collège ne saurait être tenue responsable pour la fermeture d'un campus sous la pression des étudiants en grève. «Si ce n'est pas un problème de relations de travail, la loi 43 ne peut pas s'appliquer», dit Mme Poulin. «Si des étudiants bloquent un cégep, [la direction] ne sera pas poursuivie en vertu de la loi 43», ajoute-t-elle.

Il ne faut pas nécessairement en conclure que les associations étudiantes collégiales ont «le droit de grève», simplement qu'elles ne seront pas soumise à la rigueur de la loi 43. Il faut savoir que leur représentativité et leur capacité d'action est régulièrement testée par les administrations, surtout dans le cas des associations les plus combatives. De fait, le «droit de grève» des étudiantEs n'est pas reconnu légalement. Ce qui est reconnu c'est la représentativité des associations et leur droit de parler au nom des étudiantEs. Rien n'oblige les administrations à respecter un vote d'AG, sinon le rapport de force des associations.

Historiquement, l'exercise de la grève étudiante s'est déroulée de trois façons. Soit la représentativité de l'association et son «droit de grève» est reconnu et l'administration autorise une levée de cours. Ça, c'est quand ça va bien. Soit il n'est pas vraiment reconnu et l'association doit l'imposer. Deux options sont alors possibles. L'association doit tenir une ligne de piquetage devant le collège et alors soit l'administration constate la perturbation et renvoit ses employés (elle ne peut pas les forcer à entrer si leur sécurité est en jeu), provoquant de ce fait une levée de cours, soit elle appelle la police pour disperser la ligne de piquetage (ce qui est excessivement rare, même si c'est ce qui se passe en ce moment à l'UQAM). Dans tous les cas, c'est le rapport de force qui est déterminant.

lundi 12 novembre 2007

Penser l'éducation

Des lecteurs m'ont envoyé l'opinion suivante:

Penser l'éducation

Collectif étudiant

Nous, étudiants, croyons nécessaire d'alerter la communauté et le public sur l'asphyxie de notre système universitaire, mais aussi, et surtout, sur la tranquille mort de l'Université comme moteur social.

En 2005, nous sommes descendus dans la rue, scandant un chiffre, réclamant une somme d'argent. Pourtant, le débat était parti de l'idée plus large de la hausse des frais de scolarité et de l'accessibilité à l'éducation. Puis, tranquillement, nous avons emprunté le langage de la gestion. Nous sommes passés de penseurs à gestionnaires.

Nous avions cru que la situation des universités était catastrophique pour des raisons monétaires, pour des raisons de budget. Cette situation ne nous échappe pas davantage aujourd'hui qu'alors, mais nous n'oublierons pas cette fois-ci que ces raisons sont les conséquences du manque de positionnement philosophique de nos dirigeants face à ce que devrait être une université. L'Université ne doit pas être gérée, elle doit être pensée.

Aujourd'hui, nous sommes à nouveau en grève et nous appelons à l'urgence de reconsidérer la fonction que l'on attribue à l'université. Le rôle de l'Université n'est pas limité à former des professionnels ou à assurer un meilleur revenu à ceux qui la fréquentent. L'éducation, c'est la transmission du savoir, de la curiosité intellectuelle et du désir de mieux comprendre le monde qui nous entoure. La dévalorisation de la réflexion et du savoir au profit d'une vision gestionnaire et d'une culture de la performance est la négation des principes qui ont assuré la pérénité de l'Université depuis sa création au Moyen-Âge.

Dans les années 1960, au Québec, la création de l'UQAM marquait l'aboutissement d'une grève étudiante qui réclamait l'accessibilité globale au savoir. En cela, elle greffait à la fonction ancienne de l'Université des idées modernes de démocratie. On pourrait prétendre que la création de l'UQAM fut un grand moment de l'histoire québécoise, mais ce dont nous sommes certains, c'est que son déclin actuel révèle au grand jour la crise de la pensée qui infecte et contagie notre classe dirigeante.

Augmentation des frais administratifs dits afférents, avec diminution en qualité et en quantité des services aux étudiants; intention de surcharger des classes déjà pleines parce que chaque nouvel élève est un revenu supplémentaire; fermeture des laboratoires la fin de semaine par souci d'économie: chaque remède appliqué à la crise financière ne fait que masquer la crise philosophique qui la sous-tend, et la nourrit.

Ainsi nous retournons en grève. Nous le faisons pour que nos dirigeants qui se disent concernés par l'éducation assument ce qui leur tient à coeur; pour qu'ils entament une réflexion profonde sur les liens que le savoir et la culture entretiennent avec l'épanouissement d'une société, la nôtre, celle qu'on laissera en héritage. Nous sommes convaincus que ces liens sont forts et inextricables. Il appartient à tous de ne jamais l'oublier.

Signataires:
Philippe Blouin
Dominique Charron
Mathieu Charlebois
Guillaume Martel LaSalle
André Perron
Olivier Savary
Fannie St-Cyr

Vote de grève à la STM

Le SCFP nous informe que les membres du Syndicat des chauffeurs, opérateurs de métro et employés des services connexes au transport de la STM se réuniront à deux reprises demain (10 h 00 et 19 h 30), au Palais des congrès, pour se prononcer sur un vote de grève. S'il est adopté, ce mandat de débrayage général illimité sera exercé au moment jugé opportun. Les résultats du vote seront connus en soirée. Le syndicat représente 3750 employés de la STM. Leur convention collective est échue depuis le 7 janvier dernier. Une trentaine de rencontres de négociation ont déjà eu lieu depuis novembre 2006. Les pourparlers achoppent principalement sur les enjeux monétaires.

L'UQAM en grève



Les grévistes de l'UQAM viennent d'ouvrir un site web. Cliquez ici pour tout savoir...

vendredi 9 novembre 2007

L'UQAM en grève

Selon Le Devoir de ce matin 20 000 étudiantEs de l'Université du Québec à Montréal seront en grève la semaine prochaine pour sauver leur université. C'est pas banal!

D'autres étudiants en grève

L'Association des étudiants du secteur des sciences de l'Université du Québec à Montréal entrera à son tour dans le bal de la grève uqamienne qui battra son plein la semaine prochaine.

Cela porte le nombre d'étudiants qui seront en grève lundi à environ 20 000. En assemblée générale hier, les étudiants en sciences ont voté en faveur d'un mandat de grève d'une semaine. Contrairement à la plupart des autres associations facultaires de l'UQAM, les étudiants en sciences ont toutefois précisé qu'il n'était pas question de reconduire la grève au-delà de la semaine du 12 au 16 novembre. Les étudiants de l'UQAM protestent contre la mise en oeuvre du plan de redressement de l'institution et réclament que Québec renfloue les coffres de l'université. Ils s'opposent également à la hausses des droits de scolarité et demandent l'augmentation générale du financement des universités.


En complément d'information la situation de la grève à l'UQAM est la suivante:
  • 5400 étudiantEs de science-humaine sont en grève générale illimité (AG de reconduction le 19 novembre)
  • 4045 étudiantEs d'arts et lettres et 3720 étudiantEs de langues et communications sont en grève reconductible
  • 2260 étudiantEs de science politique et droit et 3200 étudiantEs de science en grève du 12 au 16 novembre


Par ailleurs, le «Plan B» de l'ASSÉ --qui consiste en une mobilisation avec journées de grève la semaine prochaine-- est en bonne voie de réalisation. Selon le décompte du syndicat étudiant plus de 30 000 étudiantEs membres de 19 associations étudiantes dans 7 établissements (4 universités et 3 cégeps) seront en grève pour la manifestation nationale du 15 novembre.

mercredi 7 novembre 2007

Télé-université - Les tuteurs et tutrices pourraient déclencher la grève bientôt

Selon un communiqué de la FNEEQ-CSN, les tuteurs et tutrices en formation à distance de la Télé-université ont décidé lundi soir, en assemblée générale et à scrutin secret, de donner à leur comité de négociation le mandat de déclencher la grève générale illimitée au moment qu'il le jugera opportun. Réunis simultanément à Québec et à Montréal, c'est à 97,4 % que les membres présents ont approuvé la recommandation de leur comité exécutif. Pour la seule année académique 2006-2007, les quelque 140 tuteurs de la Téluq ont encadré près de 30 000 étudiants.

"Il y a maintenant 18 mois que nous avons déposé nos demandes syndicales. Les moyens de pression légers que nous avons utilisés jusqu'à présent n'ont pas persuadé nos vis-à-vis de la Téluq du sérieux de notre détermination. La décision de notre assemblée générale y parviendra peut-être", indique Sylvie Pelletier, présidente du syndicat.

Une grève étudiante... locale?

Ça n'arrive pas souvent mais un groupe d'étudiantEs a décidé de se mettre en grève générale illimitée pour des enjeux strictement locaux. En effet, les membres de l’Association Facultaire Étudiante des Sciences Humaines de l'UQAM sont en grève générale depuis hier matin. Ils et elles en ont contre le plan de redressement auquel doit se soumettre l'UQAM.

Les grévistes revendiquent que le gouvernement résorbe la totalité du déficit de l’UQAM et que les hausses de frais de l'automne soit annulés. La grève sera reconduite, ou non, le 19 novembre.

Plus d'infos

La grève se situe dans un plan plus large des associations de l'UQAM qui se concertent pour tenir une semaine de grève. L'association de science politique et droit à déjà un mandat de grève en poche. Les autres associations ont des assemblées de prévue dans le courant de la semaine.

mercredi 24 octobre 2007

Lock-out à Stoneham

Lu dans le Média Matin Québec:

Lock-out à Stoneham

Par JEAN-FRANCOIS RACINE

Rien ne va plus dans les négociations à Stoneham, où la direction de la station de ski a décrété le premier lock-out en 41 ans d’histoire, hier.

Le conflit de travail touche les employés des opérations montagnes seulement. Actuellement, 18 employés affiliés à la CSN sont concernés par cette impasse, mais ce nombre atteindra 174 travailleurs avec les rappels saisonniers prévus normalement au cours des prochaines semaines. Au total, 500 personnes sont à l’emploi de la station. Malgré tout, la partie patronale affirme que tout est mis en œuvre pour sauver la saison de ski 2007-2008. À la suite des rencontres de la semaine dernière, l’employeur considère que les demandes importantes du syndicat ne permettent pas d’arriver à un règlement à court terme.

Selon Yves Juneau, directeur régional des ventes et marketing, la station ne peut pas prendre le risque d’arriver au début de la saison sans contrat de travail et cette décision a été prise «pour éviter une situation de conflit».

«Nous sommes rendus le 23 octobre sans qu’il y ait pourtant le moindre indice de règlement. L’inquiétude grandissait à l’approche de la saison. Il aurait fallu que chacune des deux parties mette de l’eau dans son vin. À un mois et quelques jours du début de saison, on piétinait.» On a rencontré les employés concernés à 16 h 30, hier.

La conseillère syndicale a exprimé son étonnement et sa déception face à cette décision «surprenante». «On veut négocier. Tout ce qui est monétaire n’est pas très avancé et on sent qu’il n’y a pas beaucoup de marge de manoeuvre», a ajouté France Côté, de la Fédération du commerce CSN. Aucun vote de grève n’avait été pris jusqu’à maintenant par les syndiqués.

Remboursement

Les clients qui avaient acheté leur abonnement ont été prévenus de la tenue des négociations. Ils ont été avisés qu’un compte bancaire a été «ouvert» pour y déposer l’argent des abonnements. Ils seraient remboursés si le conflit devait s’éterniser. Le début de la saison de ski est prévu le 1er décembre.

Les négociations en vue de la signature de leur première convention collective avec l’employeur Resort of Canadian Rockies avaient débuté en avril dernier. Le groupe avait auparavant obtenu son accréditation syndicale en mars.

Les salariés travaillant au service Opération montagne occupent des emplois variés: enneigement mécanique, entretien des pistes, mécaniciens, machinistes, patrouilleurs, agents de sécurité, etc.

Resort of Canadian Rockies possède au Québec les stations de ski de Stoneham et du Mont-Sainte-Anne, ainsi que le club de golf Grand Vallon et le terrain de camping du Mont-Sainte-Anne.


Mise-à-jour - Le Soleil amène des précisions.

jeudi 27 septembre 2007

Écho du mouvement étudiant - un premier mandat de grève

C'est lors d'une assemblée massive --près de 700 participant-es-- que la première association étudiante québécoise s'est voté un mandat de grève générale illimitée. En effet, les membres de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM (AFESH-UQAM) ont adopté à 62 % un mandat de grève générale illimitée aujourd'hui.

Plus précisément, le mandat sera effectif «lorsqu’une assemblée générale de déclenchement de grève constatera au moins 7 associations représentant 25 000 membres se soient dotées d’un même mandat sur la base des conditions d’entrée dans la coalition de l’ASSÉ». Toutefois, l'assemblée à décidé que les stages et les cours préparatoires aux stages ne seront pas perturbés par la grève générale illimitée.

Selon un décompte de l'ASSÉ, au moins 15 associations étudiantes ont des assemblées de grève à l'agenda d'ici à la fin octobre. Les associations étudiantes proviennent également des secteurs universitaires et collégiaux. Du côté des universités ont parle de (presque?) toutes les facultés de l'UQAM, des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke, des sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouai et d'anthropologie de l'Université Laval (qui vient juste d'adhérer, à 88%!, à l'ASSÉ). Du côté collégial, on parle de 7 cégeps dans quatre villes (Montréal, Matane, Drumondville, Sherbrooke). Normalement, d'autres associations --membres ou non de l'ASSÉ-- devraient également consulter leurs membres.

Pour suivre le déroulement des événements au jour le jour: le site de l'ASSÉ.

Fin de la grève chez GM

Lu dans Le Devoir:

Detroit -- Le constructeur automobile General Motors et le syndicat UAW sont parvenus hier à un accord mettant fin à la grève qui paralysait depuis deux jours 80 usines du géant américain mais que ni l'un ni l'autre n'avait intérêt à voir s'éterniser. (...)
L'UAW s'est également déclaré content du résultat atteint. «Nous sommes très satisfaits de cet accord. Je crois que cette grève a aidé notre camp», a affirmé son président Ron Gettelfinger lors d'une conférence de presse. (...)
M. Gettelfinger a souligné que la direction du groupe s'était engagée à maintenir constants les effectifs des unités américaines -- saignés à blanc par une succession de restructurations -- pendant la durée du nouvel accord de quatre ans. C'était le point précis mis en avant par le syndicat pour appeler à la grève.(...)

Lire l'article au complet

lundi 24 septembre 2007

États-Unis: Grève nationale dans l'automobile

ALERTE DE LABOURSTART

24 septembre 2007

Par MICHELINE MAYNARD et NICK BUNKLEY
(traduction rapide: Sur les lignes)

DETROIT, 24 septembre - Les membres du Syndicat uni de l'automobile (UAW) ont quittés le travail aujourd'hui dans les usines de General Motors à travers les États-unis parce que les dirigeants de la compagnie et les leaders syndicaux ne sont pas parvenu à un accord de principe après des négociations tumultueuses.

C'est la première grève nationale du union contre G.M. depuis 1970. Cette grève avait duré deux mois. La dernière fois que les UAW ont fait grève contre GM, c'était en 1998, à deux usines de Flint, au Michigan, dans une grève qui avait duré sept semaines.

Le président du syndicat, Ron Gettelfinger, a déclaré que le syndicat retournerait à la table de négociation aujourd'hui. «Ce n'est pas ce que nous avons voulu,» a-t-il, «Personne ne gagne dans une grève».

Les deux côtés ont apparemment frappé un noeud sur la demande syndicale de protection des emplois syndiqués à G.M.. Le membership du syndicat n'est plus que le cinquième de ce qu'il était en 1990. G.M., en retour, avait poussé pour la création d'un trust qui assumerait la responsabilité des 55 milliards $ que coûtent les assurances de santé des ouvriers, des retraités et leurs familles.

Bien que les deux côtés se soient ententu la semaine dernière sur le cadre du trust, ils ne pouvaient conclure un accord sans aborder d'autres questions de la convention, qui à leur tour détermineraient combien l'argent G.M. pourrait investir dans le trust.

Les ouvriers ont quittés le travail à 11 heures du matin, heure de l'Est, après que la date limite de l'ultimatum syndical, dimanche, n'aient passé sans conclusion d'entente.

G.M., dans une déclaration, a dit être déçue de la décision syndicale de faire grève.

«La négociation implique des questions complexes et difficiles qui affectent la sécurité d'emploi de notre main-d'oeuvre aux États-Unis et la viabilité à long terme de la compagnie,» a dit Tom Wickham, un porte-parole de G.M.. Il a dit que des officiers de la compagnie «continuerait de concentrer leurs efforts pour conclure un accord aussitôt que possible».

À une conférence de presse peu de temps après midi, M. Gettelfinger a dit que le syndicat était «très inquiet» des perspectives à long terme de G.M., qui a été doublé cette année par Toyota qui est devenu le plus grand manufacturier automobile du monde.

«Nous avons fait beaucoup de choses pour aider cette compagnie», a-t-il dit, «mais écoutez, vient un moment où vous devez mettre des limites».

Il a dit que le syndicat avait discuté de la possibilité d'envoyer différents syndicats locaux en grève, mais il a été décidé qu'une grève nationale donnerait «l'occasion la plus rapide» de régler les problèmes.

M. Gettelfinger a dit que la sécurité d'emploi étaient l'une des questions majeures auxquelles font face les négociateurs. Il a dit que la grève n'est pas liée à la volontée de G.M. de mettre sur pied un trust de santé, appelée une Association volontaire de bénéfices des employés, ou le VEBA en anglais. Puisque la proposition ne fait pas partie de la convention collective de G.M., les UAW ne pourraient pas tomber en grève contre G.M. là dessus.

«Nous étions désireux d'en discuter», a dit M. Gettelfinger, « mais cette grève n'est nullement au sujet des discussions sur le VEBA».

En fait, M. Gettelfinger a dit que le syndicat avait proposé un tel trust pendant les négociations de 2005 sur les coupes dans l'assurance santé, mais G.M. avait choisi une proposition plus modeste. Il a dit que le syndicat savait vendredi que les négociations s'étaient embourbées mais il n'a pas voulu faire grève contrer G.M. pendant la fin-de-semaine.

«Ils ont expliqué très clairement, alors que nous nous rapprochions de la date-limite, qu'ils n'avaient aucune intention de s'asseoir et négocier quelque chose d'équitable pour les deux parties, a-t-il dit.

Les UAW avaient expliqué à leurs 73.000 membres chez G.M. qu'ils devaient tomber en grève si les leaders syndicaux locaux n'avaient pas reçu d'appels du siège syndical à Detroit leur disant de rester au travail.

Ces appels ne sont pas venus, et les ouvriers sont sorti des usines une fois la date-limite passée.

Certains ont immédiatement pris des pancartes et ont commencé à marcher devant leurs usines ; d'autres se sont dirigés vers leurs voitures pour aller au local syndical ou à la maison.

Chris Sherwood, président du Local 652 des UAW à Lansing, Michigan, a dit qu'il n'y avait eu aucun appel à la grève de la direction du syndicat. «Nous n'avons reçu aucun appel nous disant de ne pas sortir en grève, alors nous sommes sorti, a dit M. Sherwood, «si tout va bien ça ne durera pas longtemps».

Il a ajouté, «bon nombre de gens, moi y compris, ont pensés que cette entente se ferait, mais apparemment que non».

Les officiers syndicaux disaient aux ouvriers du quart d'après-midi de ne pas se rapporter à l'usine aujourd'hui.

Le syndicat est bien préparée pour une grève. Il a presque $900 millions dans son fonds de grève, qui payent aux ouvriers $200 par semaine s'ils prennent des quart sur le piquet de grève. À ce taux, le syndicat peut supporter une grève d'au moins deux mois.

La suite dans le New York Times... (peut-être que je vais la traduire demain...)

mardi 18 septembre 2007

Pause syndicale sur Cyberpresse...

Certains, Tetoine entre autre, en ont déjà parlé: certains blogueurs de Cyberpresse sont en cybergrève (c'est moi qui utilise cette expression, pas le syndicat). Les principaux intéressés s'expliquent d'ailleurs sur leurs blogues (ici, ici et ici).

Qu'est-ce qui se passe exactement? Les syndiqués de La Presse sont actuellement en négociation avec Gesca. Or, il se trouve que Cyberpresse n'est pas conventionné. C'est un «à côté» par rapport à la «vraie job» qui consiste à écrire des papiers pour la version arbres morts du quotidien de la rue St-Jacques. Certains blogueurs ont un contrat, d'autres pas (Patrick Lagacé explique ainsi pourquoi lui il va continuer de bloguer même s'il respecte la consigne de l'union). Ce dernier point, les contrats individuels concernant Cyberpresse, achale ben gros le syndicat (rappelons que, théoriquement, le syndicat est le seul apte à négocier les conditions de travail et qu'il est illégal, pour un employeur dont les employés sont syndiqués, de négocier directement un contrat avec un employé...).

Depuis quelques années, le ouaibe est le cheval de troie des patrons pour précariser toujours davantage leurs salariés et en tirer le maximum de jus. À l'occasion de la Journée internationale pour la liberté de la presse, la présidente de la Fédération nationale des communications (CSN) expliquait cela très simplement: «dans la presse écrite, un journaliste doit produire à la fois un texte pour un quotidien et une autre version pour le web, mais dans le même temps, avec les mêmes ressources. (...) On leur demande d’en faire plus, en moins de temps, ce qui limite grandement leur capacité à analyser les situations et ce qui augmente le risque d’erreurs.»

Alors voilà, le Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse (CSN) veut conventionner Cyberpresse et ça ne va comme sur des roulettes... Concrètement, toutes les conditions de la collaboration des journalistes à Cyberpresse sont toujours à négocier après neuf séances de négociation: primes, formation, révision, ligne d’autorité, etc. De plus, le rattrapage salarial des employés de Cyberpresse n’est toujours pas garanti (ben oui, le ouaibe c'est moins prestigieux, donc moins payé, que les arbres morts).

Les moyens de pression --la cybergrève-- sont loin de se limiter au silence des blogueurs. En fait, toute collaboration spéciale à Cyberpresse, sauf la nouvelle brève, est suspendue jusqu'à la signature d'une convention collective. Ce qui signifie arrêt de la plupart des blogues mais aussi de toute production de contenu (textes photos et production graphiques) exclusif au web et de tous les projets multimédia. Mieux, le syndicat demande carrément à ses membres de ne plus accepter d’instructions venant des cadres de Cyberpresse!

Certains, encore!, se sont amusés à rigoler de cette «lutte» puisque les syndiqués de La Presse sont grassement payés. C'est oublier un peu vite que s'ils veulent continuer de l'être, ils n'ont pas le choix de défendre bec et ongle leur statut. Rappelons que le salaire des journalistes syndiqués de La Presse et des autres vieux quotidiens «payants» est souvent le double de celui de leurs collègues non-syndiqués des nouveaux quotidiens gratuits... et incomparablement plus élevé que celui des pigistes. Il y a une raison à ça: les luttes syndicales du passé.

vendredi 14 septembre 2007

Appuyer Média Matin Québec



À l'occasion du 100e numéro de Média Matin Québec, le quotidien gratuit produit par les lockouté-es du Journal de Québec, un mouvement d'appui se dessine chez les blogueurs. C'est Tetoine qui a parti le bal.

* * *



Par ailleurs, dans ce dossier du MMQ, il est intéressant de noter que de plus en plus d'annonceurs désertent le JdeQ pour appuyer les lockouté-es. Selon des sources proche du conflit, le gratuit serait sur le point de s'autofinancer. Le problème c'est que d'autres sources soulignent toutefois que l'imprimeur coopératif du MMQ commence à trouver ça lourd financièrement d'appuyer les lockoutés (la machine à rumeur s'est emballée sur la rive-sud... on murmure même que l'impression se fait à l'oeil, ce qui me surprendrait mais ça reste malheureusement impossible à vérifier).

lundi 10 septembre 2007

Retour au travail au cimetière

(Lu dans Le Devoir de ce matin)

Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du cimetière Notre-Dame-des-Neiges retourneront au travail aujourd’hui, a annoncé hier soir la CSN. Les employés ont convenu de reprendre le travail après avoir adopté hier le protocole de retour au travail dans une proportion de 92 %.

Cependant, a tenu à préciser le syndicat, si aucune entente n’intervient d’ici vendredi, les employés se prévaudront de leur mandat de grève à compter de ce jour-là. La semaine dernière, la Fabrique de la paroisse Notre-Dame avait annoncé qu’elle levait le lock-out imposé le 16 mai dernier à ses 129 employés affectés aux opérations du cimetière, après avoir analysé la proposition du syndicat de suspendre sa grève à compter du 10 septembre. La convention collective des employés concernés est échue depuis décembre 2003.

dimanche 9 septembre 2007

Gros plan sur Média Matin Québec

À la fin de la semaine dernière, les syndiqués en lock-out du Journal de Québec ont remporté une nouvelle manche en Cour d'appel. En effet, la cour a décidé de débouter Quebecor qui contestait le droit des syndiqués de publier MédiaMatinQuébec. Tiens, pour fêter ça, je vous offre en avant-première un texte à paraître dans le prochain Droit de parole.

Gros plan sur Média Matin Québec
Depuis bientôt six mois, les habitantEs de Québec se font offrir tous les matins de la semaine un nouveau quotidien gratuit. Si ce journal existe, c’est que les employéEs légitimes du Journal de Québec n’ont pas réussi à s’entendre avec leur patron sur un nouveau contrat de travail et que ce dernier les a mis temporairement à la porte en décrétant un lock-out.

Média Matin Québec, c’est le moyen de pression que se sont donnés les syndicats des employéEs de bureau, de la rédaction et de l’imprimerie dans le bras de fer qui les oppose à Quebecor. Le lock-out au Journal de Québec est sans contredit le conflit de l’été à Québec. Pour en savoir plus, Droit de parole s’est entretenu avec Denis Bolduc, le porte-parole des trois syndicats impliqués dans le conflit.

Naissance d’un gratuit
En quarante ans d’existence, le Journal de Québec n’avait jamais connu de conflit de travail. Comment peut-on se préparer à une telle éventualité? « On voyait venir le conflit, confie le porte-parole syndical, quand on a vu les offres, au début décembre, on s’est dit ouain, qu’est-ce qu’on fait… on connaît notre patron et son historique de relations de travail (Vidéotron), on s’est dit soit on accepte, soit on va en lock-out ».

Il fallait trouver une façon de faire face à la musique. L’idée d’un quotidien gratuit est venue spontanément selon Denis Bolduc. « Un jour j’ai reçu un appel du photographe René Baillargeon, qui était sur le comité de négociation, et il m’a dit : Denis, il faut sortir un gratos ! S’ils nous rentrent dedans, on sort un journal gratuit, j’ai figé puis j’ai dit : Oui! C’est ça qu’il faut faire », se rappelle le syndicaliste.

« On a réalisé vite qu’on se frottait à une très grosse machine et que ce serait bon pour nous dans la population. » Selon Denis Bolduc, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a soutenu l’initiative dès le début. « On a développé l’idée de Média Matin Québec avec une équipe très restreinte, sans grandes ressources, se souvient-il, on se disait que c’était un maudit beau projet, mais on souhaitait ne pas l’utiliser ». Le plan de match des syndiquéEs est resté secret jusqu’à la fin, un véritable miracle dans le milieu des journalistes selon Denis Bolduc.

Un journal sans patron
Qu’est-ce que ça change de sortir un journal sans patron? Celui qui, en temps normal, est chef de pupitre au Journal de Québec prend une pose, songeur. « Les gens sont libres, lâche-t-il finalement, on leur donne les grandes lignes, ils partent avec ça et ça donne ce que ça donne. » Selon Denis Bolduc, plusieurs syndiquéEs étouffaient au Journal de Québec. Le quotidien de Vanier roule depuis toujours avec un staff minimum, hyper-productif. « Ça fait des années qu’on agrandit de l’intérieur et qu’on presse le citron des employéEs », dit-il. Selon lui, Média Matin Québec a permis de libérer la créativité et le talent des artisans du Journal. « Les gens se redécouvrent dans leur métier, dit-il, ils font ce qu’ils adorent avec l’appui de la population alors ça joue sur le moral des troupes. »

Au niveau du contenu, l’absence des patrons permet aux syndiquéEs d’expérimenter des choses qu’ils demandaient depuis des années. « Les photographes ont enfin de la place pour leurs photos!, illustre Denis Bolduc, au lieu de mettre trois petits clichés, on en joue juste un mais plus grand, c’est plus satisfaisant pour le photographe. » Le choix des sujets a aussi beaucoup évolué. « Ça fait 10 ans qu’on dit aux patrons que les nouvelles en provenance de Montréal prennent trop d’ampleur, que les gens veulent entendre parler de Québec [ndlr, le contenu produit à Québec même occupe en moyenne 30% de l’espace rédactionnel dans le Journal], explique Denis Bolduc, eux nous répondaient enlevez-vous ça de la tête la montréalisation de l’information, c’est un discours d’universitaires, si une nouvelle est bonne, elle est bonne, qu’elle vienne de Montréal ou de Québec. » Selon le syndicaliste, « on s’était un peu laissé endormir là dessus… mais on a fait la preuve que les gens de Québec aiment entendre parler de Québec. »

Pas d’appel au boycott… pour le moment!
Les lockouté-es du Journal de Québec n’ont pas encore appelé officiellement au boycott du journal produit sans eux et elles par leurs patrons. « On a fait un appel à un boycott d’un jour, pour donner un signal aux patrons et tester la réaction du public (qui a été bonne), dit Denis Bolduc, mais on ne fait pas d’appel au boycott… pour l’instant. » Les syndicats se gardent l’arme du boycott en réserve, au cas où le conflit dure trop longtemps. Denis Bolduc concède toutefois que c’est une arme à deux tranchants. En effet, rien n’indique qu’un lecteur du Journal de Québec qui se désabonne n’ira pas chez la compétition. Les journaux sont des bibittes fragiles et tout le monde se souvient que le Journal de Québec est devenu no 1 à la faveur d’une longue grève au Soleil…

Une expérience de lutte originale
Média Matin Québec demeure un moyen de pression qui cessera dès que les employéEs vont rentrer au Journal de Québec. D’après Denis Bolduc, l’expérience pourrait durer longtemps puisque pour l’instant Quebecor ne démontre aucune volonté de négocier et que le journal est au bord de l’autofinancement. Que restera-t-il de l’expérience? « Nous on va rentrer au travail avec la conviction d’avoir fait mieux que les patrons pendant le conflit, lance le syndicaliste, le reconnaîtront-ils? Je ne sais pas, je ne sais pas quelle sera la réaction des patrons mais une chose est sûre, plus rien ne sera comme avant… »

samedi 8 septembre 2007

Mandat de grève à la raffinerie Shell de Montréal

Les syndiqué-es de la raffinerie Shell de Montréal ont voté à 89% en faveur d'un mandat de grève la semaine passée. Le syndicat et les patrons ne s'entendent pas du tout et, après 26 rencontres de conciliation, les syndiqué-es ont voulu augmenter la pression.

Attaques en règle contre le syndicat...

«Ce n'est pas une question d'argent. Nos membres en ont plutôt contre une série de concessions exigées par l'employeur», a indiqué Jean-Claude Rocheleau, président de la section locale 121 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ). Les patrons veulent réduire radicalement la présence syndicale sur le terrain et miner la capacité d'intervention syndicale en réduisant certaines «libération syndicale» clés. Concrètement, Shell demande la réduction et la prise de contrôle de 50% du temps du poste de représentant syndical à la prévention en santé et sécurité, la même réduction et même prise de contrôle pour le poste de président ainsi que la réduction d'un poste de délégué syndical.

Pour le syndicat, le poste de représentant à la prévention --qui existe depuis plus de 20 ans-- est un poste de la plus grande importance pour assurer la sécurité tant des travailleurs que de l'ensemble des installations et de la population. Ce qui est important de comprendre, c'est que le fait que ce poste soit rattaché au syndicat assure une indépendance au travailleur qui occupe cette fonction. «Qu'adviendra-t-il de cette indépendance lorsque ce sera l'employeur qui contrôlera son travail ?», questionne M. Rocheleau. (N.B.: nous avions traités plus globalement de la des attaques contre les responsables syndicaux en prévention en santé et sécurité au travail dans les raffineries de l'est de Montréal)

Comme si ce n'était pas suffisant, Shell veut également réduire les locaux fournis au syndicat depuis une dizaine d'années.

...et les syndiqué-es

Outre les attaques directes contre le syndicat, Shell s'attaque aussi aux syndiqué-es. Ainsi, malgré des milliards de profits, Shell veut couper 9 millions dans sa masse salariale à Montréal en abolissant 10 postes de travail (62 opérateurs). «Doit-on rappeler qu'une raffinerie, ce n'est pas un endroit où on peut se permettre de prendre des risques et avec 62 opérateurs en moins, ça pourrait affecter la sécurité au quotidien», a commenté M. Rocheleau.

L'employeur s'est aussi attaqué aux congés de maternité en profitant de la mise en place du nouveau Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) pour réduire sa contribution aux bonifications qui étaient offertes auparavant avec l'assurance-emploi. Au lieu de s'ajuster aux nouvelles dispositions du RQAP et d'améliorer la durée du congé, Shell a tout simplement récupéré l'argent. «Pour un employeur qui se vante de privilégier la conciliation travail-famille, on a déjà vu mieux», a déploré M. Rocheleau.

Climat pourri

Le climat à la raffinerie pourri à la vitesse grand V. Au moment d'écrire ces lignes plus de 2400 griefs se sont accumulés dans une usine de... 300 employé-es! De plus, l'employeur ne participe plus à aucune rencontre patronale-syndicale pour régler les problèmes au quotidien (comité de relations de travail, griefs, etc.). «Ce qui est clair pour nous, c'est que Shell Canada tente de nous casser. Qu'une compagnie de cette envergure, dotée des moyens financiers qu'on lui connaît, se comporte de cette manière, c'est tout à fait inacceptable», a conclu M. Rocheleau.

mercredi 5 septembre 2007

Le Journal de Québec pris les culottes à terre...

J'ai reçu ça du SCFP par courriel ce matin. Soulignons le «courage» de Mme Maltais qui pourrait éventuellement payer cher cette sortie (ils sont rancuniers au Journal...).

La députée Agnès Maltais dénonce la fausse représentation au Journal de Québec

(SCFP) Nous reproduisons intégralement l'article publié aujourd'hui dans le MédiaMatinQuébec, le quotidien gratuit des lockoutés du Journal de Québec, article signé par le journaliste Daniel Paquet.

(MMQ)- «J’aime la vérité et ils ont triché!» C’est par ces mots que la députée péquiste de Taschereau, Mme Agnès Maltais, a dénoncé la façon de faire d’une journaliste et d’un photographe qui ont usé de subterfuges pour obtenir d’elle une entrevue et une photographie publiées lundi dans le Journal de Québec.

Mme Maltais assistait, dimanche, à l’activité Non à l’homophobie, dans le contexte de la Fête Arc-en-Ciel, lorsqu’une journaliste a voulu faire une entrevue avec elle: «Je lui ai demandé pour qui elle voulait écrire cela et elle m’a dit qu’elle travaillait pour Canoë (site Internet de Quebecor). En aucun temps, elle m’a dit que cette entrevue se retrouverait à la page 8 du Journal de Québec de lundi», a assuré Mme Maltais, outrée par la façon de procéder de la journaliste.

«C’est de la fausse représentation», a ajouté Mme Maltais, qui est entrée en communication avec le MédiaMatinQuébec, premier quotidien gratuit de Québec et moyen de pression des 252 travailleurs syndiqués du Journal de Québec en lock-out.

Pendant l’entrevue, un photographe a voulu la prendre en photo et Mme Maltais s’est à nouveau informée de l’entreprise pour laquelle celui-ci travaillait: «Il m’a répondu qu’il travaillait pour Keystone Press, mais j’ai insisté et il a fini par me dire que, dans le fond, il travaillait pour le Journal de Québec. Il était visiblement mal à l’aise», a poursuivi la députée.

«Finalement, c’est la journaliste de Canoë qui a pris une photo. Mais en plus, dans le Journal de Québec, ils ont inscrit qu’il s’agissait d’une photo d’archives, tandis que ce n’est absolument pas le cas. Ça dépasse les bornes!» a dit Mme Maltais.

Simulacre de journal
Il s’agit là d’un autre événement qui montre que le Journal de Québec n’est pas fait que par des cadres depuis le début de ce conflit de travail qui dure depuis plus de quatre mois. L’employeur utilise des moyens détournés pour publier un journal de qualité médiocre et offrir à la population un simulacre de quotidien pour l’est du Québec.

Le Journal de Québec ne respecte pas ses lecteurs et ses annonceurs, comme nous l’avons montré à plusieurs reprises dans ces pages depuis le début du conflit. Voilà maintenant qu’en plus, il ne respecte pas les gens dont les commentaires sont sollicités pour publication, et cela, en se servant de journalistes et de photographes qui sont prêts à utiliser toutes sortes de moyens pour cacher qu’ils travaillent «en secret» pour le Journal de Québec.

Nous sommes loin de l’époque, pourtant pas si lointaine, où journalistes et photographes étaient fiers de dire qu’ils travaillaient pour le Journal de Québec, lorsqu’ils sollicitaient une entrevue...

Daniel Paquet
rédacteur en chef
MédiaMatinQuébec

Source: SCFP