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mardi 2 octobre 2007
vendredi 14 septembre 2007
Appuyer Média Matin Québec
À l'occasion du 100e numéro de Média Matin Québec, le quotidien gratuit produit par les lockouté-es du Journal de Québec, un mouvement d'appui se dessine chez les blogueurs. C'est Tetoine qui a parti le bal.
* * *
Par ailleurs, dans ce dossier du MMQ, il est intéressant de noter que de plus en plus d'annonceurs désertent le JdeQ pour appuyer les lockouté-es. Selon des sources proche du conflit, le gratuit serait sur le point de s'autofinancer. Le problème c'est que d'autres sources soulignent toutefois que l'imprimeur coopératif du MMQ commence à trouver ça lourd financièrement d'appuyer les lockoutés (la machine à rumeur s'est emballée sur la rive-sud... on murmure même que l'impression se fait à l'oeil, ce qui me surprendrait mais ça reste malheureusement impossible à vérifier).
dimanche 9 septembre 2007
Gros plan sur Média Matin Québec
À la fin de la semaine dernière, les syndiqués en lock-out du Journal de Québec ont remporté une nouvelle manche en Cour d'appel. En effet, la cour a décidé de débouter Quebecor qui contestait le droit des syndiqués de publier MédiaMatinQuébec. Tiens, pour fêter ça, je vous offre en avant-première un texte à paraître dans le prochain Droit de parole.
Gros plan sur Média Matin Québec
Depuis bientôt six mois, les habitantEs de Québec se font offrir tous les matins de la semaine un nouveau quotidien gratuit. Si ce journal existe, c’est que les employéEs légitimes du Journal de Québec n’ont pas réussi à s’entendre avec leur patron sur un nouveau contrat de travail et que ce dernier les a mis temporairement à la porte en décrétant un lock-out.
Média Matin Québec, c’est le moyen de pression que se sont donnés les syndicats des employéEs de bureau, de la rédaction et de l’imprimerie dans le bras de fer qui les oppose à Quebecor. Le lock-out au Journal de Québec est sans contredit le conflit de l’été à Québec. Pour en savoir plus, Droit de parole s’est entretenu avec Denis Bolduc, le porte-parole des trois syndicats impliqués dans le conflit.
Naissance d’un gratuit
En quarante ans d’existence, le Journal de Québec n’avait jamais connu de conflit de travail. Comment peut-on se préparer à une telle éventualité? « On voyait venir le conflit, confie le porte-parole syndical, quand on a vu les offres, au début décembre, on s’est dit ouain, qu’est-ce qu’on fait… on connaît notre patron et son historique de relations de travail (Vidéotron), on s’est dit soit on accepte, soit on va en lock-out ».
Il fallait trouver une façon de faire face à la musique. L’idée d’un quotidien gratuit est venue spontanément selon Denis Bolduc. « Un jour j’ai reçu un appel du photographe René Baillargeon, qui était sur le comité de négociation, et il m’a dit : Denis, il faut sortir un gratos ! S’ils nous rentrent dedans, on sort un journal gratuit, j’ai figé puis j’ai dit : Oui! C’est ça qu’il faut faire », se rappelle le syndicaliste.
« On a réalisé vite qu’on se frottait à une très grosse machine et que ce serait bon pour nous dans la population. » Selon Denis Bolduc, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a soutenu l’initiative dès le début. « On a développé l’idée de Média Matin Québec avec une équipe très restreinte, sans grandes ressources, se souvient-il, on se disait que c’était un maudit beau projet, mais on souhaitait ne pas l’utiliser ». Le plan de match des syndiquéEs est resté secret jusqu’à la fin, un véritable miracle dans le milieu des journalistes selon Denis Bolduc.
Un journal sans patron
Qu’est-ce que ça change de sortir un journal sans patron? Celui qui, en temps normal, est chef de pupitre au Journal de Québec prend une pose, songeur. « Les gens sont libres, lâche-t-il finalement, on leur donne les grandes lignes, ils partent avec ça et ça donne ce que ça donne. » Selon Denis Bolduc, plusieurs syndiquéEs étouffaient au Journal de Québec. Le quotidien de Vanier roule depuis toujours avec un staff minimum, hyper-productif. « Ça fait des années qu’on agrandit de l’intérieur et qu’on presse le citron des employéEs », dit-il. Selon lui, Média Matin Québec a permis de libérer la créativité et le talent des artisans du Journal. « Les gens se redécouvrent dans leur métier, dit-il, ils font ce qu’ils adorent avec l’appui de la population alors ça joue sur le moral des troupes. »
Au niveau du contenu, l’absence des patrons permet aux syndiquéEs d’expérimenter des choses qu’ils demandaient depuis des années. « Les photographes ont enfin de la place pour leurs photos!, illustre Denis Bolduc, au lieu de mettre trois petits clichés, on en joue juste un mais plus grand, c’est plus satisfaisant pour le photographe. » Le choix des sujets a aussi beaucoup évolué. « Ça fait 10 ans qu’on dit aux patrons que les nouvelles en provenance de Montréal prennent trop d’ampleur, que les gens veulent entendre parler de Québec [ndlr, le contenu produit à Québec même occupe en moyenne 30% de l’espace rédactionnel dans le Journal], explique Denis Bolduc, eux nous répondaient enlevez-vous ça de la tête la montréalisation de l’information, c’est un discours d’universitaires, si une nouvelle est bonne, elle est bonne, qu’elle vienne de Montréal ou de Québec. » Selon le syndicaliste, « on s’était un peu laissé endormir là dessus… mais on a fait la preuve que les gens de Québec aiment entendre parler de Québec. »
Pas d’appel au boycott… pour le moment!
Les lockouté-es du Journal de Québec n’ont pas encore appelé officiellement au boycott du journal produit sans eux et elles par leurs patrons. « On a fait un appel à un boycott d’un jour, pour donner un signal aux patrons et tester la réaction du public (qui a été bonne), dit Denis Bolduc, mais on ne fait pas d’appel au boycott… pour l’instant. » Les syndicats se gardent l’arme du boycott en réserve, au cas où le conflit dure trop longtemps. Denis Bolduc concède toutefois que c’est une arme à deux tranchants. En effet, rien n’indique qu’un lecteur du Journal de Québec qui se désabonne n’ira pas chez la compétition. Les journaux sont des bibittes fragiles et tout le monde se souvient que le Journal de Québec est devenu no 1 à la faveur d’une longue grève au Soleil…
Une expérience de lutte originale
Média Matin Québec demeure un moyen de pression qui cessera dès que les employéEs vont rentrer au Journal de Québec. D’après Denis Bolduc, l’expérience pourrait durer longtemps puisque pour l’instant Quebecor ne démontre aucune volonté de négocier et que le journal est au bord de l’autofinancement. Que restera-t-il de l’expérience? « Nous on va rentrer au travail avec la conviction d’avoir fait mieux que les patrons pendant le conflit, lance le syndicaliste, le reconnaîtront-ils? Je ne sais pas, je ne sais pas quelle sera la réaction des patrons mais une chose est sûre, plus rien ne sera comme avant… »
Gros plan sur Média Matin Québec
Depuis bientôt six mois, les habitantEs de Québec se font offrir tous les matins de la semaine un nouveau quotidien gratuit. Si ce journal existe, c’est que les employéEs légitimes du Journal de Québec n’ont pas réussi à s’entendre avec leur patron sur un nouveau contrat de travail et que ce dernier les a mis temporairement à la porte en décrétant un lock-out.
Média Matin Québec, c’est le moyen de pression que se sont donnés les syndicats des employéEs de bureau, de la rédaction et de l’imprimerie dans le bras de fer qui les oppose à Quebecor. Le lock-out au Journal de Québec est sans contredit le conflit de l’été à Québec. Pour en savoir plus, Droit de parole s’est entretenu avec Denis Bolduc, le porte-parole des trois syndicats impliqués dans le conflit.
Naissance d’un gratuit
En quarante ans d’existence, le Journal de Québec n’avait jamais connu de conflit de travail. Comment peut-on se préparer à une telle éventualité? « On voyait venir le conflit, confie le porte-parole syndical, quand on a vu les offres, au début décembre, on s’est dit ouain, qu’est-ce qu’on fait… on connaît notre patron et son historique de relations de travail (Vidéotron), on s’est dit soit on accepte, soit on va en lock-out ».
Il fallait trouver une façon de faire face à la musique. L’idée d’un quotidien gratuit est venue spontanément selon Denis Bolduc. « Un jour j’ai reçu un appel du photographe René Baillargeon, qui était sur le comité de négociation, et il m’a dit : Denis, il faut sortir un gratos ! S’ils nous rentrent dedans, on sort un journal gratuit, j’ai figé puis j’ai dit : Oui! C’est ça qu’il faut faire », se rappelle le syndicaliste.
« On a réalisé vite qu’on se frottait à une très grosse machine et que ce serait bon pour nous dans la population. » Selon Denis Bolduc, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a soutenu l’initiative dès le début. « On a développé l’idée de Média Matin Québec avec une équipe très restreinte, sans grandes ressources, se souvient-il, on se disait que c’était un maudit beau projet, mais on souhaitait ne pas l’utiliser ». Le plan de match des syndiquéEs est resté secret jusqu’à la fin, un véritable miracle dans le milieu des journalistes selon Denis Bolduc.
Un journal sans patron
Qu’est-ce que ça change de sortir un journal sans patron? Celui qui, en temps normal, est chef de pupitre au Journal de Québec prend une pose, songeur. « Les gens sont libres, lâche-t-il finalement, on leur donne les grandes lignes, ils partent avec ça et ça donne ce que ça donne. » Selon Denis Bolduc, plusieurs syndiquéEs étouffaient au Journal de Québec. Le quotidien de Vanier roule depuis toujours avec un staff minimum, hyper-productif. « Ça fait des années qu’on agrandit de l’intérieur et qu’on presse le citron des employéEs », dit-il. Selon lui, Média Matin Québec a permis de libérer la créativité et le talent des artisans du Journal. « Les gens se redécouvrent dans leur métier, dit-il, ils font ce qu’ils adorent avec l’appui de la population alors ça joue sur le moral des troupes. »
Au niveau du contenu, l’absence des patrons permet aux syndiquéEs d’expérimenter des choses qu’ils demandaient depuis des années. « Les photographes ont enfin de la place pour leurs photos!, illustre Denis Bolduc, au lieu de mettre trois petits clichés, on en joue juste un mais plus grand, c’est plus satisfaisant pour le photographe. » Le choix des sujets a aussi beaucoup évolué. « Ça fait 10 ans qu’on dit aux patrons que les nouvelles en provenance de Montréal prennent trop d’ampleur, que les gens veulent entendre parler de Québec [ndlr, le contenu produit à Québec même occupe en moyenne 30% de l’espace rédactionnel dans le Journal], explique Denis Bolduc, eux nous répondaient enlevez-vous ça de la tête la montréalisation de l’information, c’est un discours d’universitaires, si une nouvelle est bonne, elle est bonne, qu’elle vienne de Montréal ou de Québec. » Selon le syndicaliste, « on s’était un peu laissé endormir là dessus… mais on a fait la preuve que les gens de Québec aiment entendre parler de Québec. »
Pas d’appel au boycott… pour le moment!
Les lockouté-es du Journal de Québec n’ont pas encore appelé officiellement au boycott du journal produit sans eux et elles par leurs patrons. « On a fait un appel à un boycott d’un jour, pour donner un signal aux patrons et tester la réaction du public (qui a été bonne), dit Denis Bolduc, mais on ne fait pas d’appel au boycott… pour l’instant. » Les syndicats se gardent l’arme du boycott en réserve, au cas où le conflit dure trop longtemps. Denis Bolduc concède toutefois que c’est une arme à deux tranchants. En effet, rien n’indique qu’un lecteur du Journal de Québec qui se désabonne n’ira pas chez la compétition. Les journaux sont des bibittes fragiles et tout le monde se souvient que le Journal de Québec est devenu no 1 à la faveur d’une longue grève au Soleil…
Une expérience de lutte originale
Média Matin Québec demeure un moyen de pression qui cessera dès que les employéEs vont rentrer au Journal de Québec. D’après Denis Bolduc, l’expérience pourrait durer longtemps puisque pour l’instant Quebecor ne démontre aucune volonté de négocier et que le journal est au bord de l’autofinancement. Que restera-t-il de l’expérience? « Nous on va rentrer au travail avec la conviction d’avoir fait mieux que les patrons pendant le conflit, lance le syndicaliste, le reconnaîtront-ils? Je ne sais pas, je ne sais pas quelle sera la réaction des patrons mais une chose est sûre, plus rien ne sera comme avant… »
mercredi 5 septembre 2007
Le Journal de Québec pris les culottes à terre...
J'ai reçu ça du SCFP par courriel ce matin. Soulignons le «courage» de Mme Maltais qui pourrait éventuellement payer cher cette sortie (ils sont rancuniers au Journal...).
La députée Agnès Maltais dénonce la fausse représentation au Journal de Québec
(SCFP) Nous reproduisons intégralement l'article publié aujourd'hui dans le MédiaMatinQuébec, le quotidien gratuit des lockoutés du Journal de Québec, article signé par le journaliste Daniel Paquet.
(MMQ)- «J’aime la vérité et ils ont triché!» C’est par ces mots que la députée péquiste de Taschereau, Mme Agnès Maltais, a dénoncé la façon de faire d’une journaliste et d’un photographe qui ont usé de subterfuges pour obtenir d’elle une entrevue et une photographie publiées lundi dans le Journal de Québec.
Mme Maltais assistait, dimanche, à l’activité Non à l’homophobie, dans le contexte de la Fête Arc-en-Ciel, lorsqu’une journaliste a voulu faire une entrevue avec elle: «Je lui ai demandé pour qui elle voulait écrire cela et elle m’a dit qu’elle travaillait pour Canoë (site Internet de Quebecor). En aucun temps, elle m’a dit que cette entrevue se retrouverait à la page 8 du Journal de Québec de lundi», a assuré Mme Maltais, outrée par la façon de procéder de la journaliste.
«C’est de la fausse représentation», a ajouté Mme Maltais, qui est entrée en communication avec le MédiaMatinQuébec, premier quotidien gratuit de Québec et moyen de pression des 252 travailleurs syndiqués du Journal de Québec en lock-out.
Pendant l’entrevue, un photographe a voulu la prendre en photo et Mme Maltais s’est à nouveau informée de l’entreprise pour laquelle celui-ci travaillait: «Il m’a répondu qu’il travaillait pour Keystone Press, mais j’ai insisté et il a fini par me dire que, dans le fond, il travaillait pour le Journal de Québec. Il était visiblement mal à l’aise», a poursuivi la députée.
«Finalement, c’est la journaliste de Canoë qui a pris une photo. Mais en plus, dans le Journal de Québec, ils ont inscrit qu’il s’agissait d’une photo d’archives, tandis que ce n’est absolument pas le cas. Ça dépasse les bornes!» a dit Mme Maltais.
Simulacre de journal
Il s’agit là d’un autre événement qui montre que le Journal de Québec n’est pas fait que par des cadres depuis le début de ce conflit de travail qui dure depuis plus de quatre mois. L’employeur utilise des moyens détournés pour publier un journal de qualité médiocre et offrir à la population un simulacre de quotidien pour l’est du Québec.
Le Journal de Québec ne respecte pas ses lecteurs et ses annonceurs, comme nous l’avons montré à plusieurs reprises dans ces pages depuis le début du conflit. Voilà maintenant qu’en plus, il ne respecte pas les gens dont les commentaires sont sollicités pour publication, et cela, en se servant de journalistes et de photographes qui sont prêts à utiliser toutes sortes de moyens pour cacher qu’ils travaillent «en secret» pour le Journal de Québec.
Nous sommes loin de l’époque, pourtant pas si lointaine, où journalistes et photographes étaient fiers de dire qu’ils travaillaient pour le Journal de Québec, lorsqu’ils sollicitaient une entrevue...
Daniel Paquet
rédacteur en chef
MédiaMatinQuébec
Source: SCFP
La députée Agnès Maltais dénonce la fausse représentation au Journal de Québec
(SCFP) Nous reproduisons intégralement l'article publié aujourd'hui dans le MédiaMatinQuébec, le quotidien gratuit des lockoutés du Journal de Québec, article signé par le journaliste Daniel Paquet.
Mme Maltais assistait, dimanche, à l’activité Non à l’homophobie, dans le contexte de la Fête Arc-en-Ciel, lorsqu’une journaliste a voulu faire une entrevue avec elle: «Je lui ai demandé pour qui elle voulait écrire cela et elle m’a dit qu’elle travaillait pour Canoë (site Internet de Quebecor). En aucun temps, elle m’a dit que cette entrevue se retrouverait à la page 8 du Journal de Québec de lundi», a assuré Mme Maltais, outrée par la façon de procéder de la journaliste.
«C’est de la fausse représentation», a ajouté Mme Maltais, qui est entrée en communication avec le MédiaMatinQuébec, premier quotidien gratuit de Québec et moyen de pression des 252 travailleurs syndiqués du Journal de Québec en lock-out.
Pendant l’entrevue, un photographe a voulu la prendre en photo et Mme Maltais s’est à nouveau informée de l’entreprise pour laquelle celui-ci travaillait: «Il m’a répondu qu’il travaillait pour Keystone Press, mais j’ai insisté et il a fini par me dire que, dans le fond, il travaillait pour le Journal de Québec. Il était visiblement mal à l’aise», a poursuivi la députée.
«Finalement, c’est la journaliste de Canoë qui a pris une photo. Mais en plus, dans le Journal de Québec, ils ont inscrit qu’il s’agissait d’une photo d’archives, tandis que ce n’est absolument pas le cas. Ça dépasse les bornes!» a dit Mme Maltais.
Simulacre de journal
Il s’agit là d’un autre événement qui montre que le Journal de Québec n’est pas fait que par des cadres depuis le début de ce conflit de travail qui dure depuis plus de quatre mois. L’employeur utilise des moyens détournés pour publier un journal de qualité médiocre et offrir à la population un simulacre de quotidien pour l’est du Québec.
Le Journal de Québec ne respecte pas ses lecteurs et ses annonceurs, comme nous l’avons montré à plusieurs reprises dans ces pages depuis le début du conflit. Voilà maintenant qu’en plus, il ne respecte pas les gens dont les commentaires sont sollicités pour publication, et cela, en se servant de journalistes et de photographes qui sont prêts à utiliser toutes sortes de moyens pour cacher qu’ils travaillent «en secret» pour le Journal de Québec.
Nous sommes loin de l’époque, pourtant pas si lointaine, où journalistes et photographes étaient fiers de dire qu’ils travaillaient pour le Journal de Québec, lorsqu’ils sollicitaient une entrevue...
Daniel Paquet
rédacteur en chef
MédiaMatinQuébec
Source: SCFP
mardi 28 août 2007
Nouvel appui pour les lockoutés du Journal de Québec
Le président du syndicat des employés de TVA-Montréal, Jean Chabot, fait remarquer que le lock-out au Journal de Québec va au-delà du simple conflit de travail. "Au Journal de Québec, il y a des enjeux qui dépassent les enjeux habituels de négociation, a-t-il fait remarquer. Par ses demandes exagérées, l'employeur s'attaque à la question de la qualité de l'information et de la diversité des voix. Les entreprises de presse ont des responsabilités particulières dans notre société. La qualité de l'information, a poursuivi Jean Chabot, c'est aussi la qualité de notre vie démocratique. C'est pourquoi les enjeux en cause dans le conflit au Journal de Québec sont importants pour toute la population."
En plus d'appartenir au même groupe de presse, les deux groupes de syndiqué-es sont également membres du même syndicat (SCFP). La solidarité envers les lockoutés du Journal de Québec dépasse toutefois largement les frontières d'appartenances syndicales. Le SCFP précise qu'au cours de l'été, d'autres groupes syndiqués ont aussi signifié leur soutien aux lockouté-es du Journal de Québec. C'est le cas du syndicat SCFP des employés de Radio-Nord (TVA-CHOT Gatineau) et du syndicat du Journal de Montréal (CSN) qui ont convenu d'aide récurrente à l'endroit des syndiqués du Journal de Québec. Plusieurs autres appuis financiers ont aussi eu lieu, comme un prêt sans intérêts de 750 000 $ du syndicat des Métallos (FTQ) en juillet ou encore la CSQ qui a recueilli 25 000 $ lors de son congrès en juin. Et ça ne fait que commencer, à la rentrée la direction du SCFP a promis de lancer "un appel officiel de soutien financier général et massif"" auprès de ces 500 000 membres.
Notons finalement que la publication du Média Matin Québec se poursuit. Selon des sources internes, le journal serait sur le point de s'autofinancer grace à la publicité. Effectivement, depuis quelques semaines, le journal doit régulièrement augmenter son nombre de pages pour faire de la place à la pub.
vendredi 24 août 2007
La CRT émet des ordonnances contre quatre personnes utilisées comme scabs par le Journal de Québec
(via le SCFP)
(SCFP et MMQ) En toute fin d’après-midi jeudi, la Commission des relations du travail du Québec (CRT) a émis des ordonnances établissant que Quebecor/Sun Media a recouru aux services de quatre «scabs» au Journal de Québec, contrevenant ainsi aux dispositions du Code du travail. L’ordonnance de la CRT établit que Dominique Turcotte, directrice adjointe de la promotion, deux messagers, Patrick Daigle et David Gaudreault et Mathieu Roy qui signait des chroniques dans la section sportive du quotidien ont travaillé illégalement à la publication du Journal.
Me Yves Morin, procureur syndical, explique qu’«avant les auditions à la Commission des relations du travail du Québec (CRT), Quebecor et les syndicats de l’Imprimerie, des Bureaux et de la Rédaction du Journal de Québec en sont arrivés à une entente concernant les scabs. Les ordonnances émises par la CRT sont le résultat d’une entente entre les parties.»
Denis Bolduc, porte-parole des syndicats de l’imprimerie, des bureaux et de la rédaction, a réagi en déclarant que «Quebecor a triché en ayant recours à ces personnes» pour poursuivre la publication du son journal malgré l’absence de ses 252 employés. Du même souffle, il a de nouveau invité la partie patronale à revenir à la table de négociation, «seul endroit où ce conflit peut se régler».
«Ils ont triché, a ajouté Denis Bolduc, le porte-parole de 252 employés en conflit. En relations de travail, il est extrêmement difficile de prendre l’employeur en défaut sur la loi anti-scab. Aujourd’hui, ce n’est pas un, ni deux, ni même trois, mais quatre scabs qui ont formellement été identifiés comme tels. C’est une grande victoire pour nous, a-t-il poursuivi, je dirais même que c’est un exploit.»
Par ailleurs, les syndicats ont accepté les explications fournies par l’employeur en ce qui concernait MM Jacques Trudel, directeur des ventes locales et régionales, et Sylvain Roy, qui travaille à l’implantation d’un système à la photolithographie. Suite aux arguments de Quebecor, les syndicats ont laissé tomber les plaintes déposées contre ces deux hommes devant la CRT.
mercredi 8 août 2007
À signaler - dans la tête d'un lockouté...
Lu aujourd'hui sur le blogue d'un lockouté célèbre. Intéressant.
Source: Hébert en liberté (le blogue de Michel Hébert, le chroniqueur du JdeQ en lock-out...)
LA VIE EST BELLE...
Nous avions été prévenus. Trois jours, trois semaines, trois mois. Après trois jours, tu réalises que t'as pas à courir au bureau. Après trois semaines, tu espères que ça ne durera guère plus longtemps. Que l'été approche et qu'ILS ne nous feront pas ça...
Après trois mois, tu te dis que si t'as pu passer à travers trois mois de lock-out, ça ne pourra pas être pire... Et vous savez quoi? Maintenant, la vie est belle!
Je sais que ça fait drôle de dire ça mais c'est vrai. On touche un jour le fond du baril et on remonte. On apprécie ce qu'on a et on réalise que le travail prenait beaucoup de trop de place... Et ça ne sera jamais plus comme avant. On fera notre boulot comme des pros mais ça restera un boulot. Ce n'est pas vrai que le travail, c'est la santé...
Aujourd'hui, c'était la joie au journal, enfin notre journal. L'idée qu'il soit maintenant disponible partout sur la planète via internet nous a donné comme un coup de fouet.
Notre journal est beau, notre site internet est beau et, même si ça sent souvent les cretons et le pâté de campagne, j'aime bien la «poésie de notre site industriel dévasté», comme dirait mon ami Henri...
Trois jours, trois semaines, trois mois.
On s'habitue à tout, voyez-vous. Même à l'injustice. Même à la rage.
On a fait comme Rimbaud, on les a assises sur nos genoux, et on les a copieusement injuriées... Elles ont foutu le camp.
On a maintenant du fun. On ne survit pas. On vit. On est comme Tôtoche, le rat de la maison, heureux dans notre trou.
Source: Hébert en liberté (le blogue de Michel Hébert, le chroniqueur du JdeQ en lock-out...)
mardi 7 août 2007
Le MédiaMatinQuébec sur le Web
J'avais vu juste, c'était pour annoncer l'ouverture d'un site web que les lockoutés du Journal de Québec avait convoqué la presse ce matin. Les gens pourront donc maintenant lire en ligne le quotidien gratuit des lockoutés. L'adresse est simple: MediaMatinQuebec.com.
«Évidemment, nous produisons un journal pour les gens de Québec, un journal qui parle de chez nous et qui offre des nouvelles locales. Nous ne nous attendons pas à ce que le monde entier se mette à nous lire, mais au moins, tous les curieux qui s’intéressent au phénomène du MédiaMatinQuébec y auront accès. De plus, les citoyens de Québec qui ne peuvent en obtenir une copie pourront au moins le lire sur Internet. Nous avions beaucoup de demandes en ce sens et nous répondons au désir de bien des gens», a déclaré Denis Bolduc, porte-parole des employés en lock-out.
Notez qu'il est quand même ironique que les lockoutés aient maintenant leur propre site d'information, clair et bien organisé, dans la mesure où ça fait des années que le Journal de Québec n'a plus de site et que leur travail (quand ils ne sont pas en lock-out) se perd dans le fouillis monumental qu'est Canoe...
«Évidemment, nous produisons un journal pour les gens de Québec, un journal qui parle de chez nous et qui offre des nouvelles locales. Nous ne nous attendons pas à ce que le monde entier se mette à nous lire, mais au moins, tous les curieux qui s’intéressent au phénomène du MédiaMatinQuébec y auront accès. De plus, les citoyens de Québec qui ne peuvent en obtenir une copie pourront au moins le lire sur Internet. Nous avions beaucoup de demandes en ce sens et nous répondons au désir de bien des gens», a déclaré Denis Bolduc, porte-parole des employés en lock-out.
Notez qu'il est quand même ironique que les lockoutés aient maintenant leur propre site d'information, clair et bien organisé, dans la mesure où ça fait des années que le Journal de Québec n'a plus de site et que leur travail (quand ils ne sont pas en lock-out) se perd dans le fouillis monumental qu'est Canoe...
lundi 6 août 2007
MédiaMatinQuébec prend de l'ampleur
Le SCFP a convoqué la presse demain pour une importante annonce dans le conflit au Journal de Québec. On annonce que "MédiaMatin Québec prend de l'ampleur". Je mettrais ma main au feu qu'ils vont annoncer la publication en ligne du journal... et peut-être aussi d'autres surprises. Il faut dire que la contre-offensive de Quebecor, qui a réussi à faire sortir le quotidien parallèle des lockoutés des dépanneurs Couche-Tard a eu l'air d'enrager les syndiqués. On verra demain.
mardi 31 juillet 2007
Dur à suivre le «camarade» Hébert
Pour la deuxième fois en deux mois, je me dois d’intervenir afin de rectifier les propos du « camarade » Hébert dans sa chronique du 18 juillet dernier intitulée « Plus d’ingénieurs, S.V.P.! ». Je ne veux surtout pas réclamer une chronique régulière, mais je désire rétablir certains faits.
M. Hébert reconnaît d’abord qu’on ne peut blâmer les ingénieurs qui doivent composer avec des compressions budgétaires depuis au moins 15 ans. Puis, il explique que c’est sous la pression politique que le ministère a développé les mauvaises habitudes de gestion qui lui sont aujourd’hui reprochées. Encore mieux, il écrit que la commission Johnson nous a appris jusqu’ici que c’est l’entreprise privée qui a mal fait son travail, et non pas les fonctionnaires, car c’est elle qui a mal installé la structure.
Mais là où il devient dur à suivre, c’est lorsqu’il en déduit que le ministère des Transports (MTQ) devrait revoir toute sa mission, se délester des emplois mal rémunérés « créés jadis au nom du partage de la richesse » et laisser tomber les travaux routiers ou le traçage de lignes blanches. Selon lui, le ministère devrait laisser à l’entreprise privée ces petits travaux d’entretien.
Voici quelques informations qui nous proviennent de nos membres sur le terrain. À Québec, le MTQ paie pour un technicien en inspection de structures fourni par le privé (Roche ltée, Groupe-conseil, pépinière bien connue de candidats pour le Parti libéral), la somme de 82 560 $ pour une période de travail de six mois. Au MTQ, un technicien de surveillance de structure gagne 46 000 $ pour toute l’année et coûte autour de 50 000 $ en ajoutant les bénéfices marginaux.
Au Centre de services de Beauceville, le devis estimatif pour le scellement des fissures sur les routes est de 0,97 $ à 1,33 $ du mètre. En comparaison, le privé demande 2,25 $ du mètre. En une saison, ceux que M. Hébert appelle « les concierges », scellent environ 200 000 mètres de fissures. En calculant une différence de 1 $ du mètre, c’est bien 100 000 $ qu’ils font épargner au MTQ.
Un autre exemple. Les employés du MTQ ont effectué le déneigement des routes 173 de Sainte-Marie-de-Beauce à Saint-Georges-de-Beauce, 108 de Beauceville à Saint-Évariste et une section de la route 171 pour 7 800 $ du kilomètre. L’entreprise privée demandait 9 800 $ du kilomètre. Laissons le camarade Hébert faire ses calculs, mais soulignons que les maires et les préfets de la région, satisfaits du travail exécuté, appuient les employés du ministère pour qu’ils continuent à effectuer le déneigement. C’est 2 à 0 pour « les concierges ».
Enfin, l’automne dernier, cinq ponceaux étaient à réparer en urgence à la suite de l’érosion des 9 et 10 mai 2006 dans le secteur de Beauceville. Le MTQ évaluait le coût des travaux à 297 000 $ pour les cinq ponceaux. Après avoir été en appel d’offres, l’automne dernier, la soumission du plus bas soumissionnaire s’établissait à 453 000 $. Dans son rapport écrit, l’ingénieur du MTQ a recommandé que trois ponceaux seulement soient réparés pour la somme de 280 000 $, ce que le ministère s’attendait à débourser pour les cinq. Les deux autres ponceaux feront l’objet d’un autre appel d’offres cette année. Le privé a malgré tout obtenu le contrat pour effectuer les travaux parce que le ministère n’avait pas le personnel pour le faire. Ce qui démontre bien que soutenir l’idée que le MTQ a besoin de plus d’ingénieurs que de concierges, comme l’affirme Michel Hébert, est un faux problème. Dans les faits, la sous-traitance coûte plus cher aux contribuables et cette pratique est solidement implantée au MTQ.
Par ailleurs, dans son Plan pluriannuel de main-d’œuvre, le MTQ souligne que le nombre de départs à la retraite au cours des trois prochaines années, estimé à 511, aura pour effet de réduire ses effectifs de 255 employés selon la règle du 1 sur 2 établie par le Conseil du trésor. Et ce, malgré le fait que les besoins identifiés par le MTQ se chiffrent à 634 nouvelles embauches. Ce sont les gestionnaires du ministère qui écrivent, en conclusion du plan pluriannuel, qu’il « devient impératif de combler les besoins exprimés par les gestionnaires dans les plus brefs délais ». Monique Jérôme-Forget saura-t-elle les écouter? Je l’espère. Le MTQ a besoin non seulement d’ingénieurs, mais de toute une équipe de travailleurs de différentes catégories d’emploi pour accomplir sa mission.
Michel Sawyer
Président général
Syndicat de la fonction publique du Québec
(Opinion publié ce matin dans le MédiaMatin Québec)
Source: SFPQ
mardi 17 juillet 2007
Le mouvement ouvrier derrière les lockouté-es du Journal de Québec
Ce matin en conférence de presse, Michel Arsenault, directeur québécois du syndicat des Métallos (FTQ), a annoncé un prêt sans intérêt de 750 000$ aux lockouté-es du Journal de Québec.
"On le sait, l'argent est souvent le nerf de la guerre, surtout quand on fait face à des corporations qui sont des géants. C'est pourquoi nous posons aujourd'hui ce geste. A bien des égards, la cause des employés du Journal de Québec est celle de toutes les organisations syndicales. C'est un coup de pouce qui leur permettra de défendre leurs emplois et leurs conditions de travail", a déclaré le directeur des Métallos. Michel Arsenault sait de quoi il parle, son syndicat ayant déjà prêté plus d'un million dans le passé à d'autres syndiqué-es affrontant l'empire Quebecor (en l'occurence les technicien-nes de Videotron).
Le représentant des lockouté-es est aux anges. "Ca fait vraiment chaud au coeur de voir la solidarité s'exprimer ainsi, affirme Denis Bolduc, porte-parole des syndicats en conflit du Journal de Québec. C'est un geste extrêmement généreux de la part des Métallos et nous tenons à les en remercier chaleureusement. Ce coussin financier nous permettra de poursuivre notre action jusqu'à la conclusion d'un règlement acceptable pour les deux parties."
Le représentant des lockouté-es souligne également qu'il ne s'agit pas d'un geste isolé. Plusieurs autres organisations --les TUAC, la CSQ, les locaux du SCFP-- ont déjà versé des sommes importantes au fonds des lockoutés. En tout, pas moins de 200 000 dollars ont été amassés dans les dernières semaines et une vaste campagne d'appui financier sera mise en branle dès la rentrée par le SCFP. La solidarité syndicale est donc au rendez-vous.
"Comme on dit, on est équipé pour veiller tard. L'employeur doit comprendre qu'il ne nous aura pas à l'usure. Le plus sage serait donc de reprendre les négociations. Espérons qu'ils comprendront le message", de conclure Denis Bolduc.
Mise-à-jour : Le Devoir apporte quelques précisions intéressantes sur le conflit dans son texte sur le sujet. Par ici...
"On le sait, l'argent est souvent le nerf de la guerre, surtout quand on fait face à des corporations qui sont des géants. C'est pourquoi nous posons aujourd'hui ce geste. A bien des égards, la cause des employés du Journal de Québec est celle de toutes les organisations syndicales. C'est un coup de pouce qui leur permettra de défendre leurs emplois et leurs conditions de travail", a déclaré le directeur des Métallos. Michel Arsenault sait de quoi il parle, son syndicat ayant déjà prêté plus d'un million dans le passé à d'autres syndiqué-es affrontant l'empire Quebecor (en l'occurence les technicien-nes de Videotron).
Le représentant des lockouté-es est aux anges. "Ca fait vraiment chaud au coeur de voir la solidarité s'exprimer ainsi, affirme Denis Bolduc, porte-parole des syndicats en conflit du Journal de Québec. C'est un geste extrêmement généreux de la part des Métallos et nous tenons à les en remercier chaleureusement. Ce coussin financier nous permettra de poursuivre notre action jusqu'à la conclusion d'un règlement acceptable pour les deux parties."
Le représentant des lockouté-es souligne également qu'il ne s'agit pas d'un geste isolé. Plusieurs autres organisations --les TUAC, la CSQ, les locaux du SCFP-- ont déjà versé des sommes importantes au fonds des lockoutés. En tout, pas moins de 200 000 dollars ont été amassés dans les dernières semaines et une vaste campagne d'appui financier sera mise en branle dès la rentrée par le SCFP. La solidarité syndicale est donc au rendez-vous.
"Comme on dit, on est équipé pour veiller tard. L'employeur doit comprendre qu'il ne nous aura pas à l'usure. Le plus sage serait donc de reprendre les négociations. Espérons qu'ils comprendront le message", de conclure Denis Bolduc.
Mise-à-jour : Le Devoir apporte quelques précisions intéressantes sur le conflit dans son texte sur le sujet. Par ici...
lundi 16 juillet 2007
Ça bouge au Journal de Québec...
Quand je vous disais qu'il y aurait des choses qui bougeraient au Journal de Québec... Selon Radio-Canada, les syndiqués déposent une plainte à la Commission des relations du travail contre leur employeur. En effet, selon eux, il y a des scabs, cinq pour être plus précis, qui travaillent actuellement au Journal de Québec. Si vous voulez mon avis, il y a pas mal plus que cinq scabs qui travaillent là, mais bon, j'ai peut-être une définition plus élastique que le code du travail. À suivre...
Ça chie au Journal de Québec...
Qualité en chute libre
Les scabs qui tiennent le fort au Journal de Québec, et permettent aux patrons de Quebecor de sauver la face pendant le conflit, donnent des signes d'essoufflement. Les erreurs s'accumulent et commencent à miner la crédibilité du quotidien. Outre la piètre qualité de l'impression, c'est maintenant l'information qui en souffre. En plus de se tromper dans les nécrologies, voilà qu'ils font mourir des gens avant le temps (Ils ont fait mourir John Ferguson!). Ils se trompent aussi dans les photos, font des fautes grossières, publient des trucs au français plus qu'approximatif, etc.
Tuile pour tuile, certaines ont plus de conséquences que d'autre. Mercredi dernier, des enquêteurs de la SQ sont débarqués au Journal à Vanier. C'est que le quotidien a publié le nom d'une victime de viol malgré un interdit de publication (La Sûreté du Québec enquête sur le Journal de Québec)... Ouch!
Pratiques mafieuses
Mais il y a pire. Quebecor donnerait actuellement un tour vicieux à la convergence lui donnant des airs de pratiques mafieuses. Selon le Média Matin Québec, des journalistes en lock-out se sont vu refuser des entrevues exclusives avec des artistes liés à Quebecor en marge du Festival d'été de Québec (Si t'es pas du bon bord, ton chien est mort!). Concrètement, des agents d'artistes qui ont signés dans l'une des tentacules de Quebecor refusent de collaborer avec des journalistes de Média Matin Québec précisément parce qu'ils sont des Média Matin Québec.
Impossible de dire si ce sont des agents zélés ou s'il y a un mot d'ordre de la multinationale. Peu importe, c'est la peur qui motive cette pratique douteuse. En tout cas, ça ressemble drôlement à un racket de protection... C'est rendu bas.
Une première manif
Finalement, mercredi les lockouté-es sont allez manifester pour la première fois devant leurs anciens bureaux (voir photo). J'imagine que le dossier sera à suivre dans les prochaines semaines. La rumeur parle d'une apparition de Média Matin Québec sur internet et d'une nouvelle offensive syndicale pour faire monter la pression d'un cran.
* * *
P.S.: Je ne sais pas pour vous mais, moi, j'étais très curieux de savoir ce qui se passe dans la tête de Michel Hébert --grand chroniqueur de droite du JdeQ-- pendant qu'il est en lock-out. Il nous en donne un aperçu sur son blogue. Intéressant. Avis aux intéressés, il publie là pas mal toutes ses chroniques du Média Matin Québec.
MISE-À-JOUR : Le "camarade Hébert" a retiré de son blogue ses réflexions sur les oiseaux mouches... Dommage.
mardi 10 juillet 2007
Lock-out au Journal de Québec : la CSQ donne 25 000 $
Un article de Média Matin Québec, publié sur le site du SCFP, nous apprend que la Centrale des syndicats du Québec a récolté 25 000 $ en appui aux lockouté-es du Journal de Québec. Le quotidien parallèle écrit que "en quelques minutes seulement, les 600 congressistes réunis à la fin juin, à Québec, ont amassé sur le plancher plus de 25,000$, qui seront versés directement dans le fonds d’aide des travailleurs du Journal de Québec." Le porte-parole des lockouté-es se dit très touche de cet appui, d'autant plus que la CSQ n'a que peu de liens avec le monde des communications.
Rappelons que la CSQ fut le premier --et le seul!-- groupe à produire une analyse détaillée du conflit (voir cet article), analyse qui n'a d'ailleurs été reprise par aucun média. C'est également le premier --et, encore une fois, le seul!-- groupe a appeler publiquement à un boycott permanent du Journal de Québec (ça, même les lockouté-es n'osent pas le faire).
Je me demande comment certains lockouté-es --Michel Hébert, par exemple-- vivent avec l'appui de la CSQ, qui déclarait entre autre que "la lutte des salarié-es du Journal de Québec s’apparente aux luttes des employé-es du secteur public à bien des égards"...
Rappelons que la CSQ fut le premier --et le seul!-- groupe à produire une analyse détaillée du conflit (voir cet article), analyse qui n'a d'ailleurs été reprise par aucun média. C'est également le premier --et, encore une fois, le seul!-- groupe a appeler publiquement à un boycott permanent du Journal de Québec (ça, même les lockouté-es n'osent pas le faire).
Je me demande comment certains lockouté-es --Michel Hébert, par exemple-- vivent avec l'appui de la CSQ, qui déclarait entre autre que "la lutte des salarié-es du Journal de Québec s’apparente aux luttes des employé-es du secteur public à bien des égards"...
Quebecor ne veut pas négocier!
Selon Media Matin Québec, Quebecor ne veut toujours pas négocier. Dans l'édition d'hier un article nous informe qu'une rencontre en présence du conciliateur a eu lieu vendredi. Le rédacteur raconte que la réunion a duré en tout et pour tout 20 minutes. Selon le journal des lockouté-es, une proposition syndicale pour rouvrir les négociations a été faite, et une fois de plus, l’employeur a quitté la table sans y répondre. Selon les syndiqué-es, depuis le 16 mars, l’employeur ne daigne même pas rencontrer les syndicats et négocier sérieusement.
Source : SCFP
Source : SCFP
jeudi 5 juillet 2007
MédiaMatin Québec : 2M de copies plus tard...
Le 2 000 000 exemplaire du MédiaMatinQuébec a été imprimé cette nuit. Selon l'éditeur, plus de 2 007 000 copies ont été distribuées à ce jour. Denis Bolduc, porte-parole des syndicats des bureaux, de l'imprimerie et de la rédaction du Journal de Québec, souligne que «dans un contexte normal, le temps serait à la réjouissance. Mais, malheureusement, le moment est plutôt à la désolation. Quebecor a plongé, sans raison valable, le Journal de Québec dans un conflit qui dure depuis maintenant onze semaines.» Onze semaines de lock-out, 50 éditions d'un journal parallèle, plus de deux millions d'exemplaires diffusés... Une occasion comme une autre de sortir l'un des textes que j'ai écrit pour l'Infobourg, un journal de quartier de Québec, sur les enjeux du conflit...Convergence: l’offensive Quebecor
Le dimanche 22 avril dernier, Quebecor a mis les employés-es de la rédaction et des bureaux du Journal de Québec en lock-out. Par solidarité, les employés-es de l’imprimerie ont déclenché la grève. Cela n’a pas empêché la multinationale, qui avait préparé son coup de longue date, de publier son édition du lendemain. Par contre, personne ne s’attendait à voir les syndiqués-es lancer leur propre quotidien parallèle, Média Matin Québec. Retour sur les enjeux d’un conflit de travail.
(NLL) Le monde des médias est en profonde mutation. Les marchés ont tendance à se fragmenter et la gratuité s’impose de plus en plus auprès des nouvelles générations de consommateurs. Ceci rend difficile la rentabilisation de certains types de contenus tels que les grandes séries télé ou le journalisme d’enquête. Globalement, on peut dire que les développements technologiques des dernières années (Internet, téléphone sans fil, iPod, télé satellite, etc.) annoncent un changement de paradigme et un «rebrassage» des cartes entre les différents médias.
Dans la presse écrite, il devient difficile de produire un journal offrant de tout pour tout le monde, tout comme il n’est plus possible de se contenter de raconter ce qui s’est passé la veille. Puisqu’il faut payer, les gens en veulent pour leur argent et exigent du contenu exclusif à haute valeur ajoutée, comme par exemple des cahiers spéciaux, des dossiers, de l’analyse, des sondages, etc. Or, tout ça coûte cher à produire et les revenus, comme les tirages, ont tendance à stagner.
Thérapie-choc
Anticipant sur les tendances, l’empire Quebecor est en restructuration et impose une thérapie-choc à ses artisans-es, l’idée de base étant de réduire les coûts en multipliant les partages de contenu entre ses différents médias et en centralisant ce qui peut l’être (ex.: les nouvelles internationales). Le hasard et peut-être aussi la réputation des syndicats impliqués, qui ne sont pas reconnus pour leur militantisme, ont voulu que le Journal de Québec passe à la casse en premier. Quebecor veut, entre autres, délocaliser le service des petites annonces, mettre le service informatique en sous-traitance, abolir la semaine de quatre jours des journalistes, augmenter la proportion d’articles produits à l’externe et baisser les salaires. Rien de moins!
Le but ultime de Quebecor est de pousser encore plus loin la logique de la concentration des médias pour en arriver à abattre les cloisons entre toutes les salles de rédaction de son empire. Ainsi, le travail d'un-e seul-e journaliste servirait à l'ensemble du groupe. Bref, faire plus avec le moins de frais possible. De l’avis de plusieurs intervenants-es, cela porterait un dur coup à la diversité et la qualité de l’information, déjà passablement mises à mal.
S’il réussit, le coup de force de Quebecor aura aussi des impacts régionaux importants. Délocaliser certains services du Journal de Québec aura forcément un impact économique, car ça voudra dire pomper encore plus de fric en dehors de la région. On peut aussi anticiper une montréalisation encore plus poussée de l’information. Déjà qu’il n’y a que deux chroniqueurs du Journal qui sont basés à Québec et que leur salle de rédaction est moins importante que celle du journal Le Soleil, qu’est-ce que ça va être s’ils coupent encore? Le pire, c’est l’impact potentiel sur les autres médias: si Quebecor réussit, les autres n’auront pas le choix de l’imiter. Misère…
vendredi 22 juin 2007
Journal de Québec : Vif succès du boycott d’un jour selon les syndicats
Lu sur le site du SCFP:
L’appel au boycott d’un jour du Journal de Québec lancé par les travailleurs lockoutés a été couronné d’un vif succès.
«C’est au-delà de ce qu’on espérait», a déclaré le porte-parole des trois syndicats, Denis Bolduc, qui tient à remercier chaleureusement tous les gens qui, hier, ont démontré, par leur geste, qu’ils refusent que Quebecor transforme le Journal de Québec en coquille vide au profit de Montréal, Mirabel, Toronto ou Kanata, en banlieue d’Ottawa.
Pour Denis Bolduc, l’opération d’hier se veut un coup de semonce qui, espère-t-il, convaincra Quebecor de revenir à la table de négociations. «S’il le faut, nous devrons analyser la possibilité de faire une autre action encore plus importante», a-t-il dit.
/... lire la suite
mardi 19 juin 2007
Appel au boycott
Les lockouté-es du Journal de Québec lancent un appel au boycott du 'journal' que continue de publier Quebecor à Québec malgré le conflit de travail. Les syndiqué-es en appellent à un boycott d'un jour (pour l'instant?). La date retenue est le 21 juin, parce que c'est le jour le plus long (!?). Dans un communiqué, les lockouté-es écrivent : "ce jour-là, nous demandons de ne pas acheter le Journal de Québec et de ne pas le lire au restaurant ou ailleurs. Ignorez-le. Prenez un autre journal. Le MédiaMatinQuébec fera très bien l’affaire". Dans leur édition de ce matin, les artisans du MédiaMatinQuébec précisent "faites-le pour nous, certes, mais aussi pour le région de Québec qui a besoin de garder ses emplois de qualité. Empêchez Quebecor d'imposer un modèle montréalais à Québec. Refusez que l'entreprise prenne votre argent et celui des annonceurs d'ici pour l'exporter à Mirabel, Montréal, Toronto ou Kanata, en banlieue d'Ottawa".
Guerre de mots
L'appel au boycott a été fait pour ajouter de la pression sur l'empire et forcer Quebecor à revenir à la table de négociation. Selon les syndicats, ils ont contactés pour la troisième fois le conciliateur pour tenter de faire revenir Quebecor à la table de négociation, sans succès. Les syndicats affirment dans leur communiqué avoir déposé une proposition qui, croient-ils, est en mesure de relancer les négociations et d’en arriver à un règlement rapidement. Ce que Quebecor nie carrément !
Dans un communiqué émis hier, la compagnie se rabat sur le fait qu'elle n'a pas eu de contre-proposition écrite et globale à son "offre globale et finale" du 20 février 2007. Ce matin, c'était au tour des syndicats de nier, dans MédiaMatinQuébec! Selon les lockouté-es, une contre-proposition écrite a bel et bien été déposé... le 16 mars. À ce moment, l'employeur l'avait qualifié de "presque statu-quo". Selon les artisan-nes de MédiaMatinQuébec, "ce n'est pas parce que cette proposition ne fait pas son affaire qu'il doit maintenant nier son existence"... Bref, c'est l'impasse!
Il n'en demeure pas moins que les représentant-es des syndicats en conflit ont rencontré plus souvent les procureurs de Quebecor en cours que les négociateurs de la compagnie en présence du conciliateur.
Le 21 juin, donc, boycottez le Journal de Québec. Pour le reste, on verra...
Cheap...
En passant, j'ai 'oublié' de vous en parler mais Quebecor continue ses vacheries dans le cadre du conflit. Une de ses journalistes est actuellement poursuivie par la SIQ (qui veut qu'elle dévoile ses sources) pour un papier publié avec le conflit. Un syndicaliste de la SIQ a déjà perdu son emploi à cause de cette histoire. La journaliste ne veut évidemment pas dévoiler ses sources. Le hic c'est que Quebecor refuse de la défendre en cours, arguant que la convention est suspendue pour la durée du conflit... Pat Lagacé en parlais sur son blogue.
vendredi 15 juin 2007
Guerrilla judiciaire : Quebecor remporte la bataille de la bannière
La bannière en question reprend le logo du Journal de Québec, auquel les slogans "En kiosque", "Made in Toronto" et "Imprimé à Mirabel" ont été ajoutées. Elle est posée devant le "local de lock-out" (une roulotte dans le parking de la FTQ à Québec) depuis le 31 mai. L'objet du litige est un peu bâtard, Quebecor prétend que le logo du Journal est une "oeuvre d'art" qui lui appartient et que les syndiqués n'ont aucun droit de l'utiliser...
Le juge Raymond Pronovost a donc donné raison à Quebecor sur la question des droits d'auteurs. Les syndicats notent toutefois qu'à aucun moment durant les procédures, la véracité du message n'a été attaquée par Quebecor. Les syndiqué-es doivent donc retirer la bannière même si le juge convient que le message véhiculé par les syndicats n'est ni diffamatoire, ni haineux. Contrairement à ce que souhaitait Quebecor, la Cour n'a pas obligé les syndiqué-es à remettre la bannière à leur patron.
Réactions
S'exprimant au nom des trois groupes de syndiqués en conflit au Journal de Québec, Denis Bolduc, croit que "Quebecor devrait plutôt consacrer ses énergies à la table de négociation, là où les vraies choses vont se passer, plutôt que de multiplier les recours judiciaires. De toute façon, a-t-il ajouté, c'est une victoire à la Pyrrhus pour Quebecor, le résultat net de leur démarche, c'est que toute la ville de Québec a entendu parlé de notre bannière et de notre message depuis 15 jours."
vendredi 8 juin 2007
Quebecor débouté dans l'affaire de la bannière...
Quebecor a été débouté une fois de plus dans la guerrilla juridique qui l'oppose aux lockoutés du Journal de Québec. Cette fois la multinationale voulait faire décrocher une bannière syndicale utilisant le logo de la Cie dans le contexte d'un conflit de travail. Pour le moment, la Cour supérieure a refusé d'accorder une injonction provisoire à Quebecor mais l'affaire reste à être entendue sur le fond.
«Heureusement, le ridicule ne tue pas!» a commenté le porte-parole des employés du Journal de Québec, Denis Bolduc. «Après avoir embauché 14 cadres en septembre, puis exigé des dizaines de coupures de postes à la table de négociation, installé dès janvier une salle de presse à Toronto pour produire le Journal, embauché des dizaines de gardiens de sécurité, installé des barricades autour de son édifice, mis ses employés en lock-out, imprimé son journal à Mirabel, pour ensuite plaider que, même en lock-out, les employés lui doivent loyauté, j’espère que Quebecor ne s’attendait pas à ce qu’on lui fasse une bannière pour les féliciter!»
«Heureusement, le ridicule ne tue pas!» a commenté le porte-parole des employés du Journal de Québec, Denis Bolduc. «Après avoir embauché 14 cadres en septembre, puis exigé des dizaines de coupures de postes à la table de négociation, installé dès janvier une salle de presse à Toronto pour produire le Journal, embauché des dizaines de gardiens de sécurité, installé des barricades autour de son édifice, mis ses employés en lock-out, imprimé son journal à Mirabel, pour ensuite plaider que, même en lock-out, les employés lui doivent loyauté, j’espère que Quebecor ne s’attendait pas à ce qu’on lui fasse une bannière pour les féliciter!»
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