samedi 5 mai 2007

Un statu pour tous et toutes!

Quelques centaines de supporters des droits humains (200 selon cyberpresse) ont joint la marche de Solidarité sans frontières pour les régularisations de tous les sans-papiers au Canada. Les camarades de Reactionism Watch omt mis en ligne une galerie de photos. À voir ici.

Plus de détails sur la marche et les revendications ici.

Un tour du monde ouvrier : Premier mai 2007

Solidarité ouvrière m'a donné l'idée de faire un tour du monde ouvrier des manifs du Premier mai. Voici.

Québec :



À Québec, l'intersyndicale avait eu la bonne idée (sic) d'organiser un rassemblement en face du parlement, sur l'heure du diner. Participation d'à peu près 300 personnes à cette "cabane à sucre" (??) du Premier mai.

Gaspésie :



Rassemblement de 300 personnes pour appuyer la lutte des travailleurs du chantier maritime Verreault (qui menace de fermer s'il n'y a pas de concessions).

Montréal :





Entre 1000 et 6000 personnes selon les sources (plus près de 1000 semble-t-il). À peu près 300 personnes dans les cortèges radicaux. Le PCR propose une galerie de 20 photos des rouges et un sympathisant du groupe en propose une trentaine (incluant quelques cortèges syndicaux).

Albanie :



Allemagne :



Argentine :



Bolivie :



Bulgarie :



Chine :



Croatie :



Espagne :



France :





Inde :



Iran :



Irak :



Italie :



Panama :



Pakistan :



Thaïlande :



Turquie :



New York :



Solidarité ouvrière propose encore plus de photos (plus de 80) sur sa page spécial photos du Premier mai. À lire également, toujours sur Solidarité ouvrière, Bilan du Premier mai dans le monde et la répression du Premier mai 2007.

vendredi 4 mai 2007

Le PDG le mieux payé du paradis capitaliste : Steve jobs

Via Reactionism Watch:

Steve Jobs, PDG du groupe informatique Apple (AAPL), qui officiellement ne reçoit qu'un dollar de salaire par an, a été en 2006 le patron le mieux rémunéré des Etats-Unis, avec 646 millions de dollars sous forme de stock-options ou bonus, selon le classement du magazine Forbes.

Ça alors, il ne gagnerait qu'officiellement 1 dollar par an ? Un peu comme le salaire des gens les plus pauvres de la planète... Mais non, c'est en fait 646 millions de dollars, le salaire annuel des plus grands bourgeois américains et de leurs marionettes, les politiciens des deux grands partis...

1$ par année, ça aurait pû être son vrai salaire pendant que Bill Gates faisait des ravages avec son terminator, Window XP mais depuis la commercialisation du Ipod, nous ne sommes plus du tout convaincus...

Les bourgeois nous feront toujours rire !


Pis après ça y'en a qui trouvent que nos syndiqué-es sont trop payés...

C'est le monde à l'envers...


Quebecor et ses syndiqué-es en lock-out se sont retrouvés en Cour supérieure aujourd'hui. La multinationale veut en effet faire cesser la publication du MédiaMatin Québec, le quotidien parallèle des lockoutés du Journal de Québec. La partie patronale a fait connaitre ses arguments par voie de communiqué et, franchement, c'est le monde à l'envers.

Quebecor prétend que "l'édition de ce quotidien constitue un acte de déloyauté, préparé de longue date, qui contrevient aux obligations fondamentales de loyauté inhérente à toute relation employeur-employé". Selon la compagnie, "le déclenchement d'un conflit de travail n'altère en rien l'existence et l'application de cette obligation de loyauté." Franchement! Voilà un patron qui met ses employé-es en lock-out et qui s'attend à ce qu'ils lui reste loyaux... On aura tout vu.

Selon Radio-Canada, les avocats de Quebecor aurait également argumenté que la publication de MédiaMatin Québec contrevient à une clause de non-concurrence de la convention collective (voir le reportage). Selon Alain Barré, professeur en relations industrielles à l'Université Laval interrogé par la télévision publique, le moyen de pression utilisé par les syndiqués en lock-out est légitime. Selon lui, le Code du travail en vigueur depuis 1964 a légitimé le recours à la pression économique pour favoriser la conclusion d'une convention collective. Il ajoute que, depuis le déclenchement de la grève ou du lock-out, la convention collective est sans effet juridiquement.

Du côté syndical, on dit que la publication de MédiaMatin Québec est un moyen de pression et non le lancement d'un concurrent au Journal de Québec. Les syndiqué-es n'ont absolument pas l'intention de poursuivre la publication après la fin du conflit. Pour les avocats des syndicats, c'est une question de liberté d'expression et, oui, de rapport de force.

À quoi Quebecor s'attendait, à ce que ses syndiqué-es se laissent mettre à la rue sans rien faire. Faut croire que de constater que ses employé-es ne sont pas des pauvres types sans défense et sans ressources déplait souverainement à la multinationale. Apparemment que chez Quebecor on n'aime pas les employé-es qui se tiennent debout (on doit les préférer à genoux).

Dans une mise-en-demeure envoyés aux dirigeant-es syndicaux (dont un résumé a été envoyés à tous les syndiqué-es) la compagnie pousse le bouchon encore plus loin. Elle reproche aux dirigeant-es syndicaux de s'être préparé au conflit! La mise en demeure fait état du fait que la société éditrice de MédiaMatin Québec, l'Union des Syndicats du Journal de Québec, a été incorporée dès le 15 janvier 2007 et que le nom de domaine médiamatinquébec.com a été enregistré le 23 janvier 2007.

Quebecor écrit même : "depuis le lancement du quotidien Média Matin Québec, il nous apparait maintenant clair qu'avec la pleine complicité des instances centrales du syndicat à Québec et à Montréal, vous avez consacré vos énergies à planifier tous les aspects logistiques, financiers et organisationnels du lancement d'un quotidien concurrent plutôt que de les consacrer à développer de bonne foi une contre-proposition qui aurait permis d'enclencher des négociations sérieuses. Il nous apparait donc que vous n'appréhendiez pas un conflit de travail mais au contraire, que vous le souhaitiez (...) Vous avez sciemment choisi de marquer le temps jusqu'à ce que l'employeur n'ait plus d'autres choix que de se prévaloir de son droit de lock out. Tous les faits dont nous disposons indiquent clairement que vous n'avez jamais voulu négocier de bonne foi, préférant planifier, à partir de l'expertise et de la renommée acquises au Journal de Québec, le lancement d'un produit qui fait directement concurrence au Journal".

C'est clair, la multinationale fait de la projection ! Ça fait depuis le mois de septembre qu'eux-mêmes préparent activement ce conflit (la chronologie de la préparation patronale est ici)... Il aurait été irresponsable de la part des directions syndicales de ne pas se préparer à cette bataille. Ce que la multinationale leur reproche surtout c'est d'oser résister, de les avoir pris les culottes à terre et d'être en train de gagner la sympathie du public (bref d'être plus intelligent qu'eux-autres).

Une idée comme ça, en passant...

Ce n'est pas d'hier qu'on cause de convergence et de concentration de la presse en ayant un oeil sur les effets négatifs que cela a sur la qualité et la diversité de l'information (la première sortie de la FPJQ sur cette question remonte à... 1969, l'année de sa fondation). L'État n'a jamais osé intervenir et s'en remet à "l'éthique capitaliste" (dixit Landry).

Tiens, voici une idée récoltée en surfant sur le web. Imaginez que deux (ou trois, ou quatre) quotidiens présents sur un même marché doivent se partager les recettes publicitaires, les frais d’impression et les coûts de distribution. Voilà comment ça pourrait se passer : Le Soleil et Le Journal de Québec uniraient leurs forces de frappe dans une « Corporation des quotidiens de Québec ».

Cette corporation aurait la responsabilité exclusive de collecter la publicité pour les deux publications et de procéder à leur impression et à leur distribution. Seules les salles de rédaction seraient séparées et autonomes.

L’avantage de ce système ? Un : aucun des deux associés ne peut avaler l’autre. Deux : la survie de l’un dépend de celle de l’autre.

Complètement utopique? Révolutionnaire? Incompatible avec une économie de marché? Et pourtant...

Cette idée est américaine. C'est comme ça que ça marche chez nos voisins du sud depuis 1952. Les Américains appellent ça le « Great Accomodation ». Il est en vigueur dans des agglomérations aussi importantes que Detroit, Las Vegas, Cincinnati, Denver ou Seattle.

Rien d’étonnant, donc, qu’il y ait encore 1500 quotidiens en opération aux États-Unis.

Si, toutes proportions gardées, nous avions le même attachement que les Américains à l’endroit de leurs journaux, il y aurait une quarantaine de quotidiens au Québec et non une dizaine !

Source : Six colonnes à la une (Didier Fessou, Le Soleil - la majeure partie de cette entrée de blogue est un vulgaire pastiche du texte de Fessou que vous devriez d'ailleurs aller lire parce qu'il va plus loin et parle aussi de d'autre chose...).

La menace de grève se précise à la Société de transport de Montréal

Au début mars, le 4 pour être plus précis, les employé-es d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM) votaient à 97 % pour la grève. D'habitude, lors de ce genre de scrutin, on laisse le loisir à l'exécutif syndical ou au comité de négociation de déclencher la grève au moment jugé opportun. Pas cette fois. En effet les employé-es se réunissent en assemblée générale dimanche prochain pour décider du moment de la grève. Bref, ils et elles vont adopter une sorte d'ultimatum transparent.

Réparer les pots cassés

Les médias traditionnels n'ont pas été particulièrement curieux sur les raisons qui poussent les syndiqué-es à envisager de faire grève. Résultat, les montréalais n'en savent rien. Heureusement, l'ex-président de la CSN Marc Laviolette a voulu en savoir plus et a pondu un article dans la plus récente livraison de l'Aut'journal.

Il semble que l'enjeux principal soit la réorganisation du travail à la STM. Pendant cinq ans la STM avait confié en sous-traitance la gestion de l'entretien à la firme privé Slivia. Or, ce fut désastreux et les dégâts sont important (voir la sortie du syndicat en mai 2006). D'après le syndicat, la flotte est dans un pire état qu'en 1993, année d'une crise majeure à la STM. C'est pas compliqué, pour faire plus de fric, le privé avait augmenté la cadence et mettait en circulation des autobus qui ne passaient pas le test des normes de la SAAQ. Le syndicat évalue que de 400 à 450 autobus devraient normalement être immédiatement retiré de la circulation pour une sérieuse mise à niveau si on appliquait à la lettre les normes de sécurité en vigueur.

Pour Pierre St-Georges, le président du syndicat de l'entretien : «Ce n'est pas les 100 millions annoncés par le gouvernement Charest pour venir en aide au trasport en commun au Québec qui vont régler le problème. Quand un service d'entretien composé de 2 200 travailleurs et travailleuse génère 480 000 heures de temps supplémentaire par année c'est qu'il y a un grave problème d'organisation du travail et de gestion.» «La réorganisation du travail doit être négociée avec le syndicat et nous avons des objectifs précis à ce chapitre» a-t-il dit à l'Aut'Journal.

Équité intergénérationnelle

D'autre part, le syndicaliste expliquait à l'Aut'Journal qu'un enjeux d'équité intergénérationnel se posait sur l'enjeux du fonds de retraite. «Parmis les 2 200 membres du syndicat, près de 50% sont des jeunes. Présentement ces jeunes n'ont pas accès aux mesures de bonifications temporaires (primes de raccordement) permettant aux salariés qui ont 30 ans d'ancienneté ou qui atteignent le chiffre magique de 80 (âge et ancienneté) de prendre leur retraite. C'est un problème d'équité intergénérationnelle. Nous voulons rendre permanente ces primes de raccordement pour permettre à tous les membres d'a avoir accès.» C'est le sens des négociations sur le fonds de pension. Le syndicat exige aussi, selon l'Aut'Journal, la pleine gestion paritaire du fonds de pension.



À lire également : Autobus de la STM - La piètre gestion de l'entretien menace la sécurité publique

La FNC appuie les lockoutés du Journal de Québec

La Fédération nationale des communications (FNC) de la CSN veut "assurer les travailleuses et les travailleurs du Journal de Québec de toute sa solidarité". Un communiqué en ce sens a été envoyé ce matin.

La Fédération, qui regroupe à peu près la moitié des syndiqué-es du secteur des communications (dont la rédaction du Journal de Montréal), trouve pour le moins étonnant que Quebecor ait réagit aussi radicalement au rejet des offres patronales par les syndiqués, alors qu'aucun syndicat du journal n'avait pris de vote de grève.

La FNC s'inquiète du comportement des dirigeants de Quebecor qui, selon la présidente Chantale Larouche, semblent vouloir profiter de la situation dominante du groupe dans les médias pour imposer un modèle de gestion des relations de travail agressif et archaique.

"Ce qui avait été appréhendé par les opposants à la concentration excessive des médias se concrétise malheureusement. Fort de son pouvoir démesuré, Quebecor, qui contrôle à la fois des journaux et des magazines, de même que le plus important réseau privé de télévision, un site internet et Vidéotron, a les coudées franches pour imposer ses règles avec arrogance, et ce, sans égard aux artisans et au public qui l'enrichissent", de dénoncer la présidente de la FNC. À titre d'exemple, Chantale Larouche mentionne la récente saga du Fonds canadien de la télévision quand Quebecor avait suspendu ses contributions réglementaires, mettant ainsi en péril toute l'industrie télévisuelle.

Selon la FNC, la lutte qui oppose les travailleuses et les travailleurs du Journal de Québec à Quebecor dépasse le conflit de travail traditionnel et interpelle l'ensemble du milieu journalistique ainsi que toute la population québécoise. "Si Quebecor réussit ses visées avec les salarié-es du Journal de Québec, il faut s'attendre à une standardisation qui visera toutes les composantes de l'empire et qui imposera des reculs importants en matière de conditions de travail et de qualité de l'information."

Rappelons que plusieurs autres importants syndicats (la CSQ, les TCA) ont manifestés dans les dernières semaine un appui aux lockoutés du Journal de Québec.

Avis de recherche chez les retraités de l'État québécois

COMMUNIQUÉ

Selon le Conseil du trésor, environ 7 000 personnes retraitées de la fonction publique du Québec n’ont pas réclamé leur dû à leur dernier employeur, dans le cadre du règlement sur l’équité salariale. De ce nombre, 5 000 seraient des membres du SFPQ.

Considérant que ces sommes d’argent sont dans les coffres de l’État et que le règlement de l’équité salariale aura un impact sur les régimes de retraite de ces personnes (rentes, RREGOP, RRF), il est impératif de tenter de les joindre à nouveau.

Le SFPQ rappelle que les personnes ayant quitté leur emploi pour toutes sortes de raisons doivent communiquer, par écrit, à leur dernier ministère ou organisme afin de réclamer les sommes dues en vertu de l’équité salariale. Pour ce faire, un modèle de lettre est disponible.

Si vous êtes une personne visée par cette entente et que vous ne trouvez plus le nom de votre employeur, un service d'information téléphonique sur l'équité salariale a été mis en place par le Conseil du trésor : 1-866-388-3330.

Source: SFPQ

Sherbrooke - Manifestation d'appui aux employé-es du transport adapté

COMMUNIQUÉ

Le 1er mai dernier, la centaine de délégué-es du congrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE) ont manifesté devant les bureaux de la Société de transport de Sherbrooke (STS) en appui aux 23 employé-es du transport adapté de Sherbrooke. Leur convention collective est échue depuis 15 mois.

Après une première journée de grève, l’employeur est revenu à la table de négociation avec des offres inférieures à celles qu’il avait déjà déposées. « Le climat de travail est très difficile au service du transport adapté. L’employeur est intransigeant et il a clairement la volonté d’utiliser de plus en plus la sous-traitance », a expliqué Jean Lacharité, président du CCSNE. Les employé-es disposent d’une banque de cinq jours de grève, dont deux ont été utilisés jusqu'à ce jour.

Les employé-es demandent en premier lieu la parité des primes avec les chauffeurs du transport urbain. En date du 3 mai, il n’y avait eu aucun échange avec la partie patronale depuis 70 jours. De son côté, l'employeur devait donner, en début de semaine, un certain nombre de réponses à la partie syndicale par la voix du conciliateur, mais le syndicat n’en a toujours eu aucune nouvelle.

Source: CSN

Nouvelle entente de principe dans l'industrie de la construction

L’Alliance syndicale, composée du Conseil provincial (International), de la CSD Construction et de la CSN–Construction, a annoncé, le 2 mai, la conclusion d’une entente de principe avec l’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ) dans le cadre des négociations de la convention collective des travailleurs du secteur résidentiel.

Cette dernière entente vient clôturer la ronde de négociations qui se déroulait dans la construction depuis l’automne dernier.

Plus de détail dans le site Info-Négo.

jeudi 3 mai 2007

Le FRAPRU manifeste : Les mêmes demandes dans les cartons !

Via Le Devoir :

Les mêmes demandes dans les cartons

Nouveau gouvernement, nouvelles manifestations. Quelque 200 militants du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) -- dont des tout-petits qui ont trouvé là de quoi s'amuser -- sont venus rappeler leur présence à la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, hier, à Montréal.

Le FRAPRU exige que le prochain budget comprenne des investissements pour de nouveaux logements sociaux, ce que le budget Audet ne prévoyait pas. Il réclame aussi la reconduction des mesures d'urgence et du financement pour les familles et les personnes qui se retrouveront sans logis autour du 1er juillet. Les manifestants ont notamment déployé une bannière géante sur l'édifice du ministère représentant un logement social.

Photo: Jacques Nadeau


Lire aussi : Le FRAPRU refuse que le logement social tombe à zéro

Liberté de presse : "il ne faut rien prendre pour acquis" -Claudette Carbonneau (CSN)

La Fédération nationale des communications (FNC) de la CSN est sortie à l'occasion de la 17ème Journée internationale pour la liberté de presse. Évidemment, le syndicat souligne qu'on ne peut comparer la situation québécoise à celle qui prévaut ailleurs dans le monde où il est pour le moins périlleux d'exercer le métier de journaliste. N'empêche, il ne faudrait pas trop s'assoir sur nos lauriers.

La CSN rappelle que le droit du public à l'information est un droit reconnu par les chartes des droits et libertés du Québec et du Canada. Pour la centrale, "ce sont les journalistes qui jour jour après font en sorte de protéger le droit du public à une information indépendante et de qualité". Pour Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, "il serait tout de même périlleux de tenir pour acquis que la liberté de presse va de soi dans notre société. Il faut rester vigilants."

Selon le syndicat, la concentration des médias entre les mains de quelques joueurs risque de limiter la diversification des points de vue. Chantale Larouche, présidente de la FNC, s'inquiète "que la convergence dans les médias entraîne une diminution de la qualité de l'information". Selon elle, pour alimenter plusieurs médias à la fois, sans coût supplémentaire (radio, télévision, web, presse écrite) les entreprises de presse risquent de négliger l'aspect fondamental du travail journalistique qui nécessite temps et rigueur. Par exemple, dans la presse écrite, un journaliste doit produire à la fois un texte pour un quotidien et une autre version pour le web, mais dans le même temps avec les mêmes ressources. Et dans la presse électronique, on y ajoute des versions pour la radio, la télé sans oublier le web. "On demande aux journalistes d'en faire plus, en moins de temps, ce qui limite grandement leur capacité à analyser les situations et ce qui augmente le risque d'erreurs. La multitude des sources n'est pas garante de la diversité et de la qualité de l'information, puisqu'un seul journaliste alimente plusieurs médias en même temps," ajoute-t-elle.

La FNC (CSN) représente près de 7000 membres, dont plus du tiers sont des journalistes de la radio, de la télé, de la presse écrite et électronique, à l'emploi de Radio-Canada, Télé-Québec, TQS ainsi que des groupes Gesca, Corus, Quebecor, Transcontinental, Radio-Nord et Astral Media.

La liberté de presse dans le monde

Selon Reporters sans frontière, treize journalistes et quatre collaborateurs des médias on perdu la vie dans l’exercice de leur fonction depuis le 1er janvier 2007. L'an passé, 110 journalistes ont été tués dans le monde. Au 20 mars 2007, 141 professionnels des médias sont toujours emprisonnés pour avoir simplement voulu informer. Notons finalement que l'UNESCO, instigatrice de la Journée internationale pour la liberté de presse, tient un Mémorial des journalistes assassinés.

mercredi 2 mai 2007

Les patrons aussi ont des émotions...

...la preuve : Luc Lavoie --porte-parole de Quebecor-- pête littéralement les plombs dans un courriel envoyé à Patrick Lagacé. C'est à peine s'il le menace pas de lui casser la gueule! À Lire sur le blogue de Lagacé.

Un autre point de vue sur "MédiaMatin Québec"

Vous vous souvenez peut-être de ma montée de lait suite à ma déception à la lecture du premier numéro de MédiaMatin Québec, le quotidien gratuit des lockoutés du Journal de Québec. Je n'y allais pas avec le dos de la cuillère. L'éditorialiste du Voir a assez bien résumé ma pensée cette semaine : "Tu peux sortir le gars du Journal de Québec mais tu peux pas sortir le Journal de Québec du gars". Pierre Mouterde, du webzine Presse toi à gauche!, défend un tout autre point de vue sur le journal des lockoutés. En fait, il ne se peut plus d'enthousiasme ! Son point de vue sur la question vaut la peine qu'on s'y attarde puisqu'il synthétise pas mal tout les bons côtés de l'affaire (mais sans l'ombre d'une once d'esprit critique). En fait, il dit en gros ce que j'aurais voulu dire... avant d'avoir lu le dit journal.

Prendre l'initiative

Pierre Mouterde souligne à juste titre l'audace et la créativité dont on fait preuve les lockoutés du Journal de Québec. Pour lui, ils ont pris le taureau par les cornes. En choisissant de publier un quotidien gratuit à titre de moyen de pression, au lieu d'une traditionnelle ligne de piquetage, les syndiqués ont, dit-il, "pris avec brio l'initiative". Alors que c'est la défensive et le sentiment d'impuissance qui domine dans le reste du mouvement syndical, "dans le cas du conflit au Journal de Québec, c’est l’intéressant : on ne baisse pas les bras avant d’avoir collectivement et sur un mode unitaire pris l’initiative et surtout montré au « boss » que les travailleurEs et salariEés sont essentiels à l’entreprise".

Pour Pierre Mouterde, les syndiqués du Journal de Québec nous montrent carrément la voie. "En se lançant dans l’aventure « d’un média moyen de pression », les syndiquéEs du Journal de Québec (...) nous montrent (...) qu’un patron n’est pas aussi puissant qu’on l’imagine et qu’on peut faire trébucher ses volontés autocratiques. Ils nous montrent (...) qu’en cette période de montée de la droite et de néolibéralisation grandissante, les syndicats du Québec ne sont pas sans moyens, condamnés perpétuellement à l’impuissance" écrit-il.

C'est vrai et, effectivement, ça tranche avec ce qu'on voit habituellement dans le mouvement syndical québécois. Reste à voir ce qui est exportable là dedans. En examinant attentivement la question on se rend compte qu'une foule de moyen de pression alternatif s'offrent aux syndiqués mais qu'ils impliquent presque tous de rompre avec la légalité. [Je ne pense pas nécessairement à des actions radicales de type sabotage; plutôt à des trucs dans le même esprit que la publication d'un quotidien alternatif comme moyen de pression, ex.: les chauffeurs d'autobus --qui ont si mauvaise presse-- pourraient envisager de faire rouler les bus gratuitement; les techniciens de Videotron auraient pu "débrouiller" le cable au lieu de le couper; etc.] Il faut voir jusqu'où les gens sont capable d'aller dans cette voie.

L'audace & la créativité

Think big, stie ! Pourrait être la principale leçon à retenir de ce conflit pour la gauche sociale et politique. Il est ironique que cette leçon soit donnée par un syndicat que d'aucun considèraient comme le plus pissou du secteur des médias (il faut d'ailleurs reviser ce jugement à la lumière du conflit actuel). Faire preuve d'audace et de créativité, miser sur nos talents, voir grand... C'est non seulement la leçon à tirer du conflit au Journal de Québec (qui est loin d'être terminé) mais aussi celle qu'on aurait pu tirer de toutes les batailles des dernières années.

Autre chose, il faut sortir de nos tours d'Ivoire et "aller au peuple". Les lockoutés du Journal de Québec ne sont pas allé s'enterrer dans Vanier, ils se rappelent à nos bons souvenirs tous les matins et ce à 40 000 exemplaires. Avec ou sans médias de gauche, il faut aller voir le monde et lui parler. Il faut rompre avec nos mentalités d'assiégés. La gauche (une partie en tout cas) a tenté de le faire pendant la campagne électorale. Il est désolant de penser que la dernière fois où elle était aussi massivement (et profondément) "allé au peuple" c'était avant le Sommet des Amériques (soit 6 ans auparavant). Et après on se surprend d'une certaine "montée de la droite..."

"Ne comptons que sur nos propres moyens" comme dirait l'autre, ça reste d'actualité, même en 2007. Et si on commençait par exister politiquement, dans la cité, à longueur d'année?

MISE-À-JOUR - Selon la Presse Canadienne, le ministre libéral Philippe Couillard aimerait bien MédiaMatin Québec, le journal des lockoutés du Journal de Québec. Couillard se défend bien de prendre position dans la partie de bras de fer que se livrent syndicats et patrons. Néanmoins, il considère que les salariés ont opté pour une méthode harmonieuse de faire connaître leur point de vue. «Ce que je remarque, et certainement ce que les citoyens remarquent, c'est qu'il n'y a pas d'ambiance de confrontation agressive ou violente dans ce conflit-là, peut-être à cause que le syndicat a choisi cet instrument qui est essentiellement un instrument pacifique de démontrer sa situation. Là-dessus, du point de vue de la paix sociale, cela rend service à tout le monde», a-t-il précisé. Ouch! Cliquez pour lire le texte complet...

mardi 1 mai 2007

Rimouski : la drôle de grève

On a tous vu la pub du syndicat des profs de Rimouski dans les journaux. J'avoue n'avoir pas trop compris ce qu'ils et elles entendaient par "grève travaillée". Le communiqué de la Fédération autonome du collégial (FAC) ne m'a semblé beaucoup plus instructif. C'est finalement Le Devoir qui m'a éclairé ce matin.

Attention, grévistes au travail!

Clairandrée Cauchy

Soumis à la loi 42 qui interdit tout arrêt de travail, les quelque 230 enseignants du cégep de Rimouski feront une drôle de grève aujourd'hui. Ils tiendront une «grève travaillée», c'est-à-dire qu'ils dispenseront leurs cours comme à l'habitude, mais leur salaire sera versé à des organismes communautaires et culturels de la région.

C'est environ 45 000 $ qui seront ainsi donnés aujourd'hui par le syndicat à des groupes de la région, à même les salaires des enseignants.

Ce moyen de pression inusité vise à dénoncer la loi spéciale par laquelle le gouvernement a décrété leurs conditions de travail l'an dernier. Le syndicat local, membre de la Fédération autonome du collégial, dénonce également le sous-financement des cégeps en région. «On veut signaler la menace qui plane sur certains cégeps en région, à cause du sous-financement et des baisses démographiques», explique le président du syndicat, Claude Gaudreau. Deux programmes pourraient disparaître selon lui, soit informatique et technique d'entretien industriel, malgré des taux de placement en entreprise importants.

Comme lors d'une grève classique, la journée commencera par une ligne de piquetage, «perméable», puisque le syndicat ne peut entraver le fonctionnement du cégep. Les enseignants iront ensuite vaquer normalement à leurs occupations. Une assemblée publique se tiendra cependant à midi avec des représentants syndicaux de différents secteurs et des personnes issues de groupes communautaires.

Pour M. Gaudreau, un tel moyen de pression pourrait faire des petits, quitte à utiliser les fonds pour mener des campagnes de publicité.


Également à signaler, le texte d'Alain Dion, prof à Rimouski, dans la page opinion du même journal:

Nous ne nous tairons plus

Aujourd'hui, 1er mai, nous sommes en grève. Nous sommes en grève même si, en décembre 2005, le gouvernement Charest a décrété une loi spéciale pour tenter de nous faire taire. Nous sommes en grève malgré la menace et le mépris. Nous sommes en grève parce que nous croyons que l'éducation est gage de développement et de cohésion sociale et que le gouvernement Charest par laxisme irresponsable met en péril un pan entier de notre système d'éducation.

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