Le Devoir publie jeudi matin une lettre ouverte au président de la CSQ.
Extraits :
(...)"La liberté syndicale, la liberté de négocier, n'est pas la propriété des organisations syndicales. C'est la liberté de milliers de personnes salariées que portent les organisations syndicales et qu'elles doivent défendre et protéger sans relâche."
(...)"Les conséquences des positions tyranniques du gouvernement sont considérables. Elles ne peuvent qu'encourager l'arrogance et l'autoritarisme des employeurs locaux (commissions scolaires, cégeps, hôpitaux. etc.) et créer un climat étouffant et démotivant. Les gestes du gouvernement ayant un effet d'entraînement sur toute la société, son attitude pollue l'ensemble des relations du travail au Québec."
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mercredi 9 mai 2007
Insolite : Henri Massé devient camelot
Grève de 24 heures au cimetière Notre-Dame-des-Neiges
Il y aura une grève d'une journée, jeudi, au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal. Les syndiqués veulent protester contre l'intransigeance de la direction à la table de négociation. Selon le syndicat, les représentants patronaux se refusent à toute ouverture. Les pourparlers sont rompus depuis mardi.

Cortège des syndiqués dans la manif du Premier mai (photo : Camarade Tova).
Revendications
Les syndiqués, affiliés à la CSN, revendiquent la mise sur pied d'un régime de retraite. Ils veulent aussi que les primes de départ ne soient plus arbitraires et qu'elles soient formellement prévues.
Le syndicat revendique aussi la réduction de la semaine travail à quatre jours, la garantie d'un plancher de 36 semaines de travail annuelles et le resserrement des clauses de sous-traitance. Ce qui devrait assurer une plus grande stabilité de revenus aux nombreux travailleurs saisonniers, .
Les négociations ont débuté en mars et depuis le 2 avril, le syndicat a un mandat de
grève générale illimitée que l'assemblée générale a adopté à 98,8 %.
Cortège des syndiqués dans la manif du Premier mai (photo : Camarade Tova).
Revendications
Les syndiqués, affiliés à la CSN, revendiquent la mise sur pied d'un régime de retraite. Ils veulent aussi que les primes de départ ne soient plus arbitraires et qu'elles soient formellement prévues.
Le syndicat revendique aussi la réduction de la semaine travail à quatre jours, la garantie d'un plancher de 36 semaines de travail annuelles et le resserrement des clauses de sous-traitance. Ce qui devrait assurer une plus grande stabilité de revenus aux nombreux travailleurs saisonniers, .
Les négociations ont débuté en mars et depuis le 2 avril, le syndicat a un mandat de
grève générale illimitée que l'assemblée générale a adopté à 98,8 %.
Elle est bonne...
« Je n’ai pas la compétence pour aller là, je suis assez intelligent pour le savoir, a-t-il commenté. C’est bien trop difficile pour moi, je connais mes limites. » - Henri Massé
Le président de la FTQ répondait à un journaliste du Soleil qui lui demandait de commenter le fait que certains le verrait peut-être à la tête du P.Q.. Même le leader de la plus importante centrale ouvrière trouve que « c'est trop difficile pour lui » et ne veut rien savoir de remplacer André Boisclair. C'est pas comme si Henri Massé n'en avait pas vu d'autre et n'était pas habitué au stress et à ce que ça brasse. Il me semble que ça en dit long sur la nature de la job de chef du P.Q..
Le président de la FTQ répondait à un journaliste du Soleil qui lui demandait de commenter le fait que certains le verrait peut-être à la tête du P.Q.. Même le leader de la plus importante centrale ouvrière trouve que « c'est trop difficile pour lui » et ne veut rien savoir de remplacer André Boisclair. C'est pas comme si Henri Massé n'en avait pas vu d'autre et n'était pas habitué au stress et à ce que ça brasse. Il me semble que ça en dit long sur la nature de la job de chef du P.Q..
Manif des chauffeurs d'autobus scolaire
Les syndiqué-es sont en campagne depuis le début de l’année pour faire reconnaître leur travail. Ils réclament une augmentation du budget consacré au transport écolier de 15 millions $ par année, en plus d’un ajustement basé sur l’indice des prix à la consommation ; l’instauration du principe d’enveloppes budgétaires exclusivement dédiées au transport écolier pour éviter que les commissions scolaires ne détournent ces fonds à d’autres fins, comme certaines le font depuis 1997 ; le report des contrats de gré à gré, entre les transporteurs et les commissions scolaires, pour empêcher les diminutions des conditions de travail qui peuvent résulter d’un processus d’appel d’offres public ; et, enfin, l’adoption d’une politique nationale de discipline et de sécurité dans le secteur.
Vote de syndicalisation à l'Université du Québec en Outaouais
La campagne de syndicalisation des assistants de recherche et d'enseignement de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) va bon train. Un vote postal, régi par la Commission des relations de travail du Québec (CRTQ), se tiendra du 15 mai au 18 juin.
Notons que les salaires des employés-étudiants de l'UQO sont gelés depuis 10 ans. La campagne de syndicalisation est menée par l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). L'AFPC représente déjà plus de 10 000 étudiants universitaires au Canada, dont ceux de l'UQAM, de l'Université Laval et de l'Université Concordia au Québec. Un vote de syndicalisation se tiendra pendant la même période pour les étudiants de l'Université de Montréal. Les étudiants effectuent des tâches de correction, de monitorat, de supervision de laboratoire et des tâches reliées aux activités de recherche de l'Université.
Notons que les salaires des employés-étudiants de l'UQO sont gelés depuis 10 ans. La campagne de syndicalisation est menée par l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). L'AFPC représente déjà plus de 10 000 étudiants universitaires au Canada, dont ceux de l'UQAM, de l'Université Laval et de l'Université Concordia au Québec. Un vote de syndicalisation se tiendra pendant la même période pour les étudiants de l'Université de Montréal. Les étudiants effectuent des tâches de correction, de monitorat, de supervision de laboratoire et des tâches reliées aux activités de recherche de l'Université.
La STM demande l'intervention d'un conciliateur
Selon la Presse canadienne, la Société de transport de Montréal (STM) a demandé au ministère du Travail de nommer rapidement un conciliateur afin de faire avancer la négociation avec le Syndicat du transport de Montréal représentant 2000 employés d'entretien. Évidemment, la STM juge le mandat de grève prématuré et se demande pourquoi le syndicat "négocie sur la place publique" (refrain connu). Et annoncer d'avance un cadre financier incluant un gel des salaires, comme l'a fait le maire, ce n'est pas négocier sur la place publique, ça? Comme si les enjeux de négociation du secteur public n'était pas des enjeux politiques...
mardi 8 mai 2007
Les assistés sociaux en action
C'était le lancement hier de la 34ème Semaine québécoise de la dignité des personnes assistées sociales. Pour l'occasion les membres de Québec du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) se sont payés une tournée des bureaux de comtés des députés. Ceux qui les ont fuit --Gilles Taillon, par exemple-- ont vu leurs vitrines redécorées, les autres se sont fait enguirlandés.
Contre toute attente, Sam Hamad a pris son courage à deux mains, est sorti de son bureau et est allé parler à la quarantaine de militant-es de l'ADDS et de ROSE du Nord. L'échange fut pour le moins houleux. Le ministre a déclaré qu'il avait compris les groupes (!) mais que ceux-ci devaient aussi le comprendre. Lui, tout ce qu'il veut c'est que les personnes aptes au travail puissent retourner travailler... Ben coudonc.
Revendications
Le Front commun considère que la distinction apte / inapte au travail est discriminatoire et est contraire à l'esprit de la charte des droits et libertés et divers traités signés par le gouvernement. Les groupes revendiquent que les besoins essentiels (se nourrir adéquatement pour assurer sa santé, se loger convenablement, demeurer socialement actif) soient comblés afin de respecter le droit à un revenu suffisant à l'ensemble des citoyennes et citoyens (article 25 de la charte). Ils veulent également l'instauration d'un barême plancher (un montant en bas de quoi, quoi qu'il arrive, on peut pas te couper).
Combien c'est un "revenu décent"? Le Front commun revendique au minimum le montant actuellement admis par le gouvernement comme nécessaire pour couvrir les besoins vitaux (soit 828$/mois). Actuellement, ce montant n'est accordés qu'aux personnes jugées inaptes au travail. Le Front demande également que cesse la distinction entre "bons-méritants-pauvres" et "méchants-paresseux-pauvres".
Dans le même ordre d'idées, les groupes veulent des changements important au système de gestion appliqué au nom de l'équité. Pour le Front commun, lorsqu'une personne répond aux critères d'admissiblité à l'aide sociale, elle se retrouve dans une cage qui redéfinit des droits comme des privilèges. Actuellement, selon le gouvernement du Québec, il serait inéquitable que des personnes assistées sociales reçoivent de l'aide de membres de leur famille ou aient des ami-es qui les invitent à manger car d'autres personnes assistées sociales n'ont pas ces "privilèges". En conséquence, ces "privilégiés" se font couper. La même logique implacable est utilisée pour justifier le détournement des pensions alimentaires versées aux enfants. Il faut que ça cesse.
Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec réaffirme que l'aide sociale est un droit et que les personnes assistées sociales ont droit à la dignité.
Contre toute attente, Sam Hamad a pris son courage à deux mains, est sorti de son bureau et est allé parler à la quarantaine de militant-es de l'ADDS et de ROSE du Nord. L'échange fut pour le moins houleux. Le ministre a déclaré qu'il avait compris les groupes (!) mais que ceux-ci devaient aussi le comprendre. Lui, tout ce qu'il veut c'est que les personnes aptes au travail puissent retourner travailler... Ben coudonc.
Revendications
Le Front commun considère que la distinction apte / inapte au travail est discriminatoire et est contraire à l'esprit de la charte des droits et libertés et divers traités signés par le gouvernement. Les groupes revendiquent que les besoins essentiels (se nourrir adéquatement pour assurer sa santé, se loger convenablement, demeurer socialement actif) soient comblés afin de respecter le droit à un revenu suffisant à l'ensemble des citoyennes et citoyens (article 25 de la charte). Ils veulent également l'instauration d'un barême plancher (un montant en bas de quoi, quoi qu'il arrive, on peut pas te couper).
Combien c'est un "revenu décent"? Le Front commun revendique au minimum le montant actuellement admis par le gouvernement comme nécessaire pour couvrir les besoins vitaux (soit 828$/mois). Actuellement, ce montant n'est accordés qu'aux personnes jugées inaptes au travail. Le Front demande également que cesse la distinction entre "bons-méritants-pauvres" et "méchants-paresseux-pauvres".
Dans le même ordre d'idées, les groupes veulent des changements important au système de gestion appliqué au nom de l'équité. Pour le Front commun, lorsqu'une personne répond aux critères d'admissiblité à l'aide sociale, elle se retrouve dans une cage qui redéfinit des droits comme des privilèges. Actuellement, selon le gouvernement du Québec, il serait inéquitable que des personnes assistées sociales reçoivent de l'aide de membres de leur famille ou aient des ami-es qui les invitent à manger car d'autres personnes assistées sociales n'ont pas ces "privilèges". En conséquence, ces "privilégiés" se font couper. La même logique implacable est utilisée pour justifier le détournement des pensions alimentaires versées aux enfants. Il faut que ça cesse.
Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec réaffirme que l'aide sociale est un droit et que les personnes assistées sociales ont droit à la dignité.
Inadmissible
Le salaire minimum toujours sous le seuil de la pauvreté
Lettre d'opinion publiée dans le quotidien le Journal de Montréal le 7 mai 2007
Le gouvernement Charest rejette l'idée d'emboîter le pas à l'Ontario, qui s'est engagée à augmenter à 10,45 $ l'heure le salaire minimum d'ici trois ans. Le gouvernement choisit plutôt de maintenir plus de 129 000 salarié-es québécois sous le seuil de la pauvreté.
Le nouveau ministre du Travail, David Whissell, a qualifié « d'avancement important » la dernière hausse qui fait passer le salaire minimum de 7,75 $ à 8 $ l’heure.
Je tiens à signaler au ministre que cette hausse permet à peine de maintenir le pouvoir d'achat des petits salariés. Pour une personne qui travaille 40 heures par semaine à 8 $ l'heure, la hausse de 25 cents représente un faible ajustement de 10 $, portant ainsi son salaire à 320 $ par semaine ou 16 640 $ par année, salaire qui se retrouve toujours à 21 % sous le seuil de faible revenu établi par Statistiques Canada. C’est inadmissible dans une société qui se veut juste et équitable.
Le ministre déresponsabilise les entreprises lorsqu’il utilise l’argument du coût de la vie faisant miroiter que le logement, l’électricité, les services de garde, l’assurance médicament coûtent moins cher au Québec qu’en Ontario. Il s’agit de choix de société que les Québécoises et les Québécois ont faits, dont les entreprises profitent tout autant que les salariés.
L'État est responsable
Sur une question aussi sensible que le salaire minimum, tout le monde doit se responsabiliser. L’État est responsable de la qualité de vie des citoyens. Il doit leur consentir un salaire minimum décent. C’est ainsi que le gouvernement devrait instaurer une formule de redressement qui permettrait, sur un certain nombre d'années, de hausser le taux horaire de base au niveau du seuil de faible revenu. Nous ne parlons pas, ici, de choc économique mais d’un étalement dans le temps. Il s’agit d’encourager la responsabilité sociale des entreprises.
Monsieur le ministre, ne soyez pas démagogue. Je vous rappelle que l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une loi visant à contrer la pauvreté et l’exclusion sociale. Ne pas fixer d'échelon et aller au cas par cas, année après année, pour réviser le salaire minimum, c’est maintenir les petits salariés du Québec dans un état de pauvreté.
Compétitivité ?
Il convient ici de distinguer les entreprises qui opèrent sur le marché québécois de celles qui sont en concurrence avec des entreprises étrangères. Pour les premières, la question de la compétitivité ne se pose pas puisqu’elles évoluent dans le même environnement. Autrement dit, la législation du salaire minimum les affecte de façon égale. Une très grande majorité des salariés au salaire minimum (90 %) travaillent dans des entreprises très peu soumises à la concurrence étrangère. Ces entreprises se retrouvent essentiellement dans l’hôtellerie, la restauration et le commerce de détail. L’argument de la compétitivité peut difficilement être invoqué.
64 cents de l'heure
Quant aux secteurs comme le textile, le vêtement ou le meuble, comment pourrions-nous concurrencer le salaire minimum en vigueur en Chine, qui est de 64 cents l’heure? À la CSN, nous misons plus sur la qualité, la recherche, l’innovation et le développement de créneaux à valeur ajoutée. Il serait fondamentalement injuste que, pour des questions de compétitivité étrangère, les petits salariés québécois portent seuls les conséquences économiques de la mondialisation, alors qu’elles devraient être réparties sur l’ensemble de la société.
Claudette Carbonneau
Présidente
Confédération des syndicats nationaux
Lettre d'opinion publiée dans le quotidien le Journal de Montréal le 7 mai 2007
Le gouvernement Charest rejette l'idée d'emboîter le pas à l'Ontario, qui s'est engagée à augmenter à 10,45 $ l'heure le salaire minimum d'ici trois ans. Le gouvernement choisit plutôt de maintenir plus de 129 000 salarié-es québécois sous le seuil de la pauvreté.
Le nouveau ministre du Travail, David Whissell, a qualifié « d'avancement important » la dernière hausse qui fait passer le salaire minimum de 7,75 $ à 8 $ l’heure.
Je tiens à signaler au ministre que cette hausse permet à peine de maintenir le pouvoir d'achat des petits salariés. Pour une personne qui travaille 40 heures par semaine à 8 $ l'heure, la hausse de 25 cents représente un faible ajustement de 10 $, portant ainsi son salaire à 320 $ par semaine ou 16 640 $ par année, salaire qui se retrouve toujours à 21 % sous le seuil de faible revenu établi par Statistiques Canada. C’est inadmissible dans une société qui se veut juste et équitable.
Le ministre déresponsabilise les entreprises lorsqu’il utilise l’argument du coût de la vie faisant miroiter que le logement, l’électricité, les services de garde, l’assurance médicament coûtent moins cher au Québec qu’en Ontario. Il s’agit de choix de société que les Québécoises et les Québécois ont faits, dont les entreprises profitent tout autant que les salariés.
L'État est responsable
Sur une question aussi sensible que le salaire minimum, tout le monde doit se responsabiliser. L’État est responsable de la qualité de vie des citoyens. Il doit leur consentir un salaire minimum décent. C’est ainsi que le gouvernement devrait instaurer une formule de redressement qui permettrait, sur un certain nombre d'années, de hausser le taux horaire de base au niveau du seuil de faible revenu. Nous ne parlons pas, ici, de choc économique mais d’un étalement dans le temps. Il s’agit d’encourager la responsabilité sociale des entreprises.
Monsieur le ministre, ne soyez pas démagogue. Je vous rappelle que l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une loi visant à contrer la pauvreté et l’exclusion sociale. Ne pas fixer d'échelon et aller au cas par cas, année après année, pour réviser le salaire minimum, c’est maintenir les petits salariés du Québec dans un état de pauvreté.
Compétitivité ?
Il convient ici de distinguer les entreprises qui opèrent sur le marché québécois de celles qui sont en concurrence avec des entreprises étrangères. Pour les premières, la question de la compétitivité ne se pose pas puisqu’elles évoluent dans le même environnement. Autrement dit, la législation du salaire minimum les affecte de façon égale. Une très grande majorité des salariés au salaire minimum (90 %) travaillent dans des entreprises très peu soumises à la concurrence étrangère. Ces entreprises se retrouvent essentiellement dans l’hôtellerie, la restauration et le commerce de détail. L’argument de la compétitivité peut difficilement être invoqué.
64 cents de l'heure
Quant aux secteurs comme le textile, le vêtement ou le meuble, comment pourrions-nous concurrencer le salaire minimum en vigueur en Chine, qui est de 64 cents l’heure? À la CSN, nous misons plus sur la qualité, la recherche, l’innovation et le développement de créneaux à valeur ajoutée. Il serait fondamentalement injuste que, pour des questions de compétitivité étrangère, les petits salariés québécois portent seuls les conséquences économiques de la mondialisation, alors qu’elles devraient être réparties sur l’ensemble de la société.
Claudette Carbonneau
Présidente
Confédération des syndicats nationaux
L'ASSÉ propose la grève générale
"Nous avons prévenu le gouvernement de nos intentions : contre le dégel [des frais de scolarité], nous sommes prêts et prêtes à déclarer la grève pour la gratuité scolaire!" a déclaré Jaouad Laaroussi au lendemain du congrès de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).
L'été ne sera pas de tout repos pour les étudiants et étudiantes, qui dès octobre décideront en assemblées générales de l'entrée en grève. Bon nombre d'actions sont à prévoir d'ici là : l'ASSE compte ne pas laisser sous silence cette nouvelle attaque menée contre la démocratisation de l'éducation et l'accessibilité aux études. Lors de leur Congrès annuel, les associations membres de l'ASSE ont décidé de réagir massivement à l'annonce de dégel des frais de scolarité. C'est la lutte pour une éducation gratuite, accessible et de qualité que les étudiants et étudiantes entameront dès l'automne 2007.
Avec 42 000 membres, l'ASSÉ, qui est à l'origine de la grève générale d'il y a deux ans, est devenue un acteur incontournable du mouvement étudiant. Michelle Courchesne, la nouvelle ministre de l'Education, du Loisir et du Sport a en effet demandé à rencontrer des représentant-es de l'association à son arrivée en poste. Voilà qui change de l'époque où les libéraux (et les péquistes avant eux) ne voulaient parler à personne d'autres qu'aux représentant-es de la FECQ et de la FEUQ, les autres étant jugés trop radicaux et non représentatif!
Infos: www.asse-solidarite.qc.ca
L'été ne sera pas de tout repos pour les étudiants et étudiantes, qui dès octobre décideront en assemblées générales de l'entrée en grève. Bon nombre d'actions sont à prévoir d'ici là : l'ASSE compte ne pas laisser sous silence cette nouvelle attaque menée contre la démocratisation de l'éducation et l'accessibilité aux études. Lors de leur Congrès annuel, les associations membres de l'ASSE ont décidé de réagir massivement à l'annonce de dégel des frais de scolarité. C'est la lutte pour une éducation gratuite, accessible et de qualité que les étudiants et étudiantes entameront dès l'automne 2007.
Avec 42 000 membres, l'ASSÉ, qui est à l'origine de la grève générale d'il y a deux ans, est devenue un acteur incontournable du mouvement étudiant. Michelle Courchesne, la nouvelle ministre de l'Education, du Loisir et du Sport a en effet demandé à rencontrer des représentant-es de l'association à son arrivée en poste. Voilà qui change de l'époque où les libéraux (et les péquistes avant eux) ne voulaient parler à personne d'autres qu'aux représentant-es de la FECQ et de la FEUQ, les autres étant jugés trop radicaux et non représentatif!
Infos: www.asse-solidarite.qc.ca
Orford : et qu'est-ce qui arrive avec les employé-es?
Les syndiqué-es du Mont Orford sont un peu inquiet. Dans le transfert de la gestion du centre de ski à la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), ils et elles se demandent qu'est-ce qui va leur arriver. Deviendront-ils et elles des employé-es de la SÉPAQ? Vont-ils se faire bumper par d'autres employé-es de la SEPAQ? Qu'est-ce qui arrive avec l'accréditation syndicale et la convention collective? Autant de questions sans réponse pour l'instant.
À signaler - Le gratuit qui fait jaser
Prenant prétexte d'une visite des représentant-es des lockoutés du Journal de Québec à l'assemblée générale de la FPJQ, Paul Cauchon (du Devoir) revenait hier sur l'expérience du MediaMatin Québec.
Le gratuit qui fait jaser
Ils ont surpris tout le monde. Mis en lock-out par leur employeur, les journalistes et employés du Journal de Québec ont lancé un journal gratuit en guise de moyen de pression. Et ça marche fort.
À Québec, c'est le sujet de l'heure. Le matin de la parution du MédiaMatinQuébec, les 40 000 exemplaires gratuits se sont envolés en 90 minutes. Toutes les radios saluaient l'arrivée du petit nouveau.
Des citoyens offrent leurs services pour distribuer bénévolement le journal. Des chauffeurs d'autobus font monter les camelots pour qu'ils distribuent le journal dans le véhicule. Des chauffeurs de taxi le donnent spontanément aux visiteurs. Dans un immeuble gouvernemental, on a fait entrer les camelots pour qu'ils le distribuent à l'étage. «Nous avons un accueil extraordinaire de la population», s'exclame Denis Bolduc, président du syndicat des journalistes en lock-out et éditeur du nouveau journal.
Il faut dire que le journal est particulièrement réussi, avec 24 pages en couleurs de belle qualité, bien imprimé (à Montmagny), avec de belles photos... et pas de publicité.
Denis Bolduc et deux de ses confrères étaient de passage à Montréal ce week-end, pour raconter leur expérience devant des membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).
Tout le monde s'en doutait, mais les trois hommes l'ont confirmé à la FPJQ: la publication de ce journal n'a pas été improvisée. Les employés du Journal du Québec affirment avoir eu plusieurs indices tout au long de l'automne montrant que Quebecor se préparait à un long conflit. Après le dépôt des offres patronales le 1er décembre, l'idée est apparue de lancer un journal gratuit comme éventuel moyen de pression si la négociation tournait mal.
Denis Bolduc affirme même que le projet était prêt dès le 23 janvier, alors que l'employeur obtenait le droit de lock-out. Ce qui étonnant, c'est qu'il soit resté secret pendant trois mois! Lorsque Quebecor a décrété le lock-out en avril, le soir même Bolduc et son équipe informaient tous les syndiqués du projet, et le lendemain tous se mettaient à la tâche pour produire une première édition le mardi 24 avril.
On avait même signé une entente avec l'Agence France-Presse pour obtenir des dépêches d'information internationale. Mais il a quand même fallu apprivoiser des nouveaux ordinateurs et une nouvelle maquette en une seule journée, ce qui a représenté un petit miracle.
Donc les employés en lock-out «trippent», et Quebecor n'apprécie pas du tout. Vendredi dernier, la Cour supérieure entendait une demande d'injonction formulée par l'employeur, plaidant le manque de loyauté des employés et la concurrence déloyale. Le tribunal rendra sa décision d'une journée à l'autre. Si la publication n'est pas interdite, les employés affirment n'avoir aucun problème à publier cinq jours par semaine pendant un an.
La population de Québec apprécie beaucoup, mais il ne faudrait pas qu'elle s'attache trop au nouveau quotidien: Denis Bolduc répète que la publication se terminera «le jour où l'on retournera au travail». Le journal est payé grâce à l'appui du Syndicat canadien de la fonction publique, et Denis Bolduc ajoute que «nous n'avons pas de salaire à payer, ce qui est un gros avantage». On ne saurait mieux dire. Les artisans de ce journal sont payés à même leur fonds de grève, que l'on imagine assez fabuleux, compte tenu des salaires fort élevés des journalistes du Journal de Québec et du Journal de Montréal, les mieux payés de la profession. Un des objectifs de Quebecor est d'ailleurs de mettre fin à des conditions de travail qu'il juge hors de proportion avec les nouvelles réalités économiques.
Ce n'est pas la première fois que des journalistes en conflit de travail publient un journal «pirate» comme moyen de pression. Les journalistes de La Presse l'avaient fait en 1971. Les journalistes de La Tribune l'ont déjà fait aussi.
Un cas particulier
Mais le cas du MédiaMatin est très particulier. Car il survient en pleine montée des journaux gratuits partout dans le monde. Quebecor caressait d'ailleurs l'idée de lancer éventuellement un gratuit à Québec, alors qu'à Montréal on en compte deux, le Métro du groupe Metro, et le 24h de Quebecor. En deux semaines à peine, MédiaMatin semble avoir prouvé l'intérêt des habitants de la capitale pour un tel produit. Encore faudrait-il pouvoir le payer en suivant les véritables règles économiques, c'est-à-dire avec de la publicité, et avec des employés sûrement moins payés que ceux du Journal de Québec!
Si vous vous interrogez encore sur la pertinence des gratuits, sachez que plusieurs grands éditeurs dans le monde en sont déjà rendus à la nouvelle génération des gratuits, qu'on appelle les «gratuits de qualité», douze ans après les débuts du groupe suédois Metro.
Lors du congrès annuel de l'Association mondiale des journaux, qui se tiendra en Afrique du Sud en juin, un des principaux sujets de discussion sera l'émergence des gratuits de «seconde génération», qui commencent à déferler dans les pays scandinaves, les gratuits qui ne font plus seulement dans l'information brève et factuelle, mais qui offrent maintenant beaucoup plus de contenu, des opinions, et un point de vue éditorial.
La popularité du MédiaMatin tient aussi à une autre facteur: la prédominance de la nouvelle locale. «Nous sommes en train de faire la preuve que les gens veulent plus de nouvelles locales, et nous le disions souvent à notre employeur», déclare Denis Bolduc. Depuis deux semaines, l'accueil fait à ce journal à Québec témoigne d'une soif d'information locale et d'un rejet de la «montréalisation de l'information», alors que Le Journal de Québec reprenait souvent des textes du Journal de Montréal. Les groupes de presse s'en souviendront-ils lorsque ce conflit sera terminé?
pcauchon@ledevoir.com
lundi 7 mai 2007
Grève à la STM : la campagne de presse réactionnaire commence
Les syndiqué-es de l'entretien ont à peine le temps d'annoncer un vote de grève que déjà les empires de presse sonnent la charge. Quebecor est déjà dans la mêlée ce matin. À lire È Assez, c'est assez disent les usagers.
Et c'est distribué dans le gratuit de Quebecor. Qu'est-ce que tu veux faire contre ça?
Cliquez pour suivre les derniers développements
Et c'est distribué dans le gratuit de Quebecor. Qu'est-ce que tu veux faire contre ça?
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dimanche 6 mai 2007
Seize jours pour régler - Les employé-es d'entretien de la STM se préparent pour la grève
COMMUNIQUÉ - MONTREAL, le 6 mai - Les employé-es d'entretien de la Société de transport de Montréal déclencheront la grève à compter du 22 mai, à moins qu'une entente satisfaisante n'intervienne d'ici là. Réunis en assemblée générale ce matin, plus de 700 membres du Syndicat du transport de Montréal (CSN) ont ainsi lancé un appel pressant à leur employeur, la STM : négociez, maintenant !
Depuis que les employé-es ont voté pour la grève, le 4 mars, il y a bien eu une quinzaine de rencontres de négociation mais le syndicat se bute à des porte-parole patronaux qui semblent ne pas avoir de mandat de négocier une entente globale. Pourtant, la convention collective est échue depuis le 6 janvier dernier.
Le président du syndicat, Pierre Saint-Georges est déçu de l'état des pourparlers. "Nous avons proposé de nombreux compromis qui permettrait à la STM de réaliser des économies. Nous estimons qu'une part de ces économies devrait servir à faire le bout de chemin qu'il manque pour conclure une entente satisfaisante, mais la STM refuse de s'avancer. Derrière, on sent que c'est la Ville de Montréal qui cherche à imposer son point de vue, sans donner de véritable mandat de négocier à la STM. Nous ne voulons pas faire traîner cette négociation plus longtemps ; nous voulons régler maintenant", affirme le leader syndical, qui réitère que les négociateurs syndicaux sont disponibles, 24 heures par jour, sept jours par semaine pour mener à bien ce dossier.
Deux enjeux majeurs
Au coeur de la négociation, on retrouve deux enjeux majeurs. Premièrement, le syndicat souhaite rétablir l'équité de traitement pour tous les employé-es quant aux conditions de prise de la retraite. Le régime temporaire actuellement en vigueur pénalise les plus jeunes par rapport à celles et ceux qui prendront leur retraite d'ici les 13 prochaines années.
Par ailleurs, le syndicat souhaite négocier des améliorations salariales qui permettraient aux travailleuses et aux travailleurs de maintenir leur pouvoir d'achat et de s'enrichir un peu. La demande syndicale est de 2 % par année, avec protection du pouvoir d'achat, pour un contrat de trois ans. La STM veut geler les salaires la première année et offre 2 % pour les quatre années suivantes, pour un contrat qui lierait les parties jusqu'en 2012, et ce sans protection du pouvoir d'achat. Le syndicat a proposé à la STM divers aménagements à l'organisation du travail lui permettant de réaliser certaines économies qui pourraient servir, entre autres, à bonifier les conditions de travail mais la STM refuse pour le moment de s'engager sérieusement dans cette voie.
La grève, si elle doit être exercée, le sera dans le respect des balises prévues au Code du travail, notamment les dispositions concernant les services essentiels. Le service de transport en commun s'en trouverait néanmoins considérablement perturbé. Pour ce qui est de la sécurité des installations, du matériel et du public, le syndicat, comme toujours, y veillera avec grand soin.
Le Syndicat du transport de Montréal (CSN) compte un peu plus de 2000 membres. Il est affilié à la Fédération des employé-es de services publics (CSN), au Conseil central de Montréal et à la Confédération des syndicats nationaux. Fondée en 1921, la CSN compte plus de 300 000 membres oeuvrant dans tous les secteurs d'activité.
Source: CSN
Depuis que les employé-es ont voté pour la grève, le 4 mars, il y a bien eu une quinzaine de rencontres de négociation mais le syndicat se bute à des porte-parole patronaux qui semblent ne pas avoir de mandat de négocier une entente globale. Pourtant, la convention collective est échue depuis le 6 janvier dernier.
Le président du syndicat, Pierre Saint-Georges est déçu de l'état des pourparlers. "Nous avons proposé de nombreux compromis qui permettrait à la STM de réaliser des économies. Nous estimons qu'une part de ces économies devrait servir à faire le bout de chemin qu'il manque pour conclure une entente satisfaisante, mais la STM refuse de s'avancer. Derrière, on sent que c'est la Ville de Montréal qui cherche à imposer son point de vue, sans donner de véritable mandat de négocier à la STM. Nous ne voulons pas faire traîner cette négociation plus longtemps ; nous voulons régler maintenant", affirme le leader syndical, qui réitère que les négociateurs syndicaux sont disponibles, 24 heures par jour, sept jours par semaine pour mener à bien ce dossier.
Deux enjeux majeurs
Au coeur de la négociation, on retrouve deux enjeux majeurs. Premièrement, le syndicat souhaite rétablir l'équité de traitement pour tous les employé-es quant aux conditions de prise de la retraite. Le régime temporaire actuellement en vigueur pénalise les plus jeunes par rapport à celles et ceux qui prendront leur retraite d'ici les 13 prochaines années.
Par ailleurs, le syndicat souhaite négocier des améliorations salariales qui permettraient aux travailleuses et aux travailleurs de maintenir leur pouvoir d'achat et de s'enrichir un peu. La demande syndicale est de 2 % par année, avec protection du pouvoir d'achat, pour un contrat de trois ans. La STM veut geler les salaires la première année et offre 2 % pour les quatre années suivantes, pour un contrat qui lierait les parties jusqu'en 2012, et ce sans protection du pouvoir d'achat. Le syndicat a proposé à la STM divers aménagements à l'organisation du travail lui permettant de réaliser certaines économies qui pourraient servir, entre autres, à bonifier les conditions de travail mais la STM refuse pour le moment de s'engager sérieusement dans cette voie.
La grève, si elle doit être exercée, le sera dans le respect des balises prévues au Code du travail, notamment les dispositions concernant les services essentiels. Le service de transport en commun s'en trouverait néanmoins considérablement perturbé. Pour ce qui est de la sécurité des installations, du matériel et du public, le syndicat, comme toujours, y veillera avec grand soin.
Le Syndicat du transport de Montréal (CSN) compte un peu plus de 2000 membres. Il est affilié à la Fédération des employé-es de services publics (CSN), au Conseil central de Montréal et à la Confédération des syndicats nationaux. Fondée en 1921, la CSN compte plus de 300 000 membres oeuvrant dans tous les secteurs d'activité.
Source: CSN
Exceldor obtient ce qu'elle veut
Selon Radio-Canada, les syndiqué-es d'Exceldor ont finalement acceptés les "offres" des patrons. Les travailleurs de cette "coopérative" de transformation de poulet verront donc leurs salaires diminuer de 10% et leur caisse de retraite abolie en échange de la survie (pour l'instant) de leur usine et d'un plan d'investissement visant la modernisation des installations.
Les 350 employés avaient refusé les "offres" en assemblée générale par une courte majorité (55%) mais, comme à Olymel, ils ont dû faire face à une énorme pression de l'extérieur. Une coalition d'élus et de notables a fait front contre leur volonté de ne pas plier et leur a mené une guerre médiatique. Au final la CSD a cédé sous la pression et les syndiqués sont entré dans le rang (à 78%).
Les ouvriers du secteur de la transformation alimentaire démontrent une volonté réelle d'en découdre et n'acceptent pas facilement de passer dans le tordeur. Le problème c'est qu'ils se retrouvent plus souvent qu'autrement isolés et que leurs syndicats n'ont aucune stratégie à offrir. Malheureusement, il semble clair qu'Exceldor ne sera pas la dernière entreprise à démolir les conditions de travail de ses employés sous prétexte de concurrence. Nul ne sait quand cela s'arrêtera.
À lire également (dans Le Soleil :
Sauvetage amer
Les citoyens aussi devront contribuer
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